Le 22 avril, j’ai participé, pour une deuxième année consécutive, à la cérémonie protocolaire de plantation d’arbres soulignant l’édition 2015 du Jour de la Terre au Centre de la nature à Laval. Cette activité lancée l’an dernier vise à planter 375 000 arbres sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal et de la ceinture verte. L’objectif est d’augmenter de 3 % le couvert végétal et forestier et de souligner le 375e anniversaire de Montréal.

Le réchauffement climatique constitue une réelle menace pour l’humanité. Malgré un hiver plutôt froid au Québec, le Canada a connu l’un des hivers les plus chauds de son histoire. Pour le gouvernement Couillard, le contrôle des émissions de gaz à effet de serre demeure une priorité. Un sommet réunissant les premiers ministres provinciaux s’est tenu à Québec la semaine dernière. On cherche à mettre la pression sur le Canada en préparation du sommet mondial sur le climat qui se tiendra à Paris l’automne prochain. Les attentes sont élevées et tous espèrent que les États prendront des engagements réels pour freiner ce phénomène.

Les arbres sont les principaux capteurs du carbone atmosphérique. La forêt joue un rôle essentiel dans la lutte aux changements climatiques. Le Jour de la Terre et la plantation de 375 000 arbres contribuent à limiter l’augmentation du carbone dans notre atmosphère et à assurer un meilleur avenir à nos enfants.

Au Québec, le milieu agricole a fait beaucoup pour la préservation de l’environnement.

Depuis plus de 10 ans, un moratoire limite l’expansion des superficies en culture dans les bassins dits dégradés. Pendant que les villes continuent de s’agrandir à même les terres agricoles qui les entourent, qu’il se construit des routes comme la 30 en plein territoire agricole alors qu’un autre tracé de moindre impact était possible, les producteurs, eux, ne peuvent agrandir leurs terres.

Il ne sera possible de planter 375 000 arbres dans la grande ceinture verte de Montréal qu’avec la participation du milieu agricole. Les producteurs de ce territoire, qui touche cinq fédérations régionales de l’Union, ont la possibilité de participer au programme et de réaliser des aménagements sur leurs terres. Plus de 100 000 arbres et arbustes (27 % de l’objectif global) seront ainsi plantés par des producteurs d’ici 2017 sous forme de bandes riveraines, de haies brise-vent, de boisés de ferme ou pour d’autres types d’usage à la ferme, ce qui protégera l’environnement et permettra de s’engager davantage dans la lutte aux changements climatiques.

Le partenariat de l’Union et l’implication précieuse des fédérations de la Montérégie, de Lanaudière, du Centre-du-Québec, d’Outaouais-Laurentides et de la Mauricie reposent sur l’engagement des producteurs en matière d’agroenvironnement. Les pratiques agricoles évoluent continuellement et les producteurs réalisent l’importance de protéger la qualité de nos sols arables et de l’eau. D’ailleurs, les lois et règlements pour la protection de l’environnement qui encadrent les pratiques agricoles au Québec sont parmi les plus exigeants non seulement au Canada, mais partout dans le monde. Pourtant, la reconnaissance de la contribution des producteurs est à peu près inexistante malgré les progrès énormes réalisés au fil des ans en matière de protection de l’environnement.

Pour le milieu agricole, il est illogique que seul notre secteur se voie imposer un moratoire sur l’expansion des superficies en culture, dans près de 600 municipalités, alors qu’aucune ville n’est limitée dans son expansion résidentielle et industrielle dans les mêmes bassins versants.

Il faut donc revoir l’approche pour qu’elle soit globale et que tous y contribuent équitablement. L’Union réclame pour les producteurs un plan d’action agroenvironnemental sur une période de 10 ans avec un volet spécifique portant sur la lutte intégrée contre les ravageurs. Ce plan d’action doit offrir du soutien professionnel pour que les producteurs puissent adopter des pratiques dont l’efficacité aura été démontrée. Une approche de ce genre serait beaucoup plus porteuse qu’un moratoire comme celui qui nous est imposé depuis une décennie. Il faudra également que les producteurs dont une partie des terres ou des boisés sont préservés à des fins environnementales soient dédommagés. Pour moi, c’est plus qu’une question de reconnaissance, c’est une question d’équité.

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Légende photo (de gauche à droite) : Claude Larivée, président du C.A. du Jour de la Terre Québec, Jacques Languirand, porte-parole du Jour de la Terre Québec, Marc Demers, maire de la Ville de Laval, Marcel Groleau, président général de l’UPA, Karel Mayrand, DG pour le Québec de la Fondation David Suzuki et Jérôme Dupras, président de la Fondation et membre du groupe Cowboys Fringants réunis pour la plantation protocolaire du Jour de la Terre 2015