Le 19 octobre dernier, la population canadienne a décidé d’élire un gouvernement libéral majoritaire. Ce résultat a surpris plusieurs personnes, incluant certains chroniqueurs politiques. Mais on a senti, durant la campagne, que le changement avait le vent dans les voiles.
En fin de compte, Justin Trudeau et son parti ont incarné ce changement. Je le félicite sincèrement pour sa campagne et sa victoire. Les campagnes électorales sont axées sur les chefs. À ce titre, il a livré la marchandise, et son parti lui doit cette victoire.

 

Comme la campagne a coïncidé avec la négociation du Partenariat transpacifique (PTP) et qu’il y avait des enjeux réels pour l’agriculture, tous les partis sont intervenus à ce sujet, plus particulièrement sur la gestion de l’offre. Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, et Thomas Mulcair, du Nouveau Parti démocratique, ont adopté des positions très claires et ils ont soulevé cet enjeu à maintes reprises.

 

J’aimerais aussi souligner le fait qu’environ 1 800 personnes à travers le Canada, de toutes formations et politiques confondues, ont mis leur vie personnelle et professionnelle en suspens pour se porter candidats. Se présenter devant ses pairs et s’exposer au jugement populaire requiert un certain courage. Des idées, des opinions, des points de vue et, surtout, des lignes de partis ont été défendus tout au long de cette campagne.

Finalement, cela a permis à chacun d’exercer son droit démocratique de sorte que chaque citoyen et chaque région aura son représentant à la Chambre des communes.

Un nouveau premier ministre, un nouveau gouvernement et de nouveaux élus arrivent alors que d’autres s’en vont. En ce sens, je tiens à souligner le travail du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Gerry Ritz. Il a occupé ce poste pendant huit des neuf années du règne des conservateurs. Dans le cadre de ses fonctions, il a travaillé avec les organisations de producteurs du Canada. Pour l’avoir rencontré à plusieurs reprises, je peux témoigner de son grand respect pour les producteurs agricoles et leur profession : il n’aurait jamais insulté les producteurs en les traitant « d’illettrés économiques ». On lui doit notamment les standards de composition des fromages et les nouveaux tarifs sur les isolats de protéines laitières. Il a aussi mené plusieurs missions commerciales pour le secteur agricole. On peut toujours revenir sur ce qui n’a pas été livré, mais pour l’ensemble de son travail, et dans le contexte des politiques de son parti, il est de mise de souligner son apport.

 

Christian Paradis, qui a occupé plusieurs fonctions, dont celles de ministre d’État à l’Agriculture, de ministre des Travaux publics et de ministre de l’Industrie, a quant à lui quitté la politique. Il a lui aussi fait une différence, plus particulièrement à titre de ministre du Développement international et de la Francophonie. Après l’abolition de l’Agence canadienne de développement international, c’est à lui que revenait la responsabilité délicate de redéfinir le rôle de son ministère au regard du financement des organisations d’aide au développement international. UPA Développement international et d’autres organisations ont profité de sa sensibilité et de sa vision.

 

Le Canada possède un grand potentiel agricole et le prochain gouvernement devra réinvestir dans ce secteur. Le Parti libéral du Canada a pris un certain nombre d’engagements agricoles pendant la campagne électorale. Parmi ceux-ci, mentionnons une révision des normes, des règles et des pratiques en vigueur relativement à l’importation de produits alimentaires, comme les protéines laitières; la tenue d’un débat public au Parlement pour consulter les Canadiens dans le cadre du PTP; des investissements dans les programmes de gestion des risques pour que les entreprises, notamment celles en expansion, puissent en tirer profit; l’annulation des changements apportés à l’assurance emploi en 2012; une révision du Programme de travailleurs étrangers temporaires pour en réduire la lourdeur administrative et le rendre plus flexible; des fonds additionnels à la Stratégie emploi jeunesse et l’allocation de fonds en recherche selon les besoins exprimés par les producteurs.

 

L’arrivée d’un nouveau gouvernement signifie toujours une période d’adaptation. Espérons qu’elle sera courte et que nous pourrons passer rapidement en mode action. Les attentes sont élevées, et je serai heureux de collaborer avec le nouveau premier ministre et son futur ministre de l’Agriculture. Le secteur agroalimentaire peut servir de locomotive au développement économique du Canada et de ses régions. Nous avons de beaux défis devant nous. Leur ampleur commande que nous nous y attaquions rapidement.