La 27e édition du Gala Saturne a eu lieu le samedi 18 octobre dernier à Victoriaville. Par ce Gala, la Fédération des agricultrices du Québec (FAQ) souligne les compétences, la créativité, le courage, l’entrepreneurship, la passion, les réalisations et l’apport inestimable des agricultrices tant à la ferme, par leur présence soutenue, que dans leur milieu social et syndical.

J’assiste au Gala chaque année et je suis toujours impressionné par le parcours des femmes qui sont en nomination. L’édition 2014 ne faisait pas exception. Les lauréates de cette année sont Mélanie Roy de Chaudière-Appalaches Ouest (Jeune agricultrice), Stéphanie Levasseur de la Montérégie Est (Agricultrice entrepreneure), Françoise Cossette de la Mauricie (Agricultrice de passion) et Nathalie Gervais de la Montérégie Ouest (Agricultrice de l’année). D’autres prix ont aussi été remis durant la soirée.

Les choses ont beaucoup évolué pour les femmes depuis l’époque où ma mère signait Madame Roland Groleau, le nom de son mari. Elle travaillait à la ferme tous les jours en plus de s’occuper de ses dix enfants. Elle n’a jamais été officiellement copropriétaire, mais il faut dire qu’elle exerçait quand même un bon contrôle sur les finances. Autres temps, autres mœurs.

Le Québec est une société qui a fait de grands pas pour reconnaître l’égalité entre les hommes et les femmes. À titre d’exemple, le Code civil du Québec prévoit que chacun des époux conserve son nom de famille pendant le mariage. Ailleurs au Canada, les femmes prennent le nom de leur mari, à moins d’entreprendre des démarches pour conserver leur nom. La Loi sur l’équité salariale et celle sur la gouvernance des sociétés d’État, qui prévoit la parité hommes-femmes aux conseils d’administration (CA), constituent d’autres exemples éloquents. Le Québec détient d’ailleurs la plus forte proportion de femmes membres de CA parmi les quatre plus grandes provinces canadiennes. À ce sujet, on apprenait, dans une étude récente de la banque helvétique Crédit Suisse, que les entreprises qui comptent des femmes au sein de leur CA ou de leurs instances de direction affichent de meilleures performances.

Lors du Gala Saturne, le président de La Coop fédérée, Denis Richard, citait quant à lui une autre étude selon laquelle les entreprises obtiennent de meilleurs résultats quand la représentation des femmes dans les CA atteint 30 %.

Les femmes s’impliquent de plus en plus dans l’Union, mais c’est encore peu. Elles représentent en effet 8 % des administrateurs dans les groupes spécialisés et environ 20 % dans les fédérations régionales. Malgré l’évolution des rôles dans le couple, les femmes sont encore celles qui s’occupent des enfants. Il leur est plus difficile de s’absenter pour plus d’une journée, ce qui explique sans doute leur participation plus faible aux instances provinciales. Un fait à souligner parmi toutes ces statistiques : le CA de l’UPA du Bas-Saint-Laurent est constitué de presque 50 % de femmes depuis sa restructuration en marge de l’UPA du futur, en décembre dernier. Chapeau!

L’atteinte de la parité hommes-femmes aux CA doit demeurer un de nos objectifs. Ce n’est pas pour demain, mais comme tout projet, ça commence par la volonté d’y parvenir.

Le plan d’action de la FAQ a pour objectif d’intéresser un plus grand nombre de femmes à participer aux instances de l’Union et de ses affiliés. Il y a certainement des moyens que nous pourrions tous mettre en place pour accroître le nombre de femmes au sein de nos CA. Je vous invite donc à y réfléchir en consultant les femmes dans chacun de vos secteurs. Le simple fait de tenir des rencontres sur une seule journée, quand c’est possible, et d’offrir les outils de communication permettant la participation par vidéoconférence faciliterait sans doute l’implication de plusieurs d’entre elles.

J’invite aussi les femmes à participer aux activités de l’Union et de ses affiliés. Venez enrichir les débats par votre présence et votre implication. Nous allons tous en bénéficier. Merci encore une fois à la FAQ. Ces 27 dernières années, cette organisation a fait beaucoup pour faire avancer la cause des femmes en agriculture.


Éditorial La Terre de chez nous

Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2014
Marcel Groleau, président général