Je suis très heureux d’être élu à la présidence générale de l’UPA pour un troisième mandat. En 1990, lorsque je suis devenu administrateur du Syndicat des producteurs de lait de Québec, j’étais loin de me douter que j’occuperais un jour le poste de président général de l’UPA. Tout au long de mon engagement, ma motivation a toujours été la même : représenter les intérêts des producteurs, parler et témoigner des enjeux des agriculteurs, proposer des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés.
Assumer la présidence d’une organisation comme l’UPA demande beaucoup de temps. Sans la collaboration et la compréhension de nos proches, ce serait tout simplement impossible. Je veux donc remercier ma famille, particulièrement mon épouse Joan et mon frère Denis, avec qui je suis associé à la ferme.

 

L’agriculture du Québec est en transformation constante et l’UPA a été un acteur important dans l’histoire du Québec.

 

Les agriculteurs et les agricultrices ont bâti le Québec d’aujourd’hui en défrichant les terres, en fondant nos villages et, pour des milliers d’entre eux, en migrant vers les villes. Aujourd’hui, de moins en moins de gens ont des liens directs avec l’agriculture. Mais s’ils remontent leur arbre généalogique, ils trouveront à coup sûr un ancêtre producteur agricole. C’est donc une grande fierté pour moi de représenter le milieu agricole en assumant la présidence générale de l’Union.

 

Cette fierté, je la ressens aussi vis-à-vis de l’UPA en elle-même. Au fil des ans, de grands présidents se sont succédé à la tête de notre organisation. L’Union a contribué aux grands changements qu’a connus la société québécoise depuis plus de 90 ans. Des outils comme la Loi sur la mise en marché des produits agricoles n’auraient pas vu le jour sans l’UPA. Le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles, la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, la bonification des programmes Agri et les programmes pour l’établissement de la relève sont tous le résultat du travail collectif des agriculteurs, engagés dans leur Union.

 

Depuis ma première élection à la tête de l’organisation en 2011, j’ai tâché de poursuivre la démarche de modernisation qui était enclenchée. Cette modernisation des structures est maintenant complétée, mais pour moi, le travail ne doit pas s’arrêter là. Nous devons intervenir encore davantage dans le développement de nos territoires agricoles, en contribuant notamment à la réalisation des plans de développement de la zone agricole. Nos fédérations régionales et les syndicats locaux jouent un rôle très important sur le territoire. Ils sont les pivots par lesquels la voix des producteurs s’exprime dans toutes les régions du Québec. Nos fédérations régionales agissent comme lien avec le monde municipal, les directions gouvernementales en région et les citoyens. Nos fédérations spécialisées sont quant à elles essentielles au développement de chaque secteur, par l’intermédiaire d’actions collectives et concertées dans la production et la mise en marché de leurs produits.

 

Parmi les défis qui sont devant nous, il y a celui des communications. Les agriculteurs, comme tous les citoyens, sont maintenant submergés par toute l’information qu’ils reçoivent. Pour maintenir une organisation forte, nous devons nous démarquer en innovant dans nos communications. Le déploiement de notre nouvelle image de marque, avec notre signature « POUVOIR NOURRIR, POUVOIR GRANDIR », doit devenir la fierté de tous nos membres. Cette signature est également un puissant message aux consommateurs et aux citoyens. Les médias sociaux offrent beaucoup d’opportunités et on doit continuer ce développement.

 

Dans un récent sondage, on a mesuré la notoriété de l’UPA. Elle est à la hausse. Plus de 83 % des répondants ayant exprimé une opinion sur notre organisation en ont une perception positive. Nos journées Portes ouvertes contribuent naturellement à maintenir cet intérêt à notre endroit.

 

La société change, tout comme les besoins et les attentes des consommateurs. Le bien-être animal, la protection de l’environnement et l’accès à des produits locaux sont des priorités pour les consommateurs. Les néo-ruraux, qui sont de moins en moins tolérants vis-à-vis des activités agricoles, sont de plus en plus nombreux dans nos campagnes. Le métier de producteur agricole se complexifie chaque jour avec toutes les exigences qu’on nous impose et qui continuent de s’ajouter.

 

La nécessité de travailler ensemble est plus grande que jamais. Nous sommes aujourd’hui moins de 1 % de la population du Québec. Dans un monde où l’on valorise l’individualisme, la tâche de mobiliser est un défi de tous les jours. Les valeurs qui motivent mon implication à l’UPA sont les mêmes qu’à mes débuts. Je crois résolument en la force de l’action collective pour améliorer les conditions de vie des producteurs agricoles. En ce sens, j’entreprends ce troisième mandat bien humblement, mais avec confiance, car je sais que malgré l’ampleur des défis, ensemble, nous arriverons à les relever.

 

En terminant, je félicite Pierre Lemieux et Martin Caron pour leur réélection et je suis heureux de pouvoir compter sur eux pour les deux prochaines années.