L’année 2015 s’est terminée avec la signature d’un accord historique entre les 195 pays réunis à Paris dans la cadre de la 21e Conférence de l’ONU pour lutter contre les changements climatiques (COP21). Les pays ont convenu de limiter l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2 degrés et de poursuivre les efforts pour que cette hausse ne dépasse pas 1,5 degré par rapport à la température d’avant l’ère post-industrielle. Globalement, on estime que les engagements nationaux déposés lors de la conférence pour réduire les émissions de GES ne seront pas suffisants pour atteindre ces objectifs. Les signataires se sont donc également donné comme cible l’atteinte de l’équilibre entre les émissions totales de GES et les quantités absorbées par la nature d’ici 2050.

Dans le texte de l’accord, les pays reconnaissent que l’agriculture aura un rôle essentiel à jouer dans l’atteinte de cet objectif. L’agriculture n’est plus uniquement vue comme une source d’émission de gaz à effet de serre (GES). On compte sur sa capacité à stocker le carbone dans les sols pour arriver à l’équilibre émission/captation. On reconnaît aussi sa vulnérabilité face aux changements climatiques en raison d’épisodes plus fréquents de sécheresse et d’inondation.

Le réchauffement climatique est sous la loupe des chercheurs depuis plus de 30 ans. Toutes les études scientifiques sérieuses concordent et attribuent l’accélération de sa progression aux émissions de carbone provenant de l’utilisation accrue du charbon, du pétrole et du gaz. Un consensus existe également quant à la nécessité de maintenir le réchauffement en deçà de 2 degrés pour minimiser les risques. Cet accord est donc le fruit de plusieurs années de pourparlers en vue d’un plan universel sur le climat. À travers l’entente de la COP21, il ressort clairement que seuls des efforts concertés et solidaires permettront d’atteindre les objectifs fixés.

L’agriculture et la forêt seront des secteurs clés de la solution au réchauffement climatique et à la sécurité alimentaire. Leur contribution à l’atteinte des objectifs sera à la hauteur des investissements consentis en recherche de même qu’en soutien à l’adaptation des entreprises et aux transferts des connaissances.

Cette contribution de l’agriculture devrait être prise en compte dans les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux. À la lumière des engagements de Paris, on doit s’assurer qu’il y a une cohérence entre les règles négociées d’ouverture des marchés et les objectifs de limitation du réchauffement climatique.

Il faut internaliser les coûts environnementaux dans les coûts de production et appliquer cela dans les ententes de commerce, sinon le déficit environnemental pour les générations futures sera insoutenable. Il faudra aussi reconnaître le captage du carbone sur les terres en développant des mécanismes permettant au secteur agricole de le commercialiser par l’entremise de la bourse sur le carbone.

En l’espace d’une élection, le Canada est passé d’un des pays les moins engagés à un acteur de premier plan dans la lutte contre les changements climatiques. Le Canada doit poursuivre dans cette voie et exiger la cohérence à tous les niveaux, y compris dans les accords de commerce.

L’entente de Paris est un moment d’espoir. Un espoir que nous n’avions pas vu depuis longtemps sur la scène internationale. Cet espoir est fragile puisqu’il repose sur la confiance que chaque pays prendra les moyens pour respecter ses engagements et aller au-delà, si nécessaire, afin d’atteindre l’objectif fixé pour 2050. En ce sens, 2016 est le début de quelque chose de grand. Souhaitons-nous bonne chance pour le bien-être des générations futures.