L’été est maintenant arrivé. Même si le 21 juin n’a plus beaucoup d’impact sur le cycle des travaux agricoles, il n’en demeure pas moins que cette journée représente la période des vacances pour bien des citoyens. Naturellement, ce n’est pas le cas pour les agriculteurs, car avec notre climat nordique, chaque jour est important, des premières chaleurs aux premières gelées, et il faut en profiter au maximum.

Pour l’Union, les derniers mois ont été assez intenses : la sécurité du revenu, les modifications au programme de crédit des taxes foncières agricoles, le rapport Gagné dans la mise en marché du sirop d’érable, le lait diafiltré, le contournement des règles d’importation dans le secteur de la volaille, nos demandes pour que le Québec se dote d’une stratégie agroalimentaire, l’accaparement des terres agricoles, la commercialisation de la luzerne génétiquement modifiée, la gestion des pesticides dits « à risque » et le fameux rapport Pronovost sur la relève agricole.

Dans tous ces dossiers, nous avons représenté et défendu ensemble, avec acharnement, les intérêts de tous les producteurs et productrices agricoles du Québec.

Ces derniers mois, j’ai aussi participé à plusieurs conférences qui touchaient de près ou de loin le secteur agricole. Je pense notamment à une récente conférence du journal Les Affaires intitulée Solutions Alimentation, réunissant sur une même tribune plusieurs leaders du secteur agroalimentaire. Ou encore au Sommet sur les infrastructures naturelles du Grand Montréal, une initiative de la Fondation David Suzuki et de la Communauté métropolitaine de Montréal. Cet aspect de notre action est parfois méconnu, mais beaucoup de temps y est consacré.

Les défis ne manquent pas en agriculture. La météo, la gestion de la main-d’œuvre, les kiosques à la ferme, l’organisation des ensemencements et des récoltes successives, les arrosages ainsi que l’irrigation des parcelles tiennent tout le monde bien occupé. Peu de gens sont en mesure de gérer autant de stress qu’un agriculteur en période estivale. Ça prend des nerfs d’acier pour être agriculteur quand on ajoute les enjeux financiers à la pression des travaux. Malgré cela, je rencontre très rarement un agriculteur qui n’adore pas sa profession, et la période estivale nous rappelle à quel point nous pratiquons un des plus beaux métiers du monde.

Nous avons la chance de travailler avec du vivant, en harmonie avec la nature. Nos concitoyens ont besoin de nous tous les jours, et même trois fois par jour. Nous sommes essentiels à leur quotidien, eux qui demandent de la qualité à un prix le plus bas possible. La reconnaissance des citoyens n’est jamais acquise et il faut par tous les moyens nous assurer, par nos communications, qu’ils comprennent nos enjeux, nos efforts, nos bonnes pratiques et notre amour du métier. À titre d’exemple, je participais récemment au 84e Congrès de l’ACFAS, dans le cadre d’un colloque intitulé Entre campagnes et villes – cultures cherchent cultures. J’ai aussi participé récemment à un débat sur La vraie nature de l’agriculture, tenu au Café-terrasse de l’Insectarium dans le cadre de la 19e édition du Rendez-vous horticole du Jardin botanique de Montréal. De telles participations ont toujours comme objectif d’exprimer les enjeux du secteur agricole et de les faire comprendre à nos concitoyens.

Tout est en place pour que 2016 soit une année exceptionnelle sur le plan agricole. En plus d’une récolte record dans le sirop d’érable, la météo des dernières semaines a permis de compléter les semences dans de bonnes conditions pratiquement partout au Québec. La première coupe de foin est aussi presque terminée. La floraison dans le secteur fruitier a été excellente et on anticipe une très belle récolte de bleuets, contrairement à l’an dernier. Il faut maintenant de la pluie dans les régions centrales, mais rien n’est encore critique.

Bien entendu, avec tous les travaux à la ferme, les producteurs ont moins de temps à consacrer aux activités de représentation. Mais ils ont quand même plusieurs occasions de rencontrer leurs élus provinciaux, qui passent plus de temps dans leurs circonscriptions. En ce sens, le travail se poursuivra et la table sera mise pour l’automne qui, je le sens, sera certainement très occupé.

Je vous souhaite donc une excellente saison estivale. J’espère que vous profiterez des prochains mois pour vivre pleinement votre profession et prendre quelques jours de vacances sur les routes du Québec. Il y a tellement de saveurs régionales à découvrir. Pour ma part, je me promets cette année d’aller voir les bleuetières du Lac-Saint-Jean. Et comme l’a déjà si bien dit un poète persan bien connu, « laissez la beauté de ce que vous aimez devenir ce que vous faites ».

À tous et toutes, bon été!