Du grand n’importe quoi!

Dans une récente publication, l’Institut économique de Montréal (IEDM) attaque encore une fois la gestion de l’offre en affirmant qu’elle « pousse jusqu’à 190 000 Canadiens dans la pauvreté ».

On sait pourtant que le niveau de pauvreté aux États-Unis (17,1 % sous 50 % du revenu médian) est beaucoup plus élevé qu’au Canada (11,7 %) selon l’OCDE, même si les Américains paient leur lait généralement moins cher (1,27 $ par litre) que chez nous (1,46 $ par litre). Le prix du lait, tous pays confondus, n’est pas un facteur appauvrissant du même ordre que l’absence de politiques de redistribution et de partage de la richesse. La gestion de l’offre joue ce rôle en agriculture.

Même si l’on trouve aux États-Unis un des paniers d’alimentation les plus abordables au monde, il reste qu’un Américain sur sept reçoit une aide gouvernementale pour s’alimenter. Cette aide représente plus de 100 G$ par année pour le gouvernement américain. Rappelons par ailleurs qu’un Américain sur sept, avant ObamaCare, n’était pas couvert par une « assurance santé ».

Rappelons aussi que le prix des biens de consommation, selon une étude sénatoriale, est en moyenne 25 % plus élevé au Canada qu’aux États-Unis, avec ou sans gestion de l’offre. Doit-on conclure du raisonnement de l’IEDM que les téléviseurs, les pneus, le shampoing, les imprimantes et la plupart des produits de consommation au pays appauvrissent les Canadiens?

Comme à l’habitude, les études de l’IEDM sont du grand n’importe quoi. Nous avons la chance de vivre dans l’un des pays les mieux nantis et les plus égalitaires dans le monde. Cela est possible en raison, notamment, de mesures progressistes comme la gestion de l’offre.