La troisième édition du Colloque Bio pour tous! s’est tenue la semaine dernière à Victoriaville. L’événement a commencé avec une demi-journée sur les marchés, des présentations d’acheteurs et des échanges stratégiques entre producteurs. Des volets plus techniques en grandes cultures et les divers enjeux de la pomiculture sous régie biologique ont été abordés lors de la deuxième journée.

Pendant le Colloque, je me suis adressé aux participants en abordant les travaux de la Table de développement de la production biologique (TDPB). Active depuis 2014, la TDPB a poursuivi sur sa lancée au cours de la dernière année. L’UPA assume le leadership de cette table, qui réunit près d’une trentaine de personnes incluant des représentants de nos groupes affiliés et plusieurs autres intervenants qui travaillent au développement du secteur. La Table se veut le bras « production » de la Filière biologique du Québec. Confiants en l’avenir de la Table et rassurés par ses actions, les producteurs biologiques ont mis fin à la Fédération d’agriculture biologique. Je dois souligner leur ouverture.

Ils font confiance à l’Union pour assurer le développement et la représentation du secteur biologique. Le bio, c’est maintenant la responsabilité de tous.

Des gains importants ont été réalisés en 2016. Au chapitre du Programme d’assurance-récolte, la bonification de 50 % du prix unitaire en 2017 pour les grains biologiques a été obtenue grâce au travail du Syndicat des producteurs de grains biologiques et des Producteurs de grains du Québec.

La contribution d’Agri-Québec durant la période de transition à la production biologique est quant à elle passée de 4,2 % à 8,2 % pour les entreprises dont le revenu annuel est inférieur à 100 000 $. Pour celles dont le revenu est supérieur à ce montant, la bonification permet d’augmenter la contribution de 3,2 % à 7,2 % pour la première tranche de 100 000 $ de ventes nettes admissibles et de 3,2 à 5,2 % pour les ventes nettes admissibles comprises entre 100 000 $ et 1,5 M$. Cet ajustement compense les risques et les variations possibles des revenus pendant cette période critique pour les entreprises.

Dans plusieurs MRC, les plans de développement de la zone agricole misent sur le bio. La remise en culture des terres en friche représente une opportunité. Ces superficies peuvent rapidement obtenir leur certification bio. C’est une raison de plus pour lever le moratoire actuel sur les superficies en culture au Québec.

Le soutien technique en production biologique est encore insuffisant. Les producteurs avancent bien souvent par essais et erreurs. Le partage des connaissances se fait des conseillers vers les producteurs, et vice versa. Le Colloque Bio pour tous! et tous les autres forums sur le sujet sont des occasions privilégiées de partager les connaissances et les expériences des uns et des autres. Il faut les multiplier.

La production et le marché des produits biologiques reposent sur la confiance du public envers la certification bio. C’est pourquoi plusieurs pays ont des programmes pour soutenir les coûts associés à cette certification. Pour une petite entreprise, ceux-ci peuvent représenter une dépense importante. Dans le même sens, il est primordial de doter le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) de moyens suffisants pour lui permettre d’accomplir sa mission. Le CARTV est entre autres responsable de l’application et du respect de la norme biologique au Québec.

La cohabitation des différents types d’agriculture est un atout. Petites et grandes entreprises, conventionnelles ou biologiques, sans OGM ou dédiées aux marchés de proximité : nous devons nous partager le territoire agricole. Les choix des uns et des autres ne se discutent pas, mais nous devons tous nous soucier de leurs conséquences. C’est la responsabilité de chacun. Une bonne communication demeura toujours la clé d’un bon voisinage. La force de notre agriculture repose sur sa diversité.