L’édition 2017 du Rapport mondial sur le bonheur (World Happiness Report), un programme lancé par les Nations unies en 2012, classe le Canada au 7e rang sur 155, derrière les Pays-Bas (6e), la Finlande (5e), la Suisse (4e), l’Islande (3e), le Danemark (2e) et la Norvège (1er). Les auteurs du rapport tiennent compte d’indicateurs comme le sentiment de liberté, la générosité, l’honnêteté, la santé et les revenus. Selon eux, « les pays heureux sont ceux qui jouissent d’un équilibre sain entre la prospérité […] et le capital social ».

Le rapport s’est aussi penché sur une dizaine de catégories d’emploi, incluant les personnes travaillant dans la construction, les transports, les services, les ventes et les bureaux, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les pêcheurs et les producteurs. Selon ce classement, ceux qui se disent les plus heureux sont les gestionnaires (6,5 sur 10). Les agriculteurs et les travailleurs agricoles figurent quant à eux au bas de cette liste, avec une moyenne de 4,5.

Ce constat va dans le sens d’une réalité de plus en plus documentée sur la santé psychologique des producteurs et des travailleurs agricoles.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les producteurs exercent l’un des métiers les plus à risque de détresse psychologique et de suicide. Les aléas de la météo, l’instabilité des prix, l’endettement important, la pénurie de main-d’œuvre, les défis de la relève et l’isolement sont des facteurs souvent cités pour expliquer ce phénomène. Selon Ginette Lafleur, du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie, un agriculteur québécois sur deux souffre d’un niveau élevé de détresse psychologique et jusqu’à trois producteurs sur quatre se sentent stressés en permanence.

S’il n’est pas géré, ce stress peut mener à l’anxiété, à la dépression et même plus. On estime que le taux de suicide est de deux à trois fois plus élevé chez les agriculteurs québécois que dans la population. La formation Agir en sentinelle pour la prévention du suicide – Déclinaison agricole, lancée en 2016 par l’Union et l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), s’attaque directement à cette problématique.

En un an seulement, 43 formateurs et 600 sentinelles ont été formés pour repérer les signes de détresse ou les changements de comportement chez les producteurs possiblement vulnérables, établir un contact avec eux et assurer un lien avec les ressources d’aide. Parmi ces sentinelles, on trouve des agriculteurs qui participent à des comités ou à des associations ainsi que des professionnels de l’agroalimentaire qui font partie de l’entourage des producteurs, tels que vétérinaires, camionneurs et agronomes.

Pour souligner l’engagement de l’Union, l’AQPS lui a remis la semaine dernière le prix méritas Partenaire de l’année en prévention du suicide 2015-2017. Ce prix reconnaît la contribution exceptionnelle d’une organisation partenaire de l’Association qui, même si son mandat premier n’est pas la prévention du suicide, y participe de façon étroite et engagée.

Je suis particulièrement fier de cette reconnaissance, car beaucoup de gens ont travaillé dur pour atteindre l’objectif. Comme le veut l’adage, « si vous ne faites pas partie de la solution, vous faites partie du problème ». J’adhère fortement à cette idée et je félicite chaleureusement tous les intervenants associés à cette grande démarche. Merci à vous tous et toutes!