L’atteinte de l’équilibre budgétaire au Québec ne s’est pas faite sans heurts, comme en témoigne la disparition du Conseil québécois de l’horticulture (CQH) en 2015. Celui-ci regroupait les partenaires du secteur horticole en plus d’offrir des services à ses membres. J’ai donc proposé aux partenaires les services de l’Union pour la mise en place d’une table horticole composée des productions fruitières, maraîchères et serricoles, que j’ai le plaisir de présider et dont nous assumons le secrétariat ainsi que le suivi de certains dossiers.

L’horticulture au Québec est le 3e secteur agricole en importance au Québec avec des ventes annuelles d’environ 1,1 G$ (17 % des ventes au Canada). Il s’agit donc d’un apport économique majeur. La concertation des partenaires du secteur est d’autant plus importante que l’Ontario a donné cinq ans au secteur horticole pour doubler ses ventes, qui s’élèvent déjà à 2,7 G$. La compétition venant de l’Ontario va nécessairement augmenter, notamment en raison du fait que des détaillants alimentaires importants y ont leur siège social.

Les enjeux communs ne manquent pas dans ce secteur particulièrement dynamique, qui œuvre dans un environnement d’affaires très compétitif.

Nous avons retenu trois axes d’intervention prioritaires à court terme : la protection des cultures, la gestion des risques et la rareté de main-d’œuvre agricole. La protection des cultures vient au 1er rang, au chapitre notamment des actions pour assurer une gestion optimale des pesticides et du développement de solutions de remplacement à la lutte aux ennemis des cultures. Nous connaissons la sensibilité de la population à cet égard. La réglementation gouvernementale, la réciprocité des normes pour les produits importés et, surtout, la recherche et l’innovation sont des façons d’atteindre nos objectifs et de répondre aux attentes des citoyens. Le secteur maraîcher est actuellement en consultation auprès de ses membres pour la création d’un fonds de recherche au moyen d’une chambre de coordination. Si l’on veut rivaliser avec la compétition, la recherche et l’innovation doivent être au cœur de la stratégie. Les produits québécois sont d’une grande qualité et nous voulons conserver cet acquis.

L’existence de programmes de gestion des risques adaptés au secteur est également nécessaire. La bonification d’Agri-stabilité et d’Agri-investissement, dans la foulée du renouvellement du cadre stratégique agricole canadien, est très importante. En ce sens, tous les producteurs au Canada font front commun.

La rareté de main-d’œuvre agricole est un problème avec lequel le secteur horticole doit composer depuis longtemps. Deux enjeux se démarquent, soit l’augmentation du salaire minimum et l’accès aux travailleurs étrangers temporaires (TET). La main-d’œuvre est une composante très importante du coût de production dans ce secteur et les membres de la table attendent avec impatience les conclusions d’une nouvelle étude sur l’impact de la hausse du salaire minimum. Les produits locaux doivent compétitionner avec ceux qui proviennent de pays bénéficiant de coûts de main-d’œuvre très inférieurs et d’un climat avantageux. De plus, il faut faciliter l’accès aux TET en éliminant les contraintes administratives coûteuses et inefficaces qui encadrent les programmes les concernant. Le secteur horticole emploie plus de 8 000 des quelque 10 400 TET (77 %).

Je retire une grande satisfaction de la création de cette table et de son fonctionnement. Le climat y est constructif et l’engagement collectif anime nos nombreuses discussions. Il s’agit d’une belle initiative qui a toutes les chances de porter fruit, principalement en raison de l’implication des participants. Une raison de plus, cet été et tout au long de l’année, de consommer les bons produits frais du Québec.

Cet éditorial hebdomadaire prendra une pause jusqu’en septembre. Je vous souhaite à tous et toutes un excellent été. L’automne s’annonce chargé!