Selon Statistique Canada, le nombre d’exploitations agricoles biologiques au Québec est passé de 1 037 à 1 268 entre 2011 et 2016 (+22,3 %). Cette croissance est la plus importante au Canada. Les dernières données du CARTV confirment cet élan : en 2017, on compte 1 367 fermes certifiées et 411 entreprises en processus de précertification. Heureusement, car la demande pour les produits bio est en croissance au Québec et au Canada.

Depuis trois ans, je préside la Table de développement de la production biologique (TDPB). Cette table travaille étroitement avec la Filière biologique du Québec (FBQ). Y sont présents les gouvernements du Québec et du Canada, les centres de recherche, les organismes qui interviennent dans le secteur bio et, bien sûr, les agriculteurs des différents secteurs de production. En 2001, j’ai accompagné les producteurs de lait biologique lors de la création de leur syndicat et je retrouve, autour de cette table, le même enthousiasme face aux défis et aux enjeux de production et de mise en marché.

C’est dans cet esprit, en marge de la Semaine bio (du 16 au 24 septembre) et dans le cadre de son assemblée générale annuelle, que la FBQ a annoncé le déploiement de sa campagne de valorisation des aliments biologiques québécois, en collaboration avec Aliments du Québec. Cette campagne (lequebecbio.com et logo Aliments du Québec BIO) met l’accent sur l’origine et la qualité des produits biologiques, pour retenir le maximum des retombées économiques de ce marché chez nous.

Le message de cette campagne, « Le bio d’ici, ça vaut le coût », est une invitation à la fois aux consommateurs et aux producteurs.

Cette campagne est possible grâce à un investissement de 600 000 $ sur trois ans du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Chaque dollar investi dans la campagne par un partenaire du bio est appuyé par une contribution équivalente du ministère. C’est le temps d’en profiter.

Toujours dans le cadre de la Semaine bio, le gouvernement canadien a annoncé une aide financière de 462 000 $ à Cultivons Biologique Canada (CBC) pour mener une étude sur les risques que représente la transition vers la production biologique. L’UPA agira comme partenaire du Québec pour la réalisation de cette étude, coordonnée par CBC.

Au Québec, la contribution d’Agri-Québec durant la période de transition à la production biologique passe de 4,2 % à 8,2 % pour les entreprises dont le revenu annuel est inférieur à 100 000 $. Pour celles dont le revenu est supérieur à ce montant, la bonification permet d’augmenter la contribution de 3,2 % à 7,2 % pour la première tranche de 100 000 $ de ventes nettes admissibles et de 3,2 à 5,2 % pour les ventes nettes admissibles comprises entre 100 000 $ et 1,5 M$. Cet ajustement aide à gérer les variations possibles des revenus pendant cette période délicate pour les entreprises. Le Programme d’appui pour la conversion à l’agriculture biologique est aussi disponible, entre autres, pour la modification d’équipements.

En ce qui concerne le soutien technique à la production, les centres de recherche et d’expertise répondent de mieux en mieux aux nombreuses questions des producteurs. La productivité en production biologique égale dans bien des cas celle du secteur conventionnel. Des progrès énormes ont été faits ces 20 dernières années. Mais la recherche demeure la clé de l’innovation. Des investissements supplémentaires sont requis pour poursuivre ce développement.

L’agriculture du Québec doit répondre à tous les marchés et être à l’avant-garde des attentes et des demandes des consommateurs. Les producteurs biologiques relèvent ce défi, et la porte est grande ouverte pour ceux qui désirent les rejoindre.