Le 21 octobre dernier à Lévis, les Agricultrices du Québec ont tenu leur gala annuel. L’organisation célèbre cette année son 30e anniversaire. Ce gala était donc très spécial. Il y avait beaucoup d’émotion, surtout pendant la présentation des lauréates des années précédentes.

Cette année encore, toutes les candidates en lice pour les grands honneurs affichent des parcours variés et impressionnants. Le jury n’a certainement pas eu la tâche facile. Je tiens à féliciter les gagnantes de cette année, c’est-à-dire Émilie Gaudreault, du Saguenay–Lac-St-Jean (catégorie Jeune agricultrice), Sylvie Lacoste, du Bas-Saint-Laurent (catégorie Agricultrice de passion), Catherine Lefebvre, de la Montérégie-Ouest (catégorie Agricultrice entrepreneure), et Martine Bourgeois, de la Montérégie-Est (catégorie Agricultrice de l’année). Toutes mes félicitations également à Suzanne Demers, du Centre-du-Québec, et à Francine Ferland, de Chaudière-Appalaches-Ouest (catégorie Agricultrices accomplies), ainsi qu’à Myriam Laplante El Haïli et Martin Ménard, de La Terre de chez nous (prix Rosaline-Ledoux).

Au fil des 30 dernières années, des femmes inspirantes et passionnées ont milité au sein des Agricultrices du Québec. Cet engagement a permis des gains importants en matière d’accès à la propriété, de reconnaissance juridique et de congés parentaux. Il reste toutefois beaucoup de pain sur la planche!

Même si les femmes occupent un rôle prépondérant dans les entreprises agricoles et qu’un nombre de plus en plus important d’entre elles en sont propriétaires ou copropriétaires, leur faible nombre au sein de nos diverses instances m’interpelle.

Un sondage mené auprès des agricultrices en 1981 révélait que 59,6 % des productrices reconnues et 60,3 % des collaboratrices souhaitaient participer aux activités syndicales de l’UPA. La réalité, c’est qu’en 2016, elles étaient 14 % à s’impliquer dans les syndicats locaux, 16 % dans les fédérations régionales, 8 % dans les spécialités et 16 % au sein de la confédération. C’est beaucoup trop peu et nous devons corriger cette situation.

Le programme de mentorat Embarque! des Agricultrices, lancé le printemps dernier, a précisément comme objectif d’améliorer la participation des femmes à nos instances. Embarque!, c’est un soutien par les pairs pour permettre à une future administratrice ou à une élue actuellement en poste de recevoir l’aide d’une personne expérimentée. J’encourage très fortement les personnes intéressées à visiter le site agricultrices.com et à remplir le court questionnaire qui s’y trouve.

Je lève mon chapeau bien haut aux Agricultrices du Québec, qui ont façonné le milieu rural et le modèle agricole québécois. Je profite de l’occasion pour remercier Raymonde Plamondon, qui n’a pas sollicité de nouveau mandat à la présidence de l’organisation. Au nom de tous les membres du conseil général de l’Union, je salue son engagement à la cause des femmes en agriculture. À la nouvelle présidente, Jeannine Messier, de Montérégie-Est, je souhaite la bienvenue et lui assure ma collaboration. Nous poursuivrons le travail entamé, forts des résultats d’une nouvelle planification stratégique que les Agricultrices du Québec viennent d’adopter. Les productrices et les femmes en milieu rural ont des attentes. Travaillons ensemble pour y répondre.

Éditorial La Terre de chez nous
Édition du 1er au 7 novembre 2017
Marcel Groleau, président général