Un nombre important d’intervenants ministériels, gouvernementaux et agroalimentaires ont participé, vendredi dernier à Drummondville, à la toute première rencontre annuelle des partenaires de la Politique bioalimentaire du Québec. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur sa mise en œuvre et de favoriser l’adhésion des partenaires au plan de match identifié depuis son dépôt l’an passé.

Parmi les nombreuses cibles à atteindre, rappelons que la Politique vise notamment des investissements, à la ferme et dans la transformation, de 15 G$ d’ici 2025, soit 3 G$ de plus que pour la période 2006-2015. Elle envisage aussi d’ajouter 10 G$ de contenu québécois dans les produits alimentaires achetés chez nous pour atteindre 34 G$ en 2025, de doubler la superficie en production biologique et de porter à 14 G$ les exportations bioalimentaires à l’international (6 G$ de plus que pour la période 2006-2015).

Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, et son équipe avaient de bonnes nouvelles à nous annoncer. Les investissements cumulatifs ont augmenté de 26 % l’an dernier par rapport à la somme des trois années précédentes, le contenu québécois a progressé pour atteindre 27,9 G$ en 2018 et les superficies biologiques en culture et en pâturage (sans compter les érablières) sont estimées à 84 000 hectares, soit 35 000 de plus qu’en 2015.

Le portrait est un peu moins réjouissant du côté des exportations, qui ont diminué de 2 % en 2018 pour se chiffrer à 8,6 G$. Le ministère de l’Agriculture attribue cette légère baisse au « contexte des relations commerciales, notamment entre les États-Unis et la Chine » et aux « conditions difficiles de marchés pour certains secteurs [ex. : le porc] ». Les perspectives économiques demeurent toutefois bonnes pour les années à venir.

Ces résultats sont encourageants et démontrent que le consensus exprimé l’an dernier est encore solide, que le plan de match tient la route et que l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés est à notre portée. La réussite de la Politique repose sur l’engagement de tous. Le gouvernement du Québec aura un rôle prépondérant à jouer pour accompagner les agriculteurs dans la gestion de tous les risques inhérents à la production. Le gouvernement Legault a déjà donné suite à l’un de ses engagements électoraux lors du discours sur le budget 2018-2019, en bonifiant de 250 M$ sur cinq ans l’aide à l’investissement. Il faut poursuivre dans cette voie.

Les producteurs du Québec ont besoin d’un soutien vigoureux à tous les niveaux, qu’il soit budgétaire, fiscal ou réglementaire. Soulignons à cet égard que le soutien agricole au Québec est inférieur à celui observé dans l’Union européenne et dans l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Nous avons donc beaucoup de pain sur la planche.

La Politique doit aussi prendre en compte l’apport exceptionnel de l’agriculture à l’occupation et au développement des territoires. Ce n’est pas le cas actuellement et il faut rectifier cette situation. Des initiatives vigoureuses sont requises pour favoriser, dans les régions périphériques, une croissance des activités agricoles comparable à celle constatée dans les régions plus centrales.

L’Union a collaboré dès le début à la construction de cette politique. Le consommateur québécois est au cœur de celle-ci. Nous avons de l’ambition, de l’expertise et la demande alimentaire en croissance. Il faut en profiter.

Éditorial La Terre de chez nous
Semaine du 5 au 11 juin 2019
Marcel Groleau, président général