Cette semaine, je me joins à Annie Gauvin, directrice générale des Banques alimentaires du Québec (BAQ), pour vous parler d’un projet très important pour nos deux organisations : le Programme de récupération en supermarchés (PRS).

Les producteurs agricoles, transformateurs et distributeurs alimentaires sont fiers d’offrir à leurs concitoyens des aliments frais, variés et de très grande qualité. Or, nous le savons et les études le démontrent, un volume important d’aliments est gaspillé ou perdu au Canada.

Nous savons également que la pauvreté est malheureusement le lot de nombreuses personnes au Québec. À témoin, les BAQ répondent chaque mois à plus de 1,9 million de demandes d’aide alimentaire. Chaque mois, quelque 500 000 personnes frappent aux portes des BAQ pour obtenir un panier de provisions, un repas ou une collation.

Le nombre de gens qui ont recours à l’aide alimentaire est en hausse alors que le gaspillage alimentaire n’a jamais été aussi important. Inacceptable, me direz-vous, et vous avez raison. Un paradoxe que la campagne actuelle des BAQ veut résoudre.

Afin d’augmenter la quantité et la qualité des denrées disponibles dans le réseau des banques alimentaires, un projet novateur à fort impact social et environnemental a été mis en place : le PRS.

Ce programme est une solution unique et durable aux problèmes de précarité alimentaire, mis au point avec un souci environnemental élevé et la collaboration des trois grandes bannières d’alimentation (Metro, Sobeys, Loblaw). Ce projet de société structurant permet de diminuer le gaspillage alimentaire en récupérant les invendus dans les supermarchés pour les partager avec les 1 200 organismes d’aide alimentaire affiliés partout au Québec.

Premier projet du genre au Canada, le PRS vise un déploiement dans plus de 645 supermarchés aux quatre coins du Québec d’ici 2022-2023. À l’heure actuelle, 409 marchés d’alimentation ont déjà adopté ce programme, ce qui a permis de récupérer, pour l’année 2017-2018, quelque 6,5 millions de kilos de denrées pour une valeur marchande de plus de 43 M$. À terme, le PRS donnera la possibilité de récupérer et de distribuer 8,5 millions de kilos de nourriture saine et variée chaque année, dont le tiers est constitué de viande.

Ce programme a le double avantage de réduire le gaspillage alimentaire et les problèmes environnementaux engendrés tout en aidant à lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté.

Pour déployer le PRS à l’échelle du Québec, les BAQ ont besoin de 15 M$ sur cinq ans. À ce jour, un montant de plus de 5 M$ a été confirmé pour ce projet. L’Union des producteurs agricoles (UPA) s’est aussi associée au mouvement de mobilisation des BAQ. Les producteurs du Québec, par l’entremise de leur fédération spécialisée, donnent déjà beaucoup de denrées aux banques alimentaires. Mais cette campagne requiert des fonds pour mettre en activité la récupération en supermarchés. Les valeurs de solidarité, d’action collective et de justice sociale qui animent notre organisation trouvent en effet un écho particulier dans ce projet de société.

Aujourd’hui, nous invitons tous les groupes affiliés de l’Union à prendre part à ce projet d’envergure. L’engagement du secteur agroalimentaire nous permettra de lancer un message collectif de mobilisation à l’égard d’un projet porteur qui vise à contrer l’insécurité alimentaire, le tout dans une perspective de développement durable. Merci beaucoup!

Éditorial La Terre de chez nous
Édition du 24 juillet 2019

Marcel Groleau - Président général de l'UPA
Marcel Groleau, président général
L’Union des producteurs agricoles
Annie Gauvin, directrice générale
Banques alimentaires du Québec