Tous s’entendent pour dire que la pandémie de la COVID-19 aura des répercussions importantes sur nos sociétés. Malgré toutes les avancées de la science, un petit virus arrive à mettre en confinement presque toute la population mondiale. Les impacts économiques seront énormes et les prochaines années seront plus difficiles. Le premier ministre François Legault le sait très bien et il lance un appel aux Québécois pour qu’ils fassent l’effort d’encourager les entreprises de chez nous lorsqu’ils font leurs achats.

Pour l’Union des producteurs agricoles, cet appel à l’achat local est de la musique à nos oreilles, car depuis plusieurs années, c’est le message que nous diffusons sur toutes les tribunes. Les Québécois sont de plus en plus nombreux à rechercher les aliments produits ou transformés au Québec et nous devons, malgré les contraintes qu’impose la crise actuelle, poursuivre cet élan.

L’Union a entendu les demandes des producteurs artisans qui ont des kiosques à la ferme et qui distribuent dans le réseau de la restauration et de l’hôtellerie. Dès le début, à la fermeture des restaurants, les commandes se sont effondrées. Nous avons alors entrepris de répertorier ces entreprises sur une page Web et de lancer une campagne médiatique pour que les consommateurs pensent à eux pour s’approvisionner, via l’achat en ligne ou à la ferme.

De cette initiative est née la campagne Mangeons local plus que jamais!, en partenariat avec Le Panier Bleu (www.lepanierbleu.ca). Ce projet a été monté en quelques jours dans des conditions plutôt difficiles et j’en suis très fier. C’est près de mille entreprises agricoles qui seront présentes sur le site. J’espère sincèrement que cette campagne aura un effet positif pour tous les producteurs artisans.

Manger local, c’est limiter notre empreinte écologique et investir dans notre région et notre province. C’est aussi créer ou maintenir des emplois et le tissu social de nos régions. Chaque dollar investi localement revient en partie dans nos poches.

Manger local, c’est ajuster son régime alimentaire pour consommer le plus possible de fruits et légumes québécois. C’est profiter au maximum des fruits et légumes frais pendant la saison et se tourner ensuite vers ceux qui sont disponibles à l’année, comme les pommes de terre, les betteraves, les carottes, les choux, les navets, les pommes, les bleuets et plusieurs autres. C’est choisir les aliments surgelés du Québec, qui permettent de goûter les plaisirs de l’été toute l’année durant.

Manger local, c’est choisir l’agneau, le porc, le bœuf et les viandes sauvages du Québec. C’est ajouter sur sa table les produits fins et raffinés de tous les producteurs artisans qui triment dur pour se démarquer. C’est aller aussi souvent que possible dans les marchés publics et faire à chaque fois de nouvelles découvertes.

Manger local, c’est s’abonner au réseau des fermiers de famille et encourager cette agriculture à petite échelle, très productive, maintenant répartie sur tout le territoire. C’est aussi investir dans la production en serre, petites et grandes pour augmenter la production locale et notre autonomie alimentaire, grâce à notre hydro-électricité, une énergie propre et renouvelable.

Manger local, ce sont nos gouvernements qui décentralisent leurs achats pour les écoles, hôpitaux et autres institutions. C’est l’adoption de règles pour un étiquetage clair de la provenance de tous les aliments frais ou transformés, vendus dans les supermarchés.

Manger local, ce sont des épiciers qui donnent plus d’espace aux producteurs locaux et qui positionnent favorablement les produits québécois dans leurs magasins et les circulaires.

Manger local plus que jamais, ça commence maintenant par des producteurs, des consommateurs et des gouvernements qui font de l’alimentation et de son impact sur la santé et l’environnement une priorité.