Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a dévoilé la semaine dernière les résultats de son plan de surveillance des résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais issus de la culture conventionnelle (2017-2018 et 2018-2019) et biologique (2016-2019).

Les rapports dénotent un taux de conformité global très élevé pour les fruits et légumes québécois issus de la culture conventionnelle (97,4 % en 2017-2018; 98,3 % en 2018-2019) et biologique (98,6 % en 2016-2019). Dans la grande majorité des cas, les concentrations de pesticides retrouvées, tous fruits et légumes confondus, sont très largement en dessous du seuil maximal permis par Santé Canada. Cela confirme que les pesticides sont utilisés correctement et selon les directives par les producteurs agricoles.

Les producteurs maraîchers, fruitiers et céréaliers ont déployé de nombreux efforts au fil des ans pour réduire l’usage des pesticides et adopter des méthodes alternatives. Cela se traduit d’ailleurs par la quantité de pesticides appliquée à l’hectare, qui a diminué de 43 % entre 2014 et 2018. Le Québec affiche l’un des indices de pression à l’hectare de l’impact des pesticides sur l’environnement parmi les plus faibles dans le monde.

Il est toujours possible de faire mieux et le travail doit se poursuivre. Mais pour l’instant, dans plusieurs cas, les solutions de rechange rentables et efficaces pour lutter contre les ravageurs des cultures sont inexistantes. La conversion au biologique est une alternative intéressante et il faut continuer de l’appuyer, entre autres par la recherche. Le Québec est d’ailleurs le leader canadien en la matière, tant au niveau des superficies cultivées que du nombre d’entreprises. Le soutien à la production biologique, plus particulièrement à la transition vers ce mode de production, est certainement une voie à privilégier pour répondre à ce marché en croissance.

Le réchauffement climatique fait déjà sentir ses effets en matière de protection des cultures. De nouveaux insectes sont présents sur notre territoire, alors que d’autres profitent de meilleures conditions pour se reproduire. Comme nous l’avons affirmé aux membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles l’automne dernier, des investissements majeurs en prévention, en recherche et développement, en rémunération des biens et services écologiques et dans l’accompagnement des producteurs sont requis. C’est ce que propose le Plan vert agricole demandé par l’UPA, et le Plan d’agriculture durable du MAPAQ (discours sur le budget 2020-2021 – 125 M$ sur cinq ans) fait suite à cette demande. Les détails de ce plan sont très attendus.

Les producteurs agricoles doivent être au cœur de la stratégie agroenvironnementale pour obtenir des changements durables et répondre aux attentes sociétales. Ils doivent avoir accès à des services techniques et professionnels à la fine pointe des connaissances pour poursuivre le chemin parcouru.

Cet éditorial hebdomadaire est le dernier de la saison. L’exercice de faire le point sur un dossier chaque semaine est vraiment intéressant. Le plus difficile est souvent de faire un choix parmi tous les sujets d’actualité qui concernent le secteur agricole.

Cette semaine, j’hésitais entre le sujet des pesticides et celui de la sécheresse qui affecte plusieurs régions du Québec ainsi que l’inquiétude qui, graduellement, se transforme en anxiété face à ce manque de précipitations qui nous affecte tous. J’espère que cette seconde vague de chaleur amènera son lot de précipitations. Les gens ne réalisent pas toujours la complexité des opérations dans une ferme et les risques que nous devons gérer chaque jour pour que l’accès à la nourriture soit un acquis dans nos sociétés.

Je vous laisse sur cette réflexion et vous souhaite, à tous les lecteurs de La Terre de chez nous, un bel été, avec de la pluie en quantité suffisante. Rendez-vous cet automne!