Rebonjour. Après une pause de quelques semaines, je reprends notre rendez-vous hebdomadaire : l’édito dans La Terre de chez nous. Nous avons vécu tout un été, et il n’est pas terminé. La pandémie COVID-19 a chambardé nos vies et bien sûr, le secteur agricole n’a pas été épargné. Perturbations des marchés, productions détruites, arrêt de travail dans les abattoirs, pénurie de main-d’œuvre, retard ou absence des travailleurs étrangers temporaires attendus et perte de récoltes, et comme si ce n’était pas suffisant, une sécheresse d’une ampleur jamais vue en mai et juin.

L’Union a donc été très sollicitée et nous avons collaboré avec tous les intervenants et les instances gouvernementales pour trouver des solutions au fur et à mesure que se présentaient les différents problèmes. Les fédérations régionales et spécialisées ont travaillé sans relâche. Tous ont été affectés, certains secteurs plus que d’autres, et les dommages ne sont pas encore tous comptabilisés, mais somme toute, en comparant notre situation à celle des autres provinces, je dois dire que dans l’ensemble, nous avons su réagir, nous adapter et, surtout, travailler collectivement.

La population a aussi très bien répondu à l’appel du premier ministre en faveur de l’achat local. Cet appui, je l’ai aussi senti lors des nombreuses entrevues que j’ai données et par la réaction et l’intérêt des citoyens qui m’interpellaient à la suite de ce qu’ils avaient entendu. Cet intérêt des consommateurs, combiné à la volonté du gouvernement d’augmenter notre autonomie alimentaire, est une réelle opportunité qu’il faut saisir et dans laquelle on doit s’engager.

La semaine dernière, lors de la Journée de la rentrée de l’Union, notre thème était : Nourrir notre monde plus que jamais! Cela a été l’occasion d’annoncer la tenue, cet automne, d’un important exercice participatif : le Dialogue sur l’autonomie alimentaire du Québec. Un dialogue entre les producteurs agricoles et les consommateurs duquel pourrait émerger, à terme, une forme de contrat social.

L’UPA a confié un mandat à l’Institut du Nouveau Monde (INM), organisme neutre et déjà habitué à mettre sur pied des panels citoyens, pour organiser et superviser cette discussion. Des occasions d’échanges entre les producteurs agricoles et entre les citoyens sont prévues. Les deux groupes pourront faire appel à des experts pour élucider certaines questions qu’ils pourraient avoir. Par la suite, les deux groupes échangeront ensemble sur les attentes et les contraintes des uns et des autres. Les citoyens et les producteurs seront sélectionnés de façon à représenter la diversité que l’on retrouve dans la société tant chez les citoyens que chez les producteurs. C’est l’INM qui est responsable de cette sélection. Il s’agit d’un exercice inédit qui, j’en suis certain, nous permettra de vaincre certains de nos paradigmes, tant à titre de producteurs que de citoyens, de mieux se comprendre.

Au cours des derniers jours, des milliers de citoyens et de producteurs agricoles ont reçu une invitation à s’intéresser à la démarche et à soumettre leur candidature. Par la suite, les deux groupes sélectionnés par l’INM (composés chacun de 24 à 36 personnes) franchiront, de septembre à décembre, chacune des étapes prévues au Dialogue. J’insiste auprès de vous sur l’importance de cet exercice et vous invite à être attentif.

La pandémie nous a fait réaliser la fragilité de certaines chaînes d’approvisionnement. Que ce soit au niveau du matériel médical ou de l’alimentation, plus nous serons autonomes, plus grande sera notre sécurité et notre résilience face aux crises à venir. L’autonomie alimentaire est donc pour nous un projet très fédérateur et d’une grande pertinence, et les citoyens du Québec, nos plus grands alliés pour le mener à bien.