Comme plusieurs l’appréhendaient et malgré toutes les mesures de confinement et de distanciation, la deuxième vague de COVID-19 a frappé fort dans le monde entier. Jusqu’à maintenant, le Québec s’en tire plutôt bien et c’est sans aucun doute grâce à la discipline des citoyens et à leur respect des règles. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. La période des Fêtes sera passablement sobre et un confinement plus strict n’est pas exclu si le nombre de cas continue d’augmenter.

Cette pandémie mondiale a révélé la complexité de la vie en société en pareille circonstance. Les gouvernements ont été confrontés à des choix stratégiques entre les libertés individuelles (sacrées dans certains pays) et les contraintes sociales pour protéger les citoyens les plus vulnérables, et entre l’économie et la santé. Le perron d’église, c’est maintenant Facebook et Twitter, où les rumeurs et les théories les plus folles trouvent des millions d’yeux et d’oreilles. Certains leaders, comme Donald Trump, se présentent en protecteurs des libertés individuelles et se servent de la pandémie pour nourrir leur base en cultivant la méfiance à l’égard de l’État, des experts et des médias. Finalement, la pandémie lui aura sans doute fait perdre l’élection et nous sommes nombreux à nous en réjouir.

La première vague avait épargné les régions pendant que Montréal et les centres d’hébergement de soins de longue durée étaient durement frappés. On se trouvait même bons comparativement à la Métropole, on peut se le dire. Mais la deuxième vague a frappé partout au Québec, épargnant l’Abitibi-Témiscamingue pour l’instant. On connaît maintenant tous quelqu’un qui a été atteint, ou qui a perdu un proche en raison de la pandémie. C’est maintenant chez nous.

Les pertes économiques liées aux nombreuses fermetures et les coûts supplémentaires pour les entreprises qui sont demeurées ouvertes pourront être évalués et chiffrés. Mais les conséquences sur les personnes isolées depuis des mois, les adolescents privés de contacts et d’activités sportives et les artistes qui n’ont plus de salles pour se produire et dont la carrière s’arrêtera peut-être avant même de commencer seront plus difficiles à chiffrer, mais seront tout de même réelles.

La nature humaine est résolument optimiste. L’espoir d’un vaccin était présent dès les premiers jours de la pandémie. Le slogan populaire « Ça va bien aller » est apparu partout. Moins d’un an après l’arrivée du virus, des vaccins sont déjà homologués et la vaccination commence. C’est spectaculaire! Un exploit scientifique et de collaboration internationale incroyable. Il faut normalement entre 5 et 10 ans pour développer un vaccin.

Les moyens de communication comme Zoom et Teams, dont nous ne soupçonnions même pas l’existence, font maintenant partie de notre quotidien. Ça ne remplace pas les contacts directs, mais c’est vraiment utile. Ces technologies seront intégrées à nos façons de faire; elles feront désormais partie de nos vies. Moins de déplacements, de bouchons de circulation, plus de télétravail, de temps en famille et une plus grande efficacité; la pandémie aura devancé de plusieurs années l’utilisation de ces technologies.

La crise sanitaire a aussi permis une prise de conscience collective sur l’importance de notre agriculture. L’autonomie alimentaire est maintenant une priorité pour le gouvernement et un projet de société. La protection des terres, l’importance de mieux soutenir l’agriculture, de valoriser l’achat local et même d’instaurer une convention internationale sur l’alimentation durable sont plus justifiées que jamais. La pandémie a démontré l’importance d’améliorer notre sécurité alimentaire. Dans quelques années, nous dirons que nous n’en serions pas là s’il n’y avait pas eu cet événement.

C’est donc sur cette note positive que je veux terminer l’année avec vous. Le temps des Fêtes sera plus sobre cette année, mais les jours meilleurs sont proches. La solidarité des citoyens ainsi que la collaboration qu’ont démontrée les Nations pour venir à bout de cette pandémie m’inspirent la plus grande des confiances. Sur ces mots, passez de belles Fêtes!