Dans le cadre des travaux de la Table de développement de la production biologique (TDPB), l’Union a rendu public un nouveau rapport d’analyse sur le soutien gouvernemental au développement de la production biologique, ici et ailleurs dans le monde.

La publication du rapport contribue à la mise en œuvre du Plan de développement du secteur biologique québécois 2020-2025, qui mise sur une politique gouvernementale intégrée pour appuyer le démarrage de nouvelles entreprises, la conversion vers la production biologique et le développement des fermes œuvrant en régie biologique.

Selon le rapport, plusieurs mesures de soutien québécoises ont fait leurs preuves, notamment le Programme d’appui pour la conversion à l’agriculture biologique et la bonification du Programme services-conseils, tous deux offerts par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. La création de l’outil Web VirageBio, résultat d’un partenariat entre les membres de la TDPB, le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec et le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), est un autre exemple concret de collaboration, au sein de la filière biologique, pour stimuler le développement de la production.

Le rapport souligne que le Québec est un exemple en Amérique du Nord en matière de réglementation, de soutien à la conversion, de contrôle et de valorisation des produits biologiques. Mais malgré cela, quand on compare les aides totales accordées aux entreprises québécoises aux autres juridictions analysées dans le rapport, on ne fait pas le poids.

À titre d’exemple, le rapport note qu’un des programmes phares du gouvernement américain consiste à appuyer le maintien des superficies en production biologique par la prise en charge, depuis 2002, d’une partie des coûts de certification (National Organic Certification Cost Share Program). C’est une demande formulée par la CAPÉ pour soutenir les entreprises québécoises, unanimement soutenue au congrès de 2015 de l’UPA. Les coûts de certification représentent une dépense importante pour les petites entreprises, au point d’en décourager certaines.

En Europe, on utilise le soutien direct à l’hectare pour la conversion et le maintien. En France, pour une entreprise de « cultures annuelles » (comme les grains), l’État offre 300 euros (443 $CA) par hectare/année de conversion, et 160 euros (236 $CA) par la suite. En Allemagne, c’est 250 euros par hectare/année de conversion, et 210 par la suite. Au Danemark, 278 et 117. Ce type de mesure, souvent justifiée par la rétribution des services environnementaux, a un impact important sur le taux de conversion. Le rapport constate aussi que les budgets consacrés directement ou indirectement au développement de l’agriculture biologique sont en nette évolution dans toutes les juridictions analysées, particulièrement au regard de la recherche.

Les programmes d’assurance récolte devraient être ajustés en fonction des prix des marchés des produits biologiques. Des travaux sont en cours à La Financière agricole du Québec pour adapter ces programmes aux enjeux climatiques qui évoluent. Il faut couvrir la valeur de la récolte.

Du côté fédéral, la moindre des choses serait que le gouvernement assure les coûts de révision et de maintien des normes biologiques canadiennes, comme le font tous les pays. Celles-ci sont la propriété de l’Office des normes générales du Canada, un organisme qui relève du gouvernement canadien! Il doit aussi impérativement garantir aux consommateurs de chez nous que les produits biologiques importés respectent les exigences imposées aux entreprises d’ici.

La production biologique se démarque au Québec. Mais il ne faudrait pas, faute de soutien compétitif de la part des gouvernements, que les consommateurs soient contraints à se tourner vers les importations, alors que l’on veut améliorer notre autonomie alimentaire.