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ÉDITORIAL | Recherche agricole : un enjeu de sécurité nationale

Published on 15 May 2026 - By Martin Caron, président général

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Le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes a récemment présenté son rapport intitulé La science dans l’agriculture canadienne et la fermeture de centres de recherche.

Le rapport est sans équivoque : Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) doit faire marche arrière concernant ces fermetures, dont celle du Centre de recherche et de développement de Québec (situé à Sainte-Foy). L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) doit quant à elle renoncer à la fermeture de son laboratoire de Longueuil, responsable entre autres des analyses d’allergènes alimentaires.

Ces fermetures, annoncées dans la foulée des compressions touchant un grand nombre de ministères et d’organismes (y compris AAC – entre 11,7 % et 18,3 % des effectifs) et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (21,5 %), ont été vivement dénoncées ces derniers mois. D’une part parce que ces pourcentages sont beaucoup plus élevés que la moyenne estimée pour l’ensemble de la fonction publique fédérale (4,5 %); d’autre part parce que ces fermetures causeraient un préjudice durable aux productrices et producteurs agricoles partout au pays.

Rappelons que les compressions n’affectent pas uniquement la recherche agricole. Des inquiétudes ont aussi été exprimées quant au mandat d’inspection et de surveillance des aliments importés de l’ACIA. Des programmes d’AAC, comme Solutions agricoles pour le climat – Laboratoires vivants, qui finance actuellement deux projets au Québec, sont aussi touchés. Nous avons rapidement communiqué nos préoccupations à tous ces égards au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Heath MacDonald.

Des organisations comme l’Association canadienne des producteurs de semences, le Conseil québécois des plantes fourragères, le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), le Conseil de recherche sur les bovins de boucherie, le Conseil canadien du porc et la Fédération biologique du Canada, ainsi que plusieurs intervenants universitaires, ont indiqué aux parlementaires que les fermetures s’avéreraient désastreuses dans leurs domaines respectifs. 

À titre d’exemple, des chercheurs de l’Institut de recherche en agriculture et agroalimentaire (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue) ont confirmé une dégradation à 90 % des sols agricoles au Québec, ce qui entraîne des conséquences nuisibles sur leur rendement. Les travaux en cours sur la santé des sols et sur les plantes fourragères au Centre de recherche et de développement de Québec sont donc essentiels, non seulement pour les entreprises agricoles elles-mêmes, mais pour la souveraineté alimentaire du Canada. 

Cette conclusion est partagée par la Fédération canadienne de l’agriculture, qui a déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois que les compressions compromettent la capacité du Canada à innover, à assurer sa sécurité alimentaire et à demeurer concurrentiel. Il est clair, de notre côté, que la recherche agricole est indispensable à la productivité et à la compétitivité.

Le Syndicat de l’agriculture, qui représente des milliers d’employés dans plusieurs ministères et agences du gouvernement fédéral (dont AAC et l’ACIA), a par ailleurs rappelé que les fermetures « interrompraient les filières de recherche, détruiraient des données irremplaçables et videraient les communautés rurales de leur substance ».

L’une des recommandations les plus importantes du Comité, au-delà de surseoir aux fermetures, est que le gouvernement du Canada « reconnaisse l’industrie agricole et agroalimentaire comme étant un secteur stratégique au même titre que l’énergie sur le plan de la sécurité nationale et que la sécurité alimentaire constitue un enjeu de sécurité nationale ». Nous partageons entièrement cette analyse.