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ÉDITORIAL | Carburants et combustibles : une aide ad hoc est requise

Published on 2 October 2026 - By Martin Caron, président général de l’UPA (2021-...)

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Le conflit tarifaire entre le Canada et les États-Unis n’est pas le seul enjeu qui perturbe notre quotidien. La guerre au Moyen-Orient, déclenchée en février dernier, entraîne des conséquences économiques majeures, marquées principalement par la perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, la flambée des cours du pétrole et du gaz, ainsi qu’un regain d’inflation mondiale.

Rappelons qu’environ 25 % du commerce mondial de pétrole maritime, 20 % du gaz naturel liquéfié et 33 % des engrais mondiaux passent par ce passage maritime, ce qui en fait, selon plusieurs, le point d’étranglement énergétique le plus critique sur Terre.

Le volume de pétrole et d’autres marchandises circulant actuellement par le détroit, sept mois après le début du conflit, est difficile à évaluer. Le gouvernement américain a tendance à gonfler les données, cherchant à démontrer que les perturbations sont de moins en moins importantes. Toutefois, les experts et les données de suivi maritime indiquent que le trafic des navires commerciaux reste fortement affaibli.

Le secteur agricole est directement touché par ces bouleversements. De plus en plus de productrices et de producteurs, des deux côtés de la frontière, réclament que des gestes soient posés. Aux États-Unis, des tarifs à l’importation ont été suspendus pour certains engrais. Des regroupements agricoles et des législateurs font aussi pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il réduise les coûts du carburant en limitant ou en interdisant les exportations de diesel, afin d’augmenter l’offre intérieure.

Du côté de l’Union européenne, des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros ont été annoncés à l’intention des entreprises agricoles les plus touchées par la hausse des coûts. La France a aussi prévu une aide d’urgence pour son secteur agricole.

Au Canada, aucun soutien comparable n’est prévu, même si de plus en plus de productrices et producteurs des Prairies, de l’Ontario et des provinces de l’Atlantique demandent de l’aide sous diverses formes, qu’il s’agisse d’une remise temporaire par litre de carburant, d’une suspension encore plus longue de la taxe d’accise fédérale ou de mesures provinciales similaires.

Le milieu agricole québécois n’est pas épargné. Le prix du diesel coloré et de l’essence a augmenté d’environ 35 % depuis février dernier. Celui des engrais a, quant à lui, augmenté de 15 %. Ces écarts, s’ils sont maintenus jusqu’en février prochain, entraîneront des dépenses annuelles supplémentaires de presque 270 M$ pour les entreprises agricoles du Québec (194,1 M$ pour les carburants et combustibles, 75,3 M$ pour les engrais). C’est environ la moitié du revenu agricole net prévu par Agriculture et Agroalimentaire Canada pour 2026 (536,8 M$)!

Et c’est sans compter nos fournisseurs, qui sont aussi affectés par la hausse des coûts et qui nous transfèrent une partie de la facture. Les répercussions sont donc à la fois directes et indirectes.

Le gouvernement canadien ne peut plus attendre. La suspension de la taxe d’accise fédérale sur le carburant n’est pas spécifique au secteur agricole et ne suffit pas à combler les besoins (4 ¢ par litre de diesel). Une aide ad hoc est requise pour permettre aux productrices et aux producteurs de passer à travers cette crise.