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ÉDITORIAL | TGV : un enjeu électoral au Québec

Published on 12 June 2026 - By Martin Caron, président général

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  • Textes d’opinion

Les milieux agricole et forestier dénoncent depuis des mois le projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto en raison de la perte permanente de superficies tout au long du tracé. Rappelons que le premier tronçon Montréal-Ottawa (200 kilomètres sur 1 000), en chantier dès 2029, touchera à lui seul environ 1 700 propriétés, dont au moins 500 terres agricoles, selon Alto.

Comme je l’ai indiqué dans un récent éditorial, les enjeux de sécurité et d’accès pour les services d’urgence sont aussi mis en lumière par un nombre grandissant de municipalités des deux côtés de la frontière, tout comme l’incidence du projet sur la connectivité des écosystèmes. D’autant plus que les analyses qui ont mené au choix d’un TGV (comparativement à d’autres options) n’ont jamais été dévoilées.

Ce mécontentement généralisé a franchi une nouvelle étape avec notre événement médiatique du 8 juin à Berthierville, en présence d’universitaires et d’intervenants des fédérations régionales et spécialisées concernées, de la Fédération canadienne de l’agriculture et de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario.

Comme le mentionne l’article de La Terre de chez nous This link will open in a new window, nous avons pris à témoin le rapport d’experts de trois universitaires réputés pour illustrer les doutes qui subsistent quant à l’option retenue. Selon eux, le TGV n’est pas la seule option pour pallier le service ferroviaire inadéquat entre Québec et Toronto. Le train à grande fréquence (TGF), qui utilise des voies réservées pour les voyageurs dans les emprises existantes, offre aussi des gains intéressants en matière de fiabilité, de fréquence et de temps de parcours, et ce, à un coût moins élevé que le TGV.

Le rapport démontre aussi que la rentabilité du TGV n’a pas été démontrée, qu’il nécessitera un achalandage très élevé pour être économiquement viable (ce qui est loin d’être garanti) et que ce type de projet entraîne fréquemment des dépassements de coûts importants (exemple : Californie).

« Si l’objectif est d’améliorer le service ferroviaire actuel, le coût et les risques associés au projet de train à grande vitesse compromettent cet objectif », peut-on lire en conclusion. Cette affirmation démontre clairement que l’empressement du gouvernement canadien est mal avisé. Ce dernier doit faire marche arrière ou, à tout le moins, mettre sur pause son projet et refaire ses devoirs.

C’est d’ailleurs ce que j’ai mentionné au ministre des Transports du Canada, Steven MacKinnon, ainsi qu’à plusieurs parlementaires libéraux, bloquistes et conservateurs lors d’une récente tournée au Parlement.

Toutes les formations politiques, tant au fédéral qu’au provincial, doivent se positionner clairement. Nous en ferons même un enjeu électoral au Québec, en vue du scrutin d’octobre prochain. Les productrices et producteurs croiseront des candidates et candidats dans divers événements tout au long de l’été. N’hésitez pas à leur demander clairement leur position (et à exprimer la vôtre). Personne ne souhaite un autre Mirabel alors que tous ces milliards pourraient être utilisés à meilleur escient.

Les milieux agricole et forestier conviennent qu’une mobilité accrue entre Québec et Toronto est un objectif mobilisateur et souhaitable. Il appartient toutefois à l’État de retenir la solution la plus méritoire.

Cet éditorial est le dernier avant la pause estivale. Stéphanie Levasseur, Julien Pagé et moi vous souhaitons un très bel été!