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Portrait du secteur

  • En 2026, on compte au Québec 15 entreprises produisant uniquement des fraises biologiques, 12 entreprises produisant uniquement des framboises biologiques et 5 entreprises produisant à la fois des fraises et des framboises biologiques au Québec, pour un total de 32 entreprises. Les régions où l’on retrouve la plus grande présence de producteurs biologiques de fraises et/ou de framboises sont principalement l’Estrie, la Chaudière-Appalaches et la Montérégie.
  • Le secteur est toutefois en baisse depuis plusieurs années. En 2023, on comptait 27 producteurs de fraises biologiques et 25 producteurs de framboises biologiques au Québec, comparativement à 45 producteurs de fraises biologiques et 55 producteurs de framboises biologiques en 2017. Cette diminution témoigne d’un ralentissement important du secteur biologique, particulièrement du côté des fraises, où la production a été perturbée par différents enjeux, notamment l’inflation, les coûts de production élevés et les problèmes phytosanitaires, dont les virus qui ont détruit un bon nombre de fraisières en 2023. Du côté de la framboise biologique, la production demeure présente, notamment grâce au développement de techniques de production plus protégées, comme les systèmes sous abri, qui permettent de réduire certains risques liés aux intempéries.
  • Les producteurs de fraises et de framboises biologiques sont rarement spécialisés dans ces productions. Quatre-vingt-dix pour cent (90 %) des entreprises produisant des fraises et des framboises ont d’autres productions agricoles (légumes de champ ou en serre, petits fruits, grandes cultures ou fourrage) et 56 % des producteurs de fraises et de framboises biologiques ont un chiffre d’affaires inférieur à 100 000 $.
  • Les producteurs de fraises et de framboises certifiés biologiques cultivent principalement sur de petites superficies par rapport aux producteurs en régie conventionnelle. La superficie moyenne en production de fraises biologiques est de 1,23 hectare (ha). Ces entreprises mettent donc principalement en marché via des circuits courts. 
  • Les producteurs de fraises et de framboises du Québec utilisent en moyenne trois canaux de commercialisation qui sont l’autocueillette, la vente à la ferme et en marchés publics et la vente à des détaillants locaux. Les producteurs biologiques sont en plus très présents sur les canaux moins traditionnels, comme les marchés en ligne, les paniers biologiques (ou agriculture soutenue par la communauté [ASC]) et la vente à la ferme sur commande. Les entreprises de fraises et de framboises biologiques du Québec sont quasiment absentes des canaux de type circuits longs, tels que les grossistes et la grande distribution; ce marché étant généralement occupé par les fruits biologiques importés.
  • La pression économique causée par la hausse du salaire minimum est accentuée dans la production des petits fruits biologiques, où les travaux manuels sont importants, notamment pour le désherbage manuel. 
  • Le contrôle des insectes ravageurs (punaise terne, anthonome, drosophile à ailes tachetées, etc.) et la protection des cultures contre les maladies (moisissure grise) sont deux des principaux défis. Les besoins en recherche pour améliorer les techniques liées à la régie biologique sont nombreux. 
  • Pour les fraises et les framboises biologiques, l’écart de prix généralement accepté par les consommateurs est de l’ordre de 30 % par rapport à celui du conventionnel. Les petits fruits étant un produit niché, la plus-value pour le biologique doit être évaluée avec soin et être combinée à une stratégie marketing considérant les formats et l’image de marque du produit. Les coûts de production supérieurs ou les rendements moindres en régie biologique nécessitent un prix de vente plus élevé pour garantir la rentabilité de l’entreprise.

Pour plus de détails sur cette production, consultez le site Internet des Producteurs de fraises et framboises du Québec This link will open in a new window (APFFQ).

Consultez également le Portail Bio Québec This link will open in a new window et retrouvez-y des informations sur la production. 

Techniques de production

  • En production de fraises biologiques, les systèmes de culture varient selon les entreprises, mais la production de fraises d’été avec paillis de plastique demeure très présente. Une partie des producteurs utilise aussi la production en plein champ, en rangs nattés. Le choix du système dépend notamment du marché visé, de la main-d’œuvre disponible, de la pression des mauvaises herbes, de la capacité d’investissement et des outils disponibles pour gérer les ravageurs et les maladies.
  • En production de framboises biologiques, la production hors sol sous abri demeure dominante, puisqu’elle permet de mieux protéger les plants contre les intempéries, d’améliorer la qualité des fruits et de sécuriser une partie de la production. Ce système demande toutefois une bonne maîtrise technique, particulièrement pour la gestion de l’irrigation, de la fertilisation, du substrat et du volume de sol disponible pour les plants. 
  • Les défis techniques liés à la production biologique sont importants, principalement en phytoprotection. Les producteurs doivent composer avec une liste plus restreinte de substances permises, ce qui augmente l’importance des approches préventives, du dépistage, des outils d’aide à la décision et des stratégies physiques, culturales ou biologiques. L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) souligne d’ailleurs que les travaux concernant les petits fruits visent le développement de méthodes de lutte biologique, physique ou culturale contre plusieurs ravageurs majeurs, dont la drosophile à ailes tachetées, les acariens phytophages, la punaise terne et les hannetons.
  • La gestion des mauvaises herbes est aussi un enjeu majeur. Si quelques producteurs biologiques ne font qu’une seule année de récolte en raison de l’abondance de mauvaises herbes, beaucoup d’entre eux réussissent à obtenir deux années de production à partir des mêmes plants. Selon certains chercheurs, il faudrait allouer au site deux années de préparation pour y éliminer de façon durable les mauvaises herbes avant d’y effectuer la plantation. Le désherbage manuel est encore largement utilisé, surtout lors de l’implantation des plants et durant l’établissement des stolons, ce qui entraîne des coûts de main-d’œuvre importants. Une bonne préparation du site avant la plantation est donc essentielle afin de réduire la pression des mauvaises herbes et d’améliorer la durée de vie de la fraisière. La paille peut aussi être utilisée, mais elle doit être de bonne qualité afin d’éviter l’introduction de graines de mauvaises herbes.
  • Enjeu économique important dans la production conventionnelle, la main-d’œuvre l’est aussi pour les entreprises biologiques, parce que plusieurs opérations sont peu mécanisées, comme le désherbage et la récolte. En 2026, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail indique que le salaire minimum général au Québec est de 16,60 $/h et que les taux minimaux au rendement sont de 1,32 $/kg pour la cueillette de fraises et de 4,93 $/kg pour la cueillette de framboises. Ces données viennent appuyer l’importance de considérer les coûts de main-d’œuvre dans l’analyse de la rentabilité des systèmes biologiques.
  • La punaise terne est un ravageur important des fraises biologiques. Comme les options d’intervention sont limitées en régie biologique, plusieurs stratégies non conventionnelles sont étudiées ou utilisées, notamment les filets anti-insectes, les barrières physiques, le dépistage serré et l’utilisation d’ennemis naturels. Un projet du Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL) diffusé en 2024 a notamment évalué l’utilisation de mini-tunnels recouverts de filets anti-insectes dans la culture de la fraise, en réponse au problème de la punaise terne au Québec.
  • La drosophile à ailes tachetées est un ravageur à surveiller dans les petits fruits, particulièrement dans la culture de framboise et les productions de fin de saison. Les solutions disponibles en production biologique demeurent limitées, ce qui renforce l’importance du dépistage, de la récolte fréquente, de la gestion des fruits invendus ou tombés au sol, des filets et du développement de stratégies alternatives adaptées aux conditions québécoises. L’IRDA identifie d’ailleurs la drosophile à ailes tachetées parmi les ravageurs majeurs visés par les travaux de recherche sur les petits fruits.
  • La moisissure grise est une maladie importante dans la culture de fraises et de framboises, surtout lorsque les conditions sont humides. La prévention passe par une bonne aération du feuillage, une fertilisation équilibrée, un bon drainage, la gestion de l’humidité et, lorsque possible, la culture sous abri. Plusieurs biopesticides sont homologués et permis en production biologique contre cette maladie. Des outils comme les capteurs de spores peuvent aussi soutenir la prise de décision pour mieux cibler les interventions phytosanitaires.
  • Les maladies racinaires représentent également un défi important, puisqu’il existe peu de traitements curatifs efficaces en régie biologique. La prévention demeure donc essentielle, notamment par la rotation des cultures, la santé des sols, la préparation adéquate des parcelles, la biofumigation et, dans certains cas, la désinfection anaérobie du sol.

Pour plus de détails, se référer aux documents des Normes canadiennes sur la culture biologique This link will open in a new window. Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) rappelle aussi que les lois, les règlements et les cahiers des charges peuvent être modifiés, et qu’il faut donc se référer aux documents réglementaires à jour pour vérifier les exigences applicables à la production biologique.

Organisations et références

La Fédération biologique du Canada met à disposition des questions et réponses finales sur les interprétations This link will open in a new window et les applications liées aux exigences de la norme.

Références documentaires

Témoignages