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Portrait du secteur

  • La production de grains biologiques au Québec connaît une forte croissance depuis les 20 dernières années. En 2026, on dénombre 609 fermes produisant des grains biologiques. La production se concentre dans trois principales régions qui sont la Montérégie, le Centre-du-Québec et la région de Beauce/Côte-du-Sud. Bon nombre de producteurs pratiquent une agriculture diversifiée et ont aussi une production animale biologique (lait, viande). Les principales cultures en régie biologique sont le soya, les grains mélangés, le blé (fourrager et pour alimentation humaine), l’avoine et le maïs.
  • Les outils, les compétences techniques et l’expertise se sont développés dans les dernières années pour répondre aux besoins du mode de production biologique. Les récentes bonifications du Programme d’assurance récolte avec une adaptation à la régie biologique pour plusieurs types de cultures (foin, avoine, épeautre, maïs-grain, orge, sarrasin, soya, etc.) et la mise sur pied d’un projet pilote permettant l’accès à l’assurance récolte pour les entreprises agricoles faisant de l’autosemence pour la production biologique (avoine, blé, épeautre, orge [incluant brassicole], sarrasin, seigle, triticale, soya) ont aidé au développement de la production biologique. À cela s’ajoute une couverture d’assurance récolte collective pour lesdites « cultures émergentes » qui permet d’expérimenter de nouvelles cultures afin de diversifier les rotations. À noter qu’un projet pilote offrant des possibilités d’indemnisation basées sur le prix du marché pour le blé d’alimentation humaine et le soya cultivés sous régie biologique a vu le jour en 2022, et s’est depuis élargi à d’autres céréales (avoine, épeautre, blé d’alimentation animale, orge, sarrasin, seigle et triticale.
  • Parmi les enjeux de la production de grains biologiques, citons la cohabitation parfois difficile entre les producteurs biologiques et leurs voisins en régie conventionnelle, due aux pratiques culturales différentes (tolérance aux mauvaises herbes, présence de zones tampons, dérive de pesticides, présence d’organismes génétiquement modifiés, etc.). Le manque de données sur la production, les prix, les marchés d’exportation est également pénalisant pour le développement de la filière. Enfin, l’accessibilité limitée à des semences biologiques adaptées aux conditions de culture du Québec, les difficultés d’approvisionnement en matières fertilisantes autorisées en agriculture biologique et le manque de moyens consacrés à la recherche sont également des freins au développement.
  • La mise en marché des produits de grains biologiques est structurée de la même façon que celle des produits conventionnels. Les principaux canaux de commercialisation des grains biologiques sont le marché d’exportation, les ventes à des entreprises agricoles ou à des entreprises alimentaires d’ici, en plus de l’utilisation à la ferme de ces produits pour l’alimentation animale. Une particularité du secteur biologique est cependant la difficulté à établir des relations d’affaires stables et harmonieuses entre les acheteurs et les vendeurs. En effet, l’expectative d’un meilleur prix pour le grain ainsi que la fluctuation des marchés rendent certains agriculteurs moins enclins à signer des contrats d’approvisionnement. De leur côté, les négociants et les transformateurs, faute d’un approvisionnement sûr, restreignent le développement de leur marché ou le déploient en fonction d’un approvisionnement extérieur. La demande des transformateurs pour des grains biologiques s’est développée avec la demande des consommateurs.
  • Le principal défi reste donc d’organiser la mise en marché des produits et de développer une approche filière réseau entre les différents intervenants et les différents secteurs de la production animale biologique. En effet, les secteurs de la viande biologique et des aliments transformés biologiques sont deux importants acheteurs de grains biologiques locaux. Ces deux marchés demeurent encore peu développés au Québec. L’exportation est une avenue intéressante pour les producteurs de grains biologiques, qui doivent, contre leur gré, subir les variations imprévisibles de la demande sur les marchés internationaux. Cependant, le secteur doit composer avec la concurrence de certains joueurs internationaux qui ne sont pas soumis aux mêmes normes de qualité et de contrôle.
  • Le Syndicat des producteurs de grains biologiques du Québec This link will open in a new window (SPGBQ) compile une liste d’acheteurs This link will open in a new window ayant manifesté de l’intérêt pour l’achat de grains biologiques. Les Producteurs de grains du Québec This link will open in a new window (PGQ) mettent à disposition de l’information sur leur site Internet. L’Organic Grain Hub This link will open in a new window renferme aussi une liste d’entreprises et d’acheteurs de différents produits à travers le Canada.
  • Connaître la vraie valeur des produits : plusieurs facteurs affectent la valeur des récoltes, notamment l’indice de chute, le taux de protéines, le contenu en vomitoxines et la contamination par des organismes génétiquement modifiés (OGM). C’est pourquoi il est fortement recommandé de faire analyser ces produits dans des laboratoires afin de connaître la qualité des grains et d’être ainsi en mesure de négocier le meilleur prix possible.
  • Les producteurs de grains travaillent à l’amélioration de la mise en marché des grains biologiques et à une meilleure connaissance des prix. L’Info-prix du SPGBQ This link will open in a new window est disponible sur le site Web des PGQ. Cette page, contenant des informations par rapport aux prix des grains biologiques, est actualisée plusieurs fois par année afin que l’information soit la plus exacte possible. Quelques appels téléphoniques aux producteurs de votre réseau de contacts peuvent s’avérer très rentables et vous fournir une orientation supplémentaire lors de vos négociations de prix.

Pour plus de détails sur cette production, consultez le site Internet des Producteurs de grains du Québec This link will open in a new window. Consultez également le Portail Bio This link will open in a new window et retrouvez-y des informations sur la production.

Techniques de production

  • La conversion en régie biologique d’un site peut se faire de façon graduelle, c’est-à-dire parcelle par parcelle. Ainsi, durant la période de transition, il est possible que certaines parcelles soient en régie biologique et d’autres, en transition. Ce type de production s’appelle « production parallèle ». Toutefois, à la fin de cette période, l’exploitant doit faire la conversion totale de sa production, c’est-à-dire que toute sa production doit être sous régie biologique. Dans ce cas précis, un mode de gestion particulier est obligatoire afin d’éviter les risques de contamination. Ceci inclut une identification et la séparation physique des parcelles et des produits récoltés. Il est aussi interdit d’alterner, sur une même parcelle, la régie biologique et la régie conventionnelle.

  • Comme dans toutes les productions biologiques, il est interdit d’utiliser des produits de synthèse pour assurer la gestion des ravageurs, des maladies et des mauvaises herbes et seuls les produits répertoriés dans la liste des substances permises peuvent être utilisés en régie biologique. Un minimum de 36 mois doit s’écouler entre la dernière application de produits interdits et la première récolte en régie biologique. Cette dernière privilégie les méthodes alternatives (mécanique, thermique, biologique, etc.) et le développement des prédateurs naturels (biocontrôle).

  • Un producteur doit employer des semences biologiques. Lorsqu’une variété de semences désirée n’est pas disponible, il est possible d’utiliser une variété non biologique, non traitée, ou traitée uniquement avec des substances autorisées. Les semences génétiquement modifiées, y compris les semences issues de l’édition génomique, sont interdites en régie biologique.

  • Pour prévenir les contaminations par du matériel végétal génétiquement modifié, une zone tampon de huit mètres doit être établie lorsqu’il y a risque de contamination. Une haie ou un brise-vent végétal permanent, un brise-vent artificiel, une route permanente ou toute autre barrière physique peuvent être aménagés en lieu et place des zones tampons.

  • La régie biologique encourage la protection et l’amélioration des écosystèmes : les pratiques de gestion doivent intégrer un ou plusieurs éléments tels que des habitats pour les pollinisateurs, des bandes fleuries, des habitats fauniques, ou encore le maintien des milieux humides.

  • Un producteur doit utiliser prioritairement les déjections animales produites dans sa propre exploitation, puis celles provenant d’autres exploitations biologiques. Si cela ne suffit pas, il est possible d’utiliser celles provenant d’une exploitation non biologique, sous certaines conditions. L’épandage des déjections animales doit respecter différents critères (moment d’application, quantité appliquée, méthodes d’application).

  • Les principes entourant la production de grains biologiques ont mené au développement de techniques et de pratiques de production alternatives afin de respecter les normes et d’optimiser les conditions environnementales. Notamment avec l’usage de variétés adaptées au sol et au climat, résistantes aux maladies et aux ravageurs et la planification rigoureuse de rotations de culture et de cultures intercalaires d’espèces complémentaires incluant des légumineuses, des engrais verts et des plantes à enracinement profond.

Pour plus de détails, se référer aux Normes biologiques canadiennes This link will open in a new window, section « Productions végétales » et à la liste des substances permises.

Organisations et références

Références documentaires

Budget de production pour de grandes cultures biologiques This link will open in a new window (CRAAQ, 2025)

Étude de la rentabilité de la production de grains pour la filière boulangère This link will open in a new window (Forest Lavoie Conseil, en collaboration avec Lota D. Tamini et Philippe Leriche, Université Laval et Centre d’études sur les coûts de production en agriculture, 2023)

Les grandes cultures biologiques : des outils pour une transition réussie This link will open in a new window (CRAAQ, 2022)

De la transition à la certification biologique : tout un apprentissage This link will open in a new window! (CRAAQ, 2022)

Guide de désherbage en grandes cultures biologiques This link will open in a new window (CRAAQ) : ces guides présentent des fiches techniques sur les équipements, les séquences de passage et les ajustements à faire pour réussir le contrôle des mauvaises herbes en grandes cultures bio.

Guide de production biologique des grandes cultures This link will open in a new window (Canadian organic growers et le CRAAQ, 2019)

Guide pour la production en régie biologique et conventionnelle du chanvre industriel This link will open in a new window (CRAAQ, 2018)

Le Réseau de fermes témoins biologiques This link will open in a new window : projet pilote du CETAB+, de 2021 à 2023 proposant une vitrine afin d’initier à l’agriculture biologique des producteurs conventionnels envisageant la transition bio. Les enregistrements des activités et des transferts de connaissances demeurent disponibles.

Témoignages

« Le contrôle des mauvaises herbes représente le principal défi en grandes cultures biologiques. Le dépistage des mauvaises herbes aux champs est extrêmement important. Il est primordial d’effectuer un bon suivi et de travailler avec le peigne, la houe ou le sarcleur au bon moment. »

« Visiter des gens qui y croient et qui ont du succès, se former en suivant des cours, s’impliquer et se tisser un réseau de gens avec lesquels on peut échanger. Les agriculteurs biologiques sont très généreux de leur temps. »

— Guy Gauthier, Ferme Belvache

« À l’hiver 2000, lors d’une journée INPACQ sur les grandes cultures, un témoignage d’un producteur biologique a été l’élément déclencheur du début de ma transition biologique. Au printemps 2000, je débute très inquiet avec 40 hectares d’autres superficies s’ajoutent les années suivantes. Les premières années sont pleines d’inquiétudes et de remise en question. Il faut apprendre à délaisser certains réflexes. Mes récoltes de 2004 m’apportent finalement une certaine assurance qui m’encourage à poursuivre dans ma transition bio. J’ai reçu beaucoup de visiteurs depuis mes débuts et j’en reçois encore. Certains ont des projets de transition, d’autres sont en cours de conversion. Ils viennent faire des tours de batteuse pour comparer leurs champs. J’ai beaucoup de questions de leur part concernant le choix de mes cultures, le contrôle des mauvaises herbes, le marché pour mes récoltes, etc. Lors de ces discussions, je revis toute la montagne d’inquiétudes et de questionnements vécus à mes débuts. Je me rends compte que nous avons trouvé notre recette pour réussir ».

— Pierre Labonté, Ferme Vallée de la bonté

La Ferme Germanie face aux défis de l’agriculture bio This link will open in a new window (La Nouvelle union, 2020)

Pour une transition biologique bien planifiée This link will open in a new window (La Terre de chez nous, 2019)