3 questions en 3 minutes
Avec Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec
Dans le cadre de l’Année internationale des agricultrices proclamée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), nous sommes allés à la rencontre d’une administratrice de l’UPA pour discuter de cette année thématique. Découvrez l’entrevue ci-dessous.
Vous êtes impliquée dans différentes organisations depuis plusieurs années en tant qu’administratrice et présidente. Vous étiez d’ailleurs très jeune au début de votre implication! Y a-t-il eu dans votre parcours des défis particuliers auxquels vous avez dû faire face en tant que jeune femme?
« Oui, j’ai commencé à m’impliquer au début de la vingtaine. J’étais jeune, puis un peu naïve aussi! Je ne savais pas trop ce qui m’attendait, mais je voulais faire une différence, alors j’ai foncé. Encore aujourd’hui, il m’arrive d’être en rencontre, de regarder autour de la table et de réaliser que je suis la seule femme.
Et même après tous les postes que j’ai occupés, ça demeure parfois un défi. Ça prend toujours du courage pour intervenir, parce que certains hommes parlent autour de la table comme si je n’étais pas là. Dans ces moments-là, je dois me faire confiance et prendre ma place. En 2026, cette différence existe encore. Elle est souvent subtile, mais on la ressent quand même. »
Qu’est-ce qui vous a incitée à vous impliquer autant? Quels ont été vos modèles?
« Depuis que je suis petite, j’ai toujours eu envie de dénoncer les injustices. Mes parents, qui sont agriculteurs, se sont impliqués à certains moments, mais mon engagement vient surtout de moi. Quand je suis arrivée à la Fédération de la relève agricole du Québec, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont inspirée. Un conseil m’est resté : devenir mon propre modèle. C’est ce que j’ai essayé de faire. Aujourd’hui, je continue de m’impliquer parce que de jeunes agricultrices me disent que je les inspire. Ça me pousse à continuer, à briser les préjugés et à montrer que les femmes ont pleinement leur place au sein du syndicalisme agricole. »
C’est quoi le petit plus que les femmes apportent dans l'agriculture? Faut-il avoir une personnalité particulière pour se faire entendre dans ce milieu qui est encore assez masculin?
« Je pense que les femmes apportent souvent un souci du détail différent. Elles prennent le temps d’analyser les problèmes autrement et, bien souvent, elles sont plus posées. On dit parfois qu’on pense trop, mais moi, je dirais plutôt qu’on est réfléchies et raisonnées. L’important, c’est de voir qu’on est complémentaires.
Que l’on soit un homme ou une femme, pour s’impliquer, il faut quand même être fait fort, parce que ça reste de la politique. Il faut avoir un minimum de caractère et de détermination. Et surtout, je pense que c’est précieux de s’entourer de gens qui croient en nous! »