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Changements climatiques : à la croisée des chemins

Publié le 11 novembre 2022 - Écrit par Martin Caron, président général

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  • Textes d’opinion

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a utilisé des mots très durs devant les quelque 100 chefs d’État réunis à la COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte : « L’humanité a un choix : coopérer ou périr. C’est soit un Pacte de solidarité climatique, soit un Pacte de suicide collectif ». Ses paroles ont toutefois le mérite d’être claires.

Les engagements actuels des pays ne permettront pas d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris (2015), c’est-à-dire limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à 2 °C. En fait, une augmentation de 2,8 °C devient de plus en plus probable si rien ne change. Un tel scénario serait désastreux pour l’agriculture et les systèmes alimentaires mondiaux, déjà durement affectés.

Cet aspect occupera d’ailleurs une très large part des discussions pendant l’événement, auquel participeront activement des représentants d’UPA Développement international et de la Coalition Nourrir l’humanité durablement. À l’heure actuelle, seulement 3 % des financements publics pour le climat sont dévolus à l’agriculture et à l’alimentation même si, comme le soulignait récemment le quotidien Le Monde, le secteur agricole est « un levier majeur pour espérer respecter l’objectif de l’accord de Paris ». Cette analyse est partagée par les agricultrices et les agriculteurs du Québec, très engagés au regard de l’agroenvironnement, des pratiques durables et d’un financement accru en ces matières.

M. Guterres a notamment appelé la Chine et les États-Unis, les deux plus grands pollueurs mondiaux, à assumer leur responsabilité particulière. Il est clair que ces deux géants doivent en faire plus, mais l’effort devra être planétaire si l’on souhaite éviter les effets les plus dévastateurs des changements climatiques. À la tête de la délégation canadienne dans le cadre de la Conférence, le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, souhaite mettre de l’avant son Plan de réduction des émissions pour 2030, dévoilé en mars dernier. Cette « feuille de route » visant à réduire les émissions canadiennes et à atteindre la carboneutralité prévoit des investissements additionnels de 1,05 G$, au cours des prochaines années, pour l’adoption de pratiques agricoles encore plus écologiques.

Ce montant ne permettra toutefois pas de combler les besoins. Jusqu’à tout récemment, environ 25 % du soutien aux agriculteurs américains prenait la forme d’une aide directe aux initiatives agroenvironnementales (environ 1 % de leurs recettes monétaires agricoles). L’Inflation Reduction Act, adopté en août dernier pour appuyer la lutte contre les changements climatiques, doublera ce soutien pour la période 2023-2026. Une aide équivalente au Canada nécessiterait, toutes proportions gardées, un investissement additionnel de 1,5 G$ par année (et non 1,05 G$ sur plusieurs, comme le prévoit le Plan canadien). On a donc beaucoup de chemin à faire.

Dans son Énoncé économique de l’automne 2022, la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, souligne que le Canada doit stimuler l’investissement dans des secteurs comme l’énergie, les véhicules électriques et l’agriculture. « Compte tenu de l’Inflation Reduction Act des États-Unis, des mesures importantes devront être prises pour que le Canada reste compétitif en Amérique du Nord et à l’échelle internationale », peut-on lire dans l’Énoncé. Les besoins sont donc, à tout le moins, identifiés noir sur blanc.

Les attentes pour ce type de mise à jour ne sont jamais aussi élevées que pour un véritable discours du budget. Son rôle est de faire le point sur la situation économique et financière du pays, et non d’annoncer des investissements massifs pour l’année financière en cours. Espérons toutefois que les paroles de Mme Freeland soient précurseurs de bonnes nouvelles, y compris dans la recherche et l’innovation. Nous serons donc très attentifs le printemps prochain, car comme le mentionnait M. Guterres, « le climat est la question déterminante de notre temps, et il serait inacceptable, scandaleux et autodestructeur de la reléguer au second plan ». Or, nos entreprises agricoles et forestières font partie de la solution au chapitre du développement durable de nos communautés d’aujourd’hui et de demain.

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