Le dernier budget provincial est décevant. La plupart des pays développés utilisent 2 % de leur budget pour stimuler leur agriculture. Chez nous, cet effort n’est que de 0,6 %.
Québec vient de couper 53,3 millions $ du budget du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Le gouvernement dit pourtant souhaiter une plus grande autonomie en cette ère de guerre commerciale et plus de sécurité alimentaire pour sa population. Il est grand temps de le démontrer en investissant plus que des « pinottes » dans de meilleurs programmes et dans les projets des producteurs.
La moyenne d’âge des producteurs est de 55 ans, en hausse constante. Pour maintenir un bon nombre de fermes, partout sur le territoire que l’on souhaite dynamique, il manque un vrai programme pour stimuler la relève.
Les dernières annonces ont malheureusement créé beaucoup d’insatisfaction. AgroPerformence a été épuisé en 6 minutes. L’inscription au programme de rétribution des bonnes pratiques en agroenvironnement a duré 2 jours. Puis, la taxe carbone ne sera remboursée qu’à un petit groupe de producteurs seulement.
Gouverner par improvisation, influencé par une méconnaissance des réels besoins du milieu ne peut pas durer plus longtemps sans détruire les bases de notre système alimentaire. Le Québec devra se donner une vision inspirée et mobilisatrice.
Le Québec mérite mieux
Ce que le milieu agricole retiendra de ce mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ) est la promesse ratée de diminuer la paperasse. Nous avons plutôt assisté à une multiplication de nouvelles exigences. Par exemple, les nouvelles normes de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour les logements des travailleurs temporaires. Le fédéral n’a pas réglé grand-chose non plus depuis la réélection des libéraux. Les différends entre les deux paliers doivent se régler plus efficacement.
Notons tout de même le dépôt le 25 février du projet de règlement sur les pratiques agroenvironnementales (RPEA). La plupart des 106 articles répondent à des demandes de longue date. Quelques détails méritent toutefois une modification. L’UPA y travaille. Pour le reste, il faudra encore nous retrousser les manches pour rappeler aux décideurs que manger trois fois par jour demeure à la base d’une économie résiliente.
Michel Brien, producteur de lait et de foin de commerce à Racine
président de la Fédération de l'UPA-Estrie