Il y a vraiment longtemps que l’Union des producteurs agricoles demandait la mise en place d’un programme de financement simple qui laissait une grande latitude aux producteurs et productrices agricoles dans le choix de l’équipement qu’ils acquièrent pour le bien de leur entreprise.
Nous n’avons pas fait fausse route dans nos demandes puisque le programme Agroperformance, d’abord disponible pour les régions périphériques le 10 décembre, et pour tout le Québec le 12 janvier, a épuisé ses fonds en quelques minutes seulement. Sur la page Web du MAPAQ, nous pouvons lire depuis le 12 janvier à 9 h 06, soit 6 minutes après l’ouverture du programme à l’ensemble du Québec : « En raison d’un engouement exceptionnel, l’Initiative ministérielle Agroperformance est maintenant fermée et aucune nouvelle demande ne sera acceptée. Les demandes reçues durant la période d’ouverture seront traitées par ordre chronologique (premier arrivé, premier servi), jusqu’à épuisement de l’enveloppe budgétaire. »
D’abord, je n’ai pas été surpris par l’engouement. Nous savons que les besoins des producteurs sont immenses, surtout dans l’équipement technologique alors que cela évolue très rapidement et que ces outils coûtent souvent cher. Si nous souhaitons que notre agriculture demeure compétitive, nous n’avons pas le choix d’investir en technologie.
Or, les producteurs doivent vraiment bien cibler leurs investissements, car leur marge de manœuvre est de plus en plus mince. Rappelons-le, Agriculture et Agroalimentaire Canada prévoyait un revenu net négatif en 2025 pour les producteurs du Québec. Dans ce contexte, comment se surprendre qu’une grande partie des producteurs était devant leur ordinateur le 10 décembre et le 12 janvier en espérant être assez rapides pour avoir accès à la subvention? Nous pouvons féliciter le MAPAQ d’avoir très bien identifié le besoin. De plus, les employés du MAPAQ régional semblent avoir très bien accompagnés les producteurs d’ici pour appliquer au programme.
Par contre, ce qui manque cruellement à ce programme (et plus largement à nos politiques agricoles), ce sont les moyens financiers à la hauteur des besoins. Avec seulement 30 millions de dollars (M$) pour le programme, dont seulement 9 M$ proviennent du fonds vert, et une aide maximale de 50 000 $ par projet, le gouvernement du Québec était loin de répondre aux besoins des producteurs. C’est très peu pour vraiment aider la productivité et la rentabilité de l’agriculture.
Je peux concevoir qu’il y a des budgets à respecter, mais quand nous savons que les producteurs ont payé des centaines de millions de dollars en tarification carbone et que très peu de cet argent est revenu à l’agriculture, il aurait fallu qu’un montant plus important soit investi pour rendre nos fermes plus performantes. Parce qu’au final, la rentabilité et la résilience des fermes sont la seule façon d’atteindre l’autonomie alimentaire.
Merci à tous et toutes!