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ÉDITORIAL | Il faut faire preuve de discernement

Published on 30 October 2026 - By Martin Caron, président général de l’UPA (2021-...)

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Les propos du premier ministre Paul Saint-Pierre Plamondon sur le bien-être animal, le 21 octobre dernier à l’Assemblée nationale du Québec, ne sont pas passés inaperçus.

Outre la tarification du carbone, la lourdeur réglementaire, la protection du territoire agricole et la relève, M. Plamondon a abordé le sujet lors de l’assermentation du nouveau ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Bernard Sévigny. « Il y a une volonté au sein du Parti Québécois de se pencher sur les standards dans le domaine de l’agriculture, au niveau du bien-être et de la manière dont on traite les animaux. Vous aurez ce mandat-là, prioritaire », a-t-il mentionné.

Des productrices et des producteurs, dans les médias et sur les réseaux sociaux, se sont dits surpris par cette décision. D’abord, parce que l’enjeu ne fait pas partie de la plateforme électorale. Il est donc étonnant d’en faire l’une des quatre ou cinq grandes priorités agricoles du gouvernement. On salue le travail des productrices et producteurs, mais sans reconnaître leur professionnalisme, malgré les heures et même les nuits passées à prendre soin de leurs animaux.

Ensuite, parce que les interventions du Parti Québécois, ces dernières années, ne se limitaient pas aux animaux d’élevage. Le respect du bien-être des animaux de compagnie était aussi une préoccupation. Cibler aussi directement l’agriculture, comme semble le faire M. Plamondon, est un choix qui ne laisse personne indifférent.

Nous aurons l’occasion d’en discuter très prochainement avec M. Sévigny. Nous lui rappellerons que les éleveurs québécois ont à cœur le bien-être de leurs troupeaux et les soignent au quotidien avec bienveillance. L’élaboration des codes de pratique, sous l’égide du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage, réunit des intervenants de l’industrie ainsi que des groupes voués au bien-être des animaux, à la réglementation de leur protection, à la pratique vétérinaire et à la recherche universitaire.

Cette approche concertée, en plus de mettre en commun les expertises et de contrer un certain phénomène d’anthropomorphisme (attribution aux animaux de réactions et de sentiments propres aux êtres humains), est unique au monde et mérite d’être soulignée.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec encadre aussi le bien-être animal par l’entremise de la Stratégie québécoise de santé et de bien-être des animaux, pilotée par un comité de partenaires diversifiés (vétérinaires, industrie, protection animale). Toute situation inacceptable peut également être signalée en tout temps aux services d’inspection du ministère.

Ajoutons que des milliards de dollars ont été investis, ces dernières années, pour adapter les installations (volailles, porcs, bovins laitiers, etc.). Le gouvernement du Québec devra être au rendez-vous en matière de financement compétitif pour les investissements à venir (avec une attention particulière pour les plus petites entreprises).

L’idée n’est pas de défendre l’indéfendable. Maltraiter un animal, peu importe les circonstances, est un geste inacceptable et doit être fortement réprimandé. Cela dit, on compte une vingtaine de manquements par année (souvent très subjectifs) sur environ 15 000 fermes d’élevage au Québec (43,8 millions d’animaux). Il est donc question de 0,13 % des entreprises. Il faut faire preuve de discernement.