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ÉDITORIAL | Il faut voir grand et à long terme

Published on 23 October 2026 - By Martin Caron, président général de l’UPA (2021-...)

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L’assermentation du Conseil des ministres s’est tenue le 21 octobre. Sur place, j’ai félicité le député de Richmond, Bernard Sévigny, pour sa nomination à titre de ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, a indiqué que ce ministère est une question de sécurité publique et d’économie. Il a ajouté que son nouveau ministre, étant issu du milieu municipal, serait en mesure de faire le lien entre les productrices et producteurs, le gouvernement et les villes. Il peut compter sur notre appui à cet égard.

L’événement ne se prêtait pas à de très longues discussions, mais j’ai tout de même rappelé à M. Sévigny que les entreprises agricoles et forestières sont des actifs stratégiques pour le Québec et que leur pérennité est essentielle à l’autonomie et à la sécurité alimentaire de la collectivité. J’ai aussi indiqué qu’il est impératif de consolider cette contribution, surtout dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et l’instabilité des marchés.

Nous devrons nous assurer que les engagements agricoles et forestiers du Parti Québécois s’arriment avec les priorités des productrices et producteurs. À titre d’exemple, rappelons que plusieurs gouvernements ont promis de protéger les terres et les activités agricoles. Cela n’a pas empêché la perte de 17 200 hectares agricoles ces dix dernières années (exclusions et utilisations non agricoles). « On veut pas le savoir, on veut le voir », comme disait l’humoriste Yvon Deschamps.

Nous devrons aussi insister sur des actions gouvernementales axées sur le développement. Le rôle d’un gouvernement n’est pas uniquement de répondre aux urgences et d’éteindre des feux. À titre d’exemple, le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d’érable, et plus de 70 % de la production nord-américaine est au Québec. Le secteur acéricole de la province n’a toutefois pas atteint son plein potentiel. Québec doit investir davantage, surtout dans un contexte de forte demande mondiale. D’autres secteurs et régions affichent aussi des possibilités de croissance énormes.

Nos actions et nos représentations nous amènent à côtoyer plusieurs autres ministres. Je pense notamment au ministre des Finances, Nicolas Marceau. Nous ne répéterons jamais assez que les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à leur agriculture, alors que ce soutien, tant à Québec qu’à Ottawa, n’atteint même pas 1 %. Un rattrapage doit être amorcé immédiatement.

Je fais aussi référence à la vice-première ministre et ministre de l’Immigration, Catherine Gentilcore; au ministre des Affaires municipales et ministre des Transports et de la Mobilité durable, Nicolas Girard; au ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie, Stéphane Paquet; au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Mathieu Lebrun; au ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Protection de la biodiversité, de la Faune et des Parcs, Jean Pellerin; à la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Natalie Bisaillon, et au ministre responsable des régions et de l’occupation du territoire, Meggie Richard. Nous leur offrons notre pleine et entière collaboration.

On a beaucoup entendu, ces dernières semaines, que la durée de vie moyenne d’un gouvernement minoritaire est de 18 à 24 mois. Cette probabilité, qui se réalisera ou non, n’exercera aucune influence sur nos attentes et nos ambitions. Il faut voir grand et à long terme.