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ÉDITORIAL | Bonne nouvelle pour la diversification

Publié le 23 janvier 2026 - Écrit par Martin Caron, président général

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Le 16 janvier dernier, le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé la conclusion d’un accord commercial préliminaire avec la Chine prévoyant des mesures visant à éliminer les barrières commerciales et à réduire les droits de douane. Il s’agissait de la première visite d’un premier ministre canadien depuis 2017.

L’accord prévoit que la Chine diminuera ses tarifs douaniers (combinés) sur les graines de canola de 85 % à 15 % d’ici le 1er mars et abandonnera ceux sur la farine de canola, le homard, le crabe et les pois à compter de cette date, en échange d’une ouverture du marché canadien à un nombre restreint de véhicules électriques chinois.

Soulignons que cet « échange » témoigne (enfin) de l’importance du secteur agroalimentaire au pays, qui représente cinq fois plus de retombées que le secteur automobile.

Selon des données préliminaires, les exportations canadiennes de canola seraient passées de 4,9 G$ en 2024 à environ la moitié en 2025, en raison des contre-tarifs chinois. Leur diminution est donc une bonne nouvelle pour ce secteur, plus particulièrement dans l’Ouest du pays.

La production de canola est plus modeste au Québec. Cette céréale est toutefois une option intéressante pour des régions comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent, où le climat se prête moins à la production de maïs et de soya. Les superficies de canola ont d’ailleurs fortement diminué au Québec l’an dernier, fragilisant non seulement les revenus, mais aussi la stabilité de l’ensemble de la filière. L’entente est donc une bonne nouvelle chez nous aussi.

L’huile de canola et le porc sont encore frappés par des droits de douane de 100 % et de 25 % respectivement. La Chine ne représente pas un marché majeur pour le secteur porcin au pays (exportations de 314 M$ sur un total de 4,8 G$ en 2025). Il est toutefois stratégique, car il permet d’écouler des parties du porc qui ne sont pas consommées chez nous, comme la tête, les pattes, le foie, etc. (communément appelées le cinquième quartile).

Selon le Conseil canadien du porc, les volumes exportés en Chine ont diminué d’environ 11 % à 12 % ces neuf derniers mois en raison des tarifs. Le secteur porcin voit donc l’entente comme une ouverture intéressante entre les deux pays, après plusieurs années de tensions. Cette reprise du dialogue pourra éventuellement, espérons-le, mener à des discussions ciblées et à une entente équitable pour les produits porcins québécois et canadiens.

Mentionnons que la Chine rouvrira également sa frontière au bœuf canadien pour la première fois depuis 2021, selon le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada, Heath MacDonald, et l’Association canadienne des bovins.

La Chine ne représente qu’environ 3 % des exportations agroalimentaires québécoises. Les tensions commerciales avec les États-Unis (71 %), plus fortes et imprévisibles que jamais, militent toutefois dans le sens d’une diversification importante de nos marchés. Il faut donc saluer l’entente du 16 janvier, même si la priorité à court terme est le maintien de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, et espérer d’autres annonces établissant (ou rétablissant, selon le cas) des débouchés intéressants pour nos produits sur les marchés internationaux.