La semaine dernière, les administrateurs de la Fédération de l’UPA de la Mauricie réunis en conseil d’administration ont adopté une position claire concernant le projet de train à grande vitesse (TGV) porté par Alto. L’organisation s’oppose ainsi à la réalisation du projet en zone agricole sur le territoire de la région.
L’UPA Mauricie n’est pas opposée au développement d’un train à grande vitesse, mais refuse que sa mise en œuvre se fasse au détriment du territoire agricole et entraîne une perte de superficies productives. Le territoire agricole constitue un levier stratégique pour la sécurité alimentaire, l’économie régionale et l’occupation dynamique du territoire. Sa protection doit demeurer une priorité.
Environ 75 hectares perdus en 2024-2025
Au cours des dernières années, les terres agricoles ont été sollicitées par de nombreux projets d’infrastructures. Certains sont très visibles ou médiatisés, comme le parc éolien de TES Canada ou encore le projet de renforcement du réseau de transport d’électricité à 735 kV dans l’axe Vallée-du-Saint-Laurent. À cela s’ajoutent d’autres demandes d’autorisation à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) : en Mauricie seulement, près d’une centaine de demandes d’usage non agricole sont traitées annuellement. Uniquement en 2024-2025, près de 75 hectares ont été retranchés de la zone agricole. Ces pressions répétées ont des effets cumulatifs importants sur l’intégrité et la viabilité des entreprises agricoles.
Malgré son opposition à toute implantation du TGV en zone agricole, l’UPA Mauricie continuera de participer aux discussions avec Alto afin de faire valoir les impacts potentiels pour les fermes de la région.
« Il est essentiel que nous soyons présents aux tables de discussion pour porter la voix des producteurs agricoles. Nous avons la responsabilité de rappeler l’importance de préserver l’intégrité de nos terres et de documenter concrètement les impacts qu’un tel projet pourrait avoir sur les entreprises agricoles », affirme Martin Marcouiller, président de l’UPA Mauricie.
L’UPA Mauricie inquiète du projet de loi C-15
Par ailleurs, l’UPA Mauricie, comme les autres fédérations régionales concernées, dénonce les dispositions du projet de loi fédéral C-15 qui modifient le cadre applicable à certaines infrastructures d’intérêt national, dont le projet de TGV. Les changements proposés au régime d’expropriation visent notamment à simplifier et accélérer les procédures et pourraient réduire certaines garanties procédurales offertes aux propriétaires fonciers, notamment en ce qui concerne les étapes préalables à l’expropriation et les possibilités de recours. L’organisation estime qu’aucun projet d’infrastructure ne devrait bénéficier d’un traitement qui affaiblirait la protection du territoire agricole et les droits des producteurs.