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La protection de nos terres

Soutenir notre agriculture passe par la protection de nos terres agricoles. Celles-ci sont essentielles à la production d’aliments et directement reliées à notre autonomie alimentaire. Il s’agit d’une ressource précieuse et non renouvelable. Au Québec, elles représentent à peine 2 % de notre territoire, il est donc essentiel de les conserver et de les protéger avec soin. Pourtant, chaque année, des terres agricoles sont sacrifiées au profit de l’étalement urbain, de divers projets industriels et de la spéculation. Voyons ce qu’il en est exactement.

Une ressource rare, précieuse et non renouvelable

Toutes les terres ne sont pas cultivables! Et il faut jusqu’à 1 000 ans pour régénérer deux à trois centimètres de sol fertile. D’ailleurs, travailler une terre agricole demande beaucoup d’efforts échelonnés sur de nombreuses années. On ne change donc pas la vocation d’une terre agricole sans conséquence. Et, lorsqu’on le fait, il faut savoir qu’on ne peut plus revenir en arrière.

Zone agricole et zone cultivable

La superficie de terres arables, propices à l’agriculture, est une ressource très limitée, mais combien indispensable. Au Québec, moins de 5 % de notre territoire est situé en zone agricole, dont une grande partie est inexploitable parce qu’on y retrouve :

  • Des lacs, des cours d’eau, des milieux humides, des boisés, des surfaces rocheuses ou des sablières;
  • Des commerces et des industries;
  • Des lignes de transport d’électricité, de gaz, de pétrole;
  • Des routes (une autoroute occupe jusqu’à 12 hectares par kilomètre);
  • Des résidences.

Des terres fortement convoitées

Malgré leur rareté, les terres agricoles québécoises sont soumises à une pression croissante et sont très convoitées. En fait, depuis 1992, le Québec perd en moyenne 6 340 hectares par année, soit l’équivalent du territoire de l’île de Montréal tous les huit ans. Ces pertes se font au profit de l’urbanisation et d’usages non agricoles, notamment résidentiels, commerciaux et industriels. Ce sont d’ailleurs les meilleures terres agricoles, concentrées dans la partie la plus densément peuplée de la plaine du Saint-Laurent, qui subissent de fortes pressions.

Une loi indispensable

La Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles a été adoptée en 1978 pour :

  • Freiner l’étalement urbain vers les meilleures terres;
  • Réduire la spéculation sur les terres propres à l’activité agricole;
  • Assurer l’équilibre entre la préservation du territoire et le développement des collectivités;
  • Préserver une ressource indispensable pour les générations futures.

Cette loi protège une partie importante du sud du Québec, là où les terres possèdent le plus grand potentiel agronomique. Toute utilisation non agricole de cette zone doit systématiquement être approuvée par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), organisme qui protège la pérennité du territoire agricole québécois. Sans être parfaite, cette loi a permis de ralentir la pression liée à l’urbanisation et de protéger le garde-manger des Québécois.

La pression de la spéculation

Malgré la création de la CPTAQ, les bonnes terres cultivables ne sont pas à l’abri de la spéculation foncière, ce qui les rend plus difficiles d’accès pour les jeunes agriculteurs de la relève. Au cours des dernières années, les achats d’importantes superficies agricoles par des sociétés d’investissement (caisses de retraite, fonds fonciers, grandes fortunes) se sont multipliés. Le secteur immobilier est aussi très actif et présente souvent des projets qui nécessitent le dézonage de terres agricoles.

Des terres de moins en moins accessibles

Sans surprise, la pression exercée sur les terres agricoles a un effet direct sur leur valeur commerciale. Au cours des dix dernières années, les prix ont augmenté de 11 % chaque année selon Financement agricole Canada. Les producteurs agricoles doivent donc s’endetter de plus en plus pour acquérir les terres disponibles; des terres dont la valeur marchande est complètement dissociée de leur rendement agricole. Quant à la relève, elle ne peut tout simplement pas soutenir cette concurrence lorsque vient le temps de s’établir.