3 questions en 3 minutes
Avec Stéphanie Levasseur, 1re vice-présidente de l’Union
Dans le cadre de l’Année internationale des agricultrices proclamée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), nous sommes allés à la rencontre d’une administratrices de l’UPA pour discuter de cette année thématique. Découvrez l’entrevue ci-dessous.
Pourquoi est-ce important de souligner l’Année internationale des agricultrices?
« C’est important d’en parler parce que les femmes jouent un rôle très actif sur les fermes, et elles font beaucoup de travail invisible. C’est souvent grâce à ce qu’elles font dans l’ombre, la fameuse charge mentale, que l’entreprise peut continuer à rouler et que la famille fonctionne! Et en plus, elles s’impliquent à la ferme en faisant une partie des tâches. Ça fait beaucoup.
Les gens ne voient pas à quel point il y a des femmes impliquées en agriculture. Il y a encore cette conception que c’est un monde de gars, mais ce n’est pas rare de voir des filles qui opèrent de la machinerie et qui font la même chose que les hommes. »
Les femmes en agriculture et celles qui s’impliquent dans les syndicats rencontrent-elles des défis particuliers?
« On pense qu’on a évolué et c’est vrai, mais jusqu’à un certain point. Les gars de machinerie qui viennent à ma ferme pour réparer des trucs, c’est mon chum qu’ils vont voir, pas moi, alors qu’il n’est pas partenaire d’affaires! C’est lui qu’ils vont regarder pour expliquer les choses, comme si je ne comprenais pas de quoi ils parlent. Je le vois encore parfois, ce préjugé que les femmes sont moins compétentes avec l’aspect technique. C’est long à déboulonner, les préjugés, mais on voit que ça change avec la présence des femmes de plus en plus grande et la mixité des genres dans notre milieu qui était à la base, très traditionnel.
Au niveau des syndicats, ce sont encore un peu des boys clubs, et ça manque un peu de mixité parfois. Mais je dois avouer qu’au cours de mon parcours, je n’ai pas senti beaucoup de résistance. J’ai été impliquée rapidement dans les syndicats quand je suis retournée sur la ferme de mes parents il y a 25 ans, et j’ai été présidente de la Fédération des producteurs de pommes pendant huit ans. Les gars étaient bien fiers de dire qu’ils avaient une présidente à la tête de leur fédération! Ça m’a toujours paru comme étant très positif et je vois que ça évolue. »
Quelle a été la contribution des femmes en agriculture dans votre histoire familiale?
« Dans ma famille, c’est assez récent qu’on fait de l’agriculture. Mes parents voulaient une maison à la campagne et ils en ont acheté une qui avait un verger. Mon père a aimé ça, et il est devenu producteur de pommes. Il était le seul gars avec des femmes, soit ma mère, ma sœur et moi. Quand on a commencé la cidrerie, notre maître de chai (endroit où on fabrique l’alcool), c’était une femme! On a même eu un prix, dans les années 1990, du journal Les Affaires pour l’implication des femmes dans notre entreprise.
Je ne sais pas si je peux généraliser, mais je crois qu’on communique peut-être plus, entre femmes. On se dit beaucoup les choses et je pense que parfois, ça nous permet de mettre les projets en œuvre plus rapidement. »