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Les changements climatiques

L’agriculture est l’un des secteurs les plus touchés par les changements du climat. Au Québec, les producteurs en subissent déjà les effets et travaillent avec les experts pour mieux s’y préparer. Mais saviez-vous que l’agriculture et la foresterie peuvent aussi faire partie de la solution pour la lutte aux changements climatiques?

Les agriculteurs aux premières loges

Le secteur agricole est particulièrement sensible aux effets du changement climatique, qui ont et auront au cours des prochaines années des conséquences directes majeures sur l’ensemble des productions et des filières agricoles. Les producteurs du Québec en subissent déjà des effets majeurs et préoccupants. Voilà pourquoi…

Les fruits et les légumes auront de plus en plus soif

  • À l’horizon 2050, les températures estivales seront plus chaudes et les plantes transpireront davantage. Les besoins en eau des fruits et légumes seront encore plus importants.
  • L’irrigation étant essentielle à plusieurs cultures horticoles (laitues, fraises, pommes de terre, etc.), les producteurs auront plus que jamais besoin d’avoir accès à l’eau pour produire des aliments de qualité.
  • La quantité de pluie qui tombera sur le Québec devrait demeurer similaire, mais elle sera plus imprévisible. On s’attend à recevoir des précipitations plus intenses et localisées, fréquemment sous forme de cellules orageuses, avec les risques d’impacts que l’on connaît sur nos cultures.

Les bibittes vont se multiplier

  • Les changements climatiques offriront des conditions favorables au développement des ravageurs des cultures.
  • Des températures plus chaudes tout au long de l’année faciliteront non seulement la survie des ravageurs, mais accéléreront aussi leur vitesse de reproduction.
  • Les conditions hivernales plus clémentes ouvriront la porte à l’arrivée de nouveaux ravageurs en provenance de nos voisins du Sud.

Les animaux auront plus chaud

  • Au Québec, d’ici 2050, on s’attend à une augmentation du nombre de jours (8 à 20) pendant lesquels la température sera supérieure à 30°C.
  • Tout comme les humains, les animaux sont affectés par la chaleur. Le réchauffement climatique risque d’avoir un impact concret sur les élevages avec d’importantes conséquences, notamment sur la productivité et la reproduction. Pour faire face à ce défi, les producteurs devront ajuster leurs bâtiments d’élevage et certaines de leurs pratiques, afin d’assurer le confort et le bien-être de leurs animaux.

La neige, une alliée qui s’estompera

  • On anticipe en 2050 une diminution de l’épaisseur de neige (entre 20 % et 45 %) et une durée d’enneigement réduite de 32 à 50 jours, selon l’endroit où l’on se trouve au Québec.
  • Plusieurs Québécois seront ravis de voir les hivers devenir graduellement plus doux, mais pour les producteurs, la réalité est bien différente! La diminution de l’épaisseur de neige, les redoux hivernaux, les précipitations sous forme de pluie pourraient endommager les belles prairies et les plantes de couverture semées à l’automne pour protéger le sol.

Les experts et les producteurs d’ici en action

  • Pour pallier les enjeux de consommation d’eau, des producteurs collaborent aux recherches et essais afin de mieux comprendre les besoins en eau des plantes et d’améliorer la performance des systèmes d’irrigation.
  • Les producteurs, qui voient davantage leurs cultures menacées par les ravageurs, recourent de plus en plus à la lutte intégrée  (415 Ko) , une approche qui consiste à utiliser des stratégies de contrôle des ennemis des cultures (insectes nuisibles, maladies, mauvaises herbes) complémentaires afin de produire des aliments de qualité tout en réduisant l’usage des pesticides.
  • Pour se prémunir contre les effets de la chaleur estivale, les agriculteurs travaillent à adapter leurs bâtiments en améliorant l’isolation et la circulation d’air. Dans certains cas, de nouvelles constructions ou des rénovations importantes (comme l’agrandissement de bâtiments) sont nécessaires, ce qui requiert des investissements majeurs.
  • Qu’ils soient économiques, environnementaux, technologiques ou humains, l’ampleur des enjeux liés au climat peut mettre en péril la pérennité des entreprises agricoles québécoises. Celles-ci ont besoin de soutien financier pour apporter les ajustements nécessaires à leurs installations et à leurs pratiques. Ce soutien est aussi nécessaire pour assurer davantage de recherche.

Agriclimat, un projet porteur pour le Québec

  • Les producteurs agricoles du Québec se sont mobilisés autour du projet Agriclimat afin de connaître les changements climatiques attendus pour leur région et développer, avec la collaboration d’experts, des plans d’adaptation de l’agriculture à ces changements.
  • Le projet actuellement en cours a permis d’identifier les impacts potentiels sur les cultures, les animaux et l’environnement. Il propose des pistes d’adaptation pour assurer la résilience et la pérennité des entreprises agricoles québécoises.
  • Déjà plus de 800 producteurs participent à l’élaboration des plans d’adaptation, lesquels couvrent la majorité du territoire québécois. Quelque 250 intervenants et conseillers du milieu agricole sont également associés au projet.
  • Coordonné par le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec, le projet Agriclimat est rendu possible grâce au financement offert par le Fonds vert dans le cadre du programme Action-Climat Québec, un programme du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques découlant du plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques.

Pour en savoir plus : Agriclimat Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre

Mais tout n’est pas si sombre

Même si le milieu agricole québécois sera durement touché par les changements climatiques, on s’attend à un allongement de la saison de croissance des végétaux d’environ 2 semaines partout au Québec et à des températures plus élevées tout au long de l’été. De nouvelles espèces ou variétés pourraient être cultivées grâce à l’allongement de la saison de croissance. Ces conditions pourraient favoriser l’arrivée de nouveaux produits pour les Québécois, mais également le développement de nouveaux marchés d’exportation.

L’agriculture peut faire partie de la solution

L’agroenvironnement aussi dans la mire

  • Au Québec, les experts s’entendent pour dire que l’adoption de pratiques agroenvironnementales à la ferme permet également de réduire l’impact de l’agriculture. En effet, les pratiques de conservation du sol, telles que le travail réduit du sol et les cultures de couverture, favorisent la résilience et la santé des sols, un élément incontournable lorsqu’on parle de changements climatiques.
  • Depuis 25 ans, les producteurs sont pleinement engagés dans cette démarche par l’entremise des clubs-conseils en agroenvironnement déployés partout au Québec. Leurs actions portent sur la gestion des fertilisants, la réduction de l’utilisation des pesticides, les pratiques de conservation des sols ainsi que l’aménagement des cours d’eau et leur protection.

Pour en savoir plus sur les clubs-conseils :

Pour en savoir plus sur les pratiques agroenvironnementales, visionnez la Web-série VosAgriculteurs.tv, spécial environnement Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre

 
La matière organique et le stockage du carbone

  • Sur le plan international, une initiative prometteuse est aussi en train de faire son chemin : le projet « 4 pour 1000 » lancé par la France en 2015 lors de la COP 21.
  • L’initiative vise à montrer que l’agriculture, et en particulier les sols agricoles, peut jouer un rôle pour la sécurité alimentaire et la lutte aux changements climatiques. En s’appuyant sur une documentation scientifique, ce projet souhaite faire connaître et mettre en place des actions concrètes pour stocker du carbone dans les sols. Reste maintenant à savoir si cette approche est prometteuse au Québec.

Pour en savoir plus sur l’initiative :