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ÉDITORIAL | Rien n’est plus important que la nourriture

Publié le 1 mai 2026 - Écrit par Martin Caron, président général

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Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, a présenté sa mise à jour économique le 28 avril. Cet exercice est dorénavant printanier, les budgets fédéraux étant déposés à l’automne depuis l’an dernier.

Le thème choisi pour cette mise à jour était « Un Canada fort pour tous ». Le mot « fort » revient d’ailleurs 181 fois dans cet énoncé de 192 pages, comme l’ont remarqué certains. La pédagogie est l’art de la répétition, comme on dit.

M. Champagne a surtout comparé la mise à jour économique à une voie de passage dans un brouillard d’incertitudes. Il est vrai que le contexte économique et géopolitique est particulièrement incertain et volatile, pour des raisons que l’on connaît. On peut donc comprendre l’approche sobre et prudente du gouvernement. L’absence quasi complète d’initiatives agricoles est néanmoins regrettable et mal avisée.

La mise à jour confirme la hausse temporaire de la limite des avances sans intérêt du Programme de paiements anticipés (PPA), qui passe à 250 000 $ pour l’année de programme 2026 pour tous les producteurs (à l’exception des producteurs de canola, pour lesquels la limite passe temporairement à 500 000 $ pour l’année de programme 2026).

On rappelle aussi que Financement agricole Canada ainsi qu’une vingtaine d’autres organisations investiront jusqu’à 7 G$ en capital d’ici 2030 pour stimuler l’innovation. On en sait toutefois très peu sur ces investissements, un an jour pour jour après l’annonce d’une première tranche de 2 G$.

En clair, les productrices et producteurs canadiens n’avaient rien de neuf à se mettre sous la dent. La thématique « Un Canada fort pour tous » nous a donc laissés sur notre appétit. Le milieu agricole a d’ailleurs beaucoup d’attentes en ce qui concerne la future stratégie nationale de sécurité alimentaire, dont l’élaboration est aussi confirmée dans la mise à jour.

La voie de passage décrite par M. Champagne, en ce qui concerne le secteur agricole, est amplement décrite dans nos recommandations formulées (le même jour) dans le cadre des consultations prébudgétaires du Comité permanent des finances en vue du budget de l’automne 2026.

Comme nous l’avons mentionné lors des consultations parlementaires sur les programmes de gestion du risque des entreprises (GRE), la semaine précédente, le Canada doit combler l’écart entre ses dépenses agricoles (1 % de son budget) et la moyenne mondiale (2 %), renforcer les outils de GRE (Agri-stabilité, Agri-relance, Agri-protection et PPA) et prévoir des investissements accrus en recherche, en transfert technologique et dans les programmes d’accompagnement. 

Le gouvernement canadien doit aussi mettre de l’avant des mesures visant à améliorer les conditions liées à la main-d’œuvre agricole, notamment par un soutien à l’amélioration des logements destinés aux travailleurs étrangers temporaires, ainsi que des dispositions fiscales permettant de faciliter les transferts d’entreprises agricoles et les investissements à la ferme. Un soutien accru au secteur biologique, aux fermes de proximité et à la foresterie privée est également requis.

Il y a deux ans, les ministres Chrystia Freeland (Finances) et François-Philippe Champagne (Industrie) ont profité de la mise à jour économique pour statuer clairement que « rien n’est plus important que la nourriture ». Il est grand temps de donner suite à cette affirmation.