Passer au menu Passer au contenu

Vous êtes sur le Site provincial, mais nous vous avons localisé dans la région : ###detected_region###

Les PPABSLG veulent rétablir les faits et apaiser les tensions

Publié le 1 mai 2026 - Écrit par l'UPA

Catégorie :

  • Communiqués

Rivière-du-Loup, le 1er mai 2026 – Déconcertés par la tournure des événements, les Producteurs et productrices acéricoles du Bas‑Saint‑Laurent–Gaspésie (PPABSLG) ont tenu à rétablir les faits et à apaiser les tensions concernant le dossier de la promesse bafouée des 2 000 ha octroyés en forêt publique par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Ils déplorent les multiples tergiversations des derniers mois, lesquelles n’ont fait qu’envenimer le dialogue régional et contribuer à nourrir un débat sur un enjeu qui était, à l’origine, réglé.

Les PPABSLG ont orchestré cette sortie médiatique en parallèle du caucus de présession de la Coalition Avenir Québec, à Rivière-du-Loup, après des mois d’appels demeurés sans réponse auprès d’élus provinciaux et régionaux visant à bien contextualiser la situation.

Appuyé par la présidente de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent (FUPA BSL), Nathalie Lemieux, et par le président du Syndicat des producteurs de bois de la Côte‑du‑Sud (SPBCS), Pierre Lemieux, le président des PPABSLG, Justin Plourde, a rappelé que les 2 000 ha en forêt publique octroyés à moyen terme par le MRNF, il y a un an, ne représentent que 0,2 % de tout le territoire forestier public de la région.

« Aurions‑nous voulu davantage? Certainement, considérant la croissance de la demande pour les produits de l’érable ici et à l’international. Toutefois, nous sommes conscients que la forêt publique doit être partagée entre tous ses utilisateurs », a‑t‑il précisé.

De plus, Justin Plourde a tenu à rappeler que les 2 000 ha initialement octroyés l’ont été par le MRNF devant l’absence d’un consensus régional, à la suite du retrait de l’industrie forestière de la table des négociations. En revenant sur son engagement et en demandant aux usagers de la forêt publique bas‑laurentienne de se rasseoir afin de reprendre un processus de négociation qui avait pourtant achoppé, le MRNF n’a fait que jeter de l’huile sur le feu et nourrir un débat régional qui n’avait pas lieu d’être.

« Tout ce qui traîne se salit. On n’en serait pas là aujourd’hui si le MRNF était demeuré ferme sur sa position. Comprenons‑nous bien : nous avons toujours été ouverts au dialogue, mais quand les acteurs les plus névralgiques de la discussion refusent de s’asseoir avec nous et préfèrent nous discréditer sur la place publique en faisant de la désinformation, ça devient bien difficile de régler des enjeux légitimes de partage de la forêt publique », a‑t‑il insisté.

Toutefois, si le président des PPABSLG estime que des discussions sur le développement futur de l’acériculture en terres publiques doivent avoir lieu, il demeure catégorique sur un point : les 2 000 ha ne constituent pas un enjeu de discussion. « Les chiffres parlent d’eux‑mêmes; nous sommes tout sauf gourmands », a‑t‑il claironné.

Une solution au conflit

Allié des PPABSLG, le SPBCS a tenu à déboulonner les mythes entretenus depuis des mois par l’industrie forestière dans le dossier de l’acériculture. « Il y a suffisamment de bois disponibles en forêt privée pour ne pas compromettre l’approvisionnement des usines du Bas-Saint-Laurent », s’est exclamé Pierre Lemieux.

En fait, les volumes de bois déjà considérables accordés en forêt publique aux industriels ces dernières années reposent sur un régime de redevances largement insuffisant. Ceux‑ci créent une concurrence déloyale envers les producteurs forestiers et contreviennent au principe de résidualité de la forêt publique adopté par le gouvernement du Québec en 1989. Ce principe prévoit que les volumes de bois rond provenant du domaine de l’État sont résiduels, ce qui signifie que les industriels doivent d’abord s’appuyer sur d’autres sources d’approvisionnement, dont la forêt privée.

« Le bois de la forêt publique au Bas-Saint-Laurent est tellement vendu à rabais qu’il est impossible pour les producteurs en forêt privée de compétitionner. Pour survivre, ils sont contraints de vendre leur bois à Lac‑Mégantic s’ils veulent en tirer un prix raisonnable! », a renchéri le président du SPBCS.

En 2025, seulement 60 % des quelque 210 700 m³ solides de feuillus durs mobilisables provenant des forêts privées de la Côte‑du‑Sud et du Bas-Saint-Laurent ont été mis en marché. La concurrence avec la forêt publique est l’une des principales raisons expliquant ces volumes toujours invendus.

« En acériculture, 1 000 ha représentent de 2 000 à 3 000 m³ de bois de feuillus durs, toutes qualités confondues, pour les industriels. C’est infime comparativement au volume mobilisable en forêt privée. Il existe donc une solution à ce conflit d’usage en forêt publique, soit que les industriels achètent le bois invendu des forêts privées », a ajouté Pierre Lemieux.

Appel à l’équité

Devant ce constat, il ne fait aucun doute dans l’esprit de la présidente de la FUPA BSL que l’approche actuelle de gestion de la forêt publique est inéquitable au Bas-Saint-Laurent. Seulement en acériculture, les impacts sont multiples : entreprises et équipementiers freinés dans leur croissance, relèves sur le qui‑vive et retombées économiques futures compromises au sein des communautés locales.

À ce chapitre, Nathalie Lemieux souligne que la production acéricole repose sur 744 entreprises au Bas-Saint-Laurent et génère des retombées économiques évaluées à 166,7 M$. Avec l’octroi de 2 000 ha supplémentaires en forêt publique, ce sont des investissements privés de l’ordre de 40 M$ et l’ajout potentiel de 400 000 entailles qui attendent la région.

« La forêt publique est un bien commun que nous avons le devoir de partager et de gérer avec un sens profond de responsabilité, de prudence, d’équité et de pérennité. L’acériculture contribue à la préservation de la ressource forestière et génère des retombées extrêmement positives pour l’ensemble de la région. Il faut cesser de percevoir cette production comme un frein au développement de l’industrie forestière et plutôt la reconnaître comme une activité complémentaire aux autres usages, porteuse d’impacts économiques et écologiques majeurs pour nos communautés », conclut‑elle.