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Protégeons notre 2 %

Publié le 5 juin 2026 - Écrit par Pascal Rheault

Catégorie :

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  • Actualités
  • Textes d’opinion

Depuis quelque temps, toutes les raisons semblent bonnes pour gruger le territoire agricole : TGV entre Québec et Toronto, développement éolien, lignes de transport électrique, étalement urbain, exploration minière, bars, restaurants, terrains de golf, etc. Chaque projet peut sembler acceptable (ou non) pris individuellement, mais à force de morceler, couper et empiéter le territoire, c’est notre capacité collective à nous nourrir qui s’effrite tranquillement. 

Le pire, c’est que ces brèches dans notre garde-manger ne semblent plus émouvoir personne d’autre que le monde agricole lui-même. Comme si la population était complètement déconnectée de la terre et du lien entre celle-ci et les tablettes de leur épicerie.

Décideurs dans l’ignorance

Le monde agricole reste largement inconnu, même pour les décideurs. Depuis que je préside la fédération régionale, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de politiciens et de candidats lors de différentes élections. À part quelques exceptions, ils ont une connaissance très limitée de nos réalités et de l’importance de protéger le territoire agricole.

C’est une des raisons pourquoi, cet été, l’Union des producteurs agricoles sera très présente dans les médias et sur les réseaux sociaux avec une campagne pour rappeler à tous l’importance du territoire agricole. Rappelons que moins de 2 % du territoire du Québec est cultivé et doit pouvoir nourrir une population qui est toujours en croissance.

Depuis 25 ans, le Québec a perdu environ 60 000 hectares de terres agricoles alors que nous sommes 1,8 million de plus à manger. C’est un chiffre hallucinant quand on y pense. Ce sont en moyenne 2 400 hectares par année ou environ 9 à 10 terrains de football que nous perdons, chaque jour, depuis 25 ans! 

Ici, en Abitibi-Témiscamingue, nous avons vécu récemment l’épisode de l’exploration de l’hydrogène naturel en pleine zone agricole. Des travaux ont été réalisés sans même obtenir les autorisations requises de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Comme si les règles qui protègent notre garde-manger collectif étaient devenues secondaires lorsqu’un projet paraît économiquement intéressant.

Pourtant, protéger le territoire agricole, ce n’est pas être contre le développement. C’est simplement reconnaître que nous ne pouvons pas sacrifier, morceau par morceau, les terres qui nous nourrissent.

Cette campagne de l’UPA ne parle pas seulement de protection. Elle parle aussi de valorisation de notre métier et de la relève. Derrière chaque terre agricole, il y a des femmes et des hommes qui travaillent sans relâche pour nourrir le Québec. Encourager l’achat local, visiter nos fermes lors des Portes ouvertes sur les fermes du Québec, soutenir nos producteurs et productrices… Tout cela fait partie de la même réflexion.

Parce qu’au bout du compte, soutenir l’agriculture d’ici commence d’abord par protéger l’outil numéro un des producteurs : la terre.

Merci à tous et toutes!