
Les silos à grains sont indispensables pour entreposer et préserver les récoltes. Ces installations posent toutefois certains risques à la santé et à la sécurité des personnes. Les connaître permet d’anticiper les conséquences possibles par la mise en place de mesures de prévention appropriées.
Un témoignage qui sensibilise
En novembre 2018, un travailleur est décédé à la suite d’un ensevelissement dans le grain. Dans le cadre de la Journée de la santé, de la sécurité et du mieux-être en agriculture, sa conjointe, ancienne préventionniste à l’UPA du Centre-du-Québec, et sa fille ont témoigné sur les impacts que ce tragique accident a eu sur leur vie.
Les principaux risques associés aux silos à grains
Espace clos
Un silo contenant du grain est un espace clos, lequel présente différents risques. S’il est absolument nécessaire d’y entrer, les travaux doivent être encadrés par une procédure d’entrée en espace clos, laquelle doit notamment prévoir l’identification des risques, le contrôle des énergies, l’âge et la formation des travailleurs, la présence d’un surveillant extérieur, un moyen de communication efficace et un plan de sauvetage. Il est primordial de ne jamais entrer dans un silo à grains pendant le remplissage ou la vidange ni lorsqu’il existe un risque que le grain se remette en mouvement.
Ensevelissement
Lorsque le grain est en mouvement, il agit comme du sable mouvant et une personne peut s’y enfoncer complètement en moins de 10 secondes. Ainsi, si une personne se trouve sur un « pont de grains » (croûte de grains qui se forme en surface et sous laquelle le grain s’est vidé) et que celui-ci se brise, ou encore si une paroi de grains agglomérés s’effondre, la personne peut se retrouver dans le grain et ensevelie très rapidement si le grain est en mouvement, ou encore enfoncée à un niveau qui ne lui permet plus de se dégager. D’où l’importance d’arrêter et de contrôler toutes les sources d’énergie et d’appliquer une procédure de cadenassage, ainsi que de prévoir une protection pour la tête.
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Chute
Le risque de chute de hauteur existe lors de la montée dans l’échelle extérieure, d’un déplacement sur le toit du silo ou de travaux effectués à l’intérieur du silo. Toutes ces étapes doivent se faire avec le port d’un harnais de sécurité relié à une liaison antichute et l’application de méthodes de travail sécuritaires. L’installation d’un escalier conforme (avec paliers et garde-corps) plutôt qu’une échelle extérieure vient également limiter le risque de chute. Les chutes d’une hauteur de plus de 3 mètres et les chutes à partir d’une échelle sont des tolérances zéro de la CNESST
Pièces en mouvement
Les vis à grains, vis balayeuse autres pièces en mouvement peuvent happer un vêtement, un pied ou une main en une fraction de seconde ou contribuer au mouvement des grains dans le silo. Avant toute intervention, que ce soit dans un silo rempli de grains ou vide et dans lequel doivent être réalisés des travaux d’entretien ou de nettoyage, les équipements mobiles doivent être mis à l’arrêt complet et une procédure de cadenassage doit être appliquée. Ces étapes sont essentielles pour empêcher un démarrage accidentel des équipements.
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Poussières, spores, moisissures, bactéries ou poussières combustibles
L’exposition à des agents biologiques peut entraîner des maladies pulmonaires, telle que le poumon du fermier. Les poussières peuvent en effet irriter les voies respiratoires, réduire la visibilité et, lorsqu’elles sont en suspension, contribuer à un risque d’incendie ou d’explosion. Une analyse des conditions atmosphériques dans le silo doit donc être faite au préalable à toute entrée. S’il est déterminé qu’une protection respiratoire est nécessaire (ex. : masque N95 certifié NIOSH pour les poussières de grain), un programme de protection respiratoire doit être appliqué et, dans certains cas, un test d’ajustement (fit test) doit être fait au préalable.
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Éviter d’entrer… si possible
Selon la hiérarchie des moyens de prévention, la mesure la plus efficace consiste à éviter d’entrer dans le silo. Ce n’est évidemment pas toujours possible, mais différentes mesures permettent de limiter, voire d’éliminer la nécessité d’entrer dans un silo à grains. Par exemple :
- Prévenir la détérioration des grains : assurer un séchage adéquat, contrôler l'humidité et la condensation, ventiler correctement, inspecter régulièrement les installations et colmater rapidement toute infiltration d'eau. Un grain bien conservé risque moins de s'agglomérer et de créer des situations qui nécessitent une intervention
- Installer des hublots afin de vérifier le niveau du grain ou d'échantillonner à partir de l'extérieur ou encore de briser des agglomérations sans entrer dans le silo
- Faire appel à une équipe externe spécialisée qui disposera des méthodes et équipements pour effectuer le travail sécuritairement, sans exposer vos travailleurs
Références et outils
Avis de danger : vis balayeuse dans les silos Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre
Éliminez les dangers liés aux silos à grains Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre
Silos à grains - CNESST Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre