Alors que progresse la planification du projet de train à grande vitesse Alto qui vise à relier Toronto, Ottawa, Montréal et Québec, les représentants du secteur agricole canadien demandent la suspension du projet.
La Fédération de l’agriculture de l’Ontario (OFA) et l’Union des producteurs agricoles (UPA) réclament une suspension immédiate du projet afin de permettre une analyse rigoureuse et transparente du projet. Le tracé actuellement envisagé pour le projet de train à grande vitesse traverserait des territoires comprenant certaines des terres agricoles les plus productives de l’Ontario et du Québec.
« Les terres agricoles de l’Ontario constituent un actif stratégique d’importance provinciale et nationale, et leur utilisation optimale demeure l’agriculture. Rappelons que le secteur agricole et agroalimentaire est une pierre angulaire de la prospérité économique de l’Ontario », affirme Drew Spoelstra, président de la OFA. « Ce secteur, qui repose sur des terres agricoles productives, contribue annuellement à hauteur de 51 milliards de dollars à l’économie provinciale et représente environ 10 % de la main-d’œuvre ontarienne. »
« Les projets dits « d’intérêt national » ne doivent pas compromettre le dynamisme des communautés rurales, la pérennité des entreprises et des terres agricoles, le potentiel acéricole et forestier ainsi que la sécurité alimentaire de la population qui devrait être la véritable priorité. L’aéroport de Mirabel est un exemple à ne pas suivre. Prenons le temps de bien mesurer la pertinence et les impacts du projet de train à grande vitesse, et de consulter en bonne et due forme la population, avant d’aller de l’avant », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.
L’OFA et l’UPA demandent aux gouvernements provincial et fédéral ainsi qu’à Alto de :
- Éviter le passage du tracé du projet de train à grande vitesse dans les zones agricoles de grande qualité;
- Prévenir le morcellement des exploitations agricoles et maintenir l’intégrité des champs et des opérations agricoles;
- Protéger les systèmes de drainage agricole;
- Répondre aux préoccupations des producteurs concernant les impacts des travaux de construction et les coûts récurrents, notamment l’installation de clôtures ainsi que la construction, la mise à niveau et l’entretien à long terme de passages agricoles sécuritaires pour la machinerie et le bétail;
- Veiller à ce que les études d’impact sur l’agriculture soient indépendantes, rigoureuses et rendues publiques.
Cet appel à une pause fait suite à l’adoption, le 25 février, d’une résolution lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) demandant au gouvernement du Canada de suspendre immédiatement le projet afin de permettre la réalisation d’une évaluation complète des impacts économiques, sociaux et environnementaux, ainsi qu’une consultation significative des communautés agricoles, forestières et rurales concernées.
C’est à la suite de discussions entre les représentants du secteur agricole plus tôt cette semaine que la résolution a été présentée par le président général de l’UPA, Martin Caron, et appuyée par le président de l’OFA, Drew Spoelstra.
La résolution précise que, si le projet devait ultimement aller de l’avant, celui-ci devra garantir le maintien d’un accès complet aux terres agricoles, aux érablières et aux boisés, ainsi que la mise en place de passages agricoles et forestiers adéquatement dimensionnés (d’une largeur minimale de 10 mètres), lorsque requis. Elle stipule également que les producteurs devront recevoir une compensation juste et proportionnelle, reconnaissant les impacts permanents et plus importants du projet de train à grande vitesse comparativement à ceux associés aux autoroutes ou aux lignes de transport d’électricité.
À propos de l’OFA
La Fédération de l’agriculture de l’Ontario This link will open in a new window représente 38 000 familles agricoles partout dans la province, dont plusieurs exploitent des terres situées dans l’un des tracés proposés du corridor ferroviaire. À titre d’organisation dirigée par des agriculteurs et constituant la principale voix et le porte-parole le plus influent des agriculteurs ontariens, l’OFA appuie les investissements responsables en transport ainsi que les investissements en infrastructures visant à attirer et à retenir les résidents et les entreprises dans les communautés rurales. Tout projet d’une telle envergure doit adopter une approche équilibrée, en veillant à ce que toutes les voix soient entendues et à ce qu’un compromis viable soit trouvé afin de maintenir une économie ontarienne forte et en croissance, de même qu’un approvisionnement solide en aliments et en carburants.
À propos de l’UPA
L’Union des producteurs agricoles This link will open in a new window est une organisation syndicale professionnelle qui a pignon sur rue dans chaque région du Québec. Sa mission principale est de promouvoir, défendre et développer les intérêts des 42 000 producteurs agricoles et des 163 000 propriétaires forestiers québécois. L’Union regroupe aujourd’hui 12 fédérations régionales et 25 groupes spécialisés.