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ÉDITORIAL | Des outils à la hauteur des risques

Published on 24 April 2026 - By Martin Caron, président général

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  • Textes d’opinion

L’Union des producteurs agricoles a participé aux consultations du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire concernant les programmes de gestion du risque des entreprises (GRE) du secteur agricole canadien, le 23 avril.

Notre message aux parlementaires est fort simple : dans un contexte marqué par les changements climatiques et les incertitudes géopolitiques, il est impératif de renforcer les programmes de gestion des risques et d’adapter les outils publics aux réalités d’aujourd’hui et de demain.

Nous avons rappelé que le soutien public à l’agriculture au Canada est inférieur à celui observé dans plusieurs pays comparables. Alors que la moyenne internationale se situe autour de 2 % des dépenses gouvernementales, le Canada en consacre actuellement moins de 1 % à son agriculture. Dans un contexte où les risques climatiques, économiques et géopolitiques s’intensifient, cet écart n’est plus tenable et doit être comblé.

Cette majoration des budgets agricoles doit prioritairement servir à renforcer les programmes de GRE, qui constituent la première ligne de défense des productrices et des producteurs face aux chocs. Plusieurs de ces programmes sont d’ailleurs financés en partie par les entreprises agricoles qui y adhèrent (jusqu’à 40 %, selon le programme). De plus, aucun ne couvre l’ensemble des pertes.

Les programmes Agri-stabilité, Agri-relance et Agri-protection doivent être revus et améliorés de façon importante. Les productrices et producteurs ont besoin d’une protection qui leur permet de traverser les périodes difficiles. Ils doivent aussi pouvoir compter sur un soutien rapide, prévisible et adapté à la réalité du terrain. Une plus grande flexibilité est également souhaitée, les réalités agricoles variant considérablement d’une région à l’autre en raison des conditions climatiques, des types de production et des structures d’entreprises.

Ces ajustements sont essentiels, mais doivent s’inscrire dans une vision plus large. À cet égard, la recherche et le transfert technologique jouent un rôle central.

Les changements climatiques exigent des adaptations profondes. Les initiatives de type « laboratoires vivants » sont particulièrement efficaces, puisqu’elles permettent de tester et de déployer des solutions concrètes directement en milieu agricole, en collaboration avec les productrices et producteurs. Ces initiatives sont toutefois sous-financées, surtout depuis l’annonce des coupes dans les budgets de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Un investissement accru dans la recherche appliquée et le transfert des connaissances est pourtant indispensable.

Nous avons finalement insisté sur l’importance de tenir compte des réalités régionales et des besoins des petites et moyennes exploitations agricoles. Ces entreprises constituent le cœur de notre tissu agricole et jouent un rôle essentiel dans la vitalité de nos territoires. Les programmes fédéraux doivent être conçus de manière à être accessibles, adaptés et efficaces pour l’ensemble des entreprises agricoles, peu importe leur taille ou leur localisation.

En résumé, renforcer l’agriculture au pays passe par des choix clairs : investir davantage, mieux protéger les revenus des productrices et des producteurs, améliorer la rapidité des interventions en cas de crise, offrir des outils flexibles adaptés aux réalités régionales et soutenir l’innovation pour anticiper les défis futurs.

Le secteur agricole est un pilier stratégique de notre économie et de notre sécurité alimentaire. Il mérite des outils à la hauteur des risques qu’il doit affronter.