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ÉDITORIAL | Quand on veut, on peut

Published on 22 May 2026 - By Martin Caron, président général

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La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a effectué un passage remarqué à la rencontre des partenaires de la Politique bioalimentaire 2025-2035, le 15 mai dernier.

L’événement a permis des échanges intéressants sur la relève, le repreneuriat et les comportements des consommateurs. L’annonce d’une enveloppe de 87 M$ sur deux ans visant à rembourser la tarification du carbone à plus de 15 500 entreprises agricoles a toutefois volé la vedette.

Le milieu agricole réclame depuis plusieurs années un tel remboursement. L’abolition, en 2025, du volet « consommateur » ailleurs au Canada a permis de relancer le débat. Il a pris encore plus de vigueur depuis la flambée des prix de l’essence et du mazout, en raison du conflit en Irak.

Rappelons que cette tarification nuit à la compétitivité de plusieurs milliers d’entreprises et peut même prendre des dimensions gigantesques. Le président-directeur général de Savoura, Luc Prévost, mentionnait récemment qu’elle s’élevait à 1,5 M$ par année pour son entreprise, un montant auquel il faut ajouter 1 M$ versés à Éco Entreprises Québec en raison de la réforme du régime de collecte sélective. Des charges, soulignons-le, que la concurrence étrangère n’a pas à assumer.

Nous continuerons de réclamer un programme permanent, comme s’y est engagée Mme Fréchette pendant la campagne à la direction. Cette dernière a mentionné que le remboursement serait pérennisé tant et aussi longtemps qu’elle serait première ministre. En tout respect, ce n’est pas tout à fait la même chose. La résolution de ce dossier doit être définitive.

Pour des raisons d’équité, ce remboursement doit aussi être étendu à l’ensemble des productrices et producteurs. Toutes les entreprises agricoles doivent être en mesure d’éviter cette atteinte à leur rentabilité. Nous amorcerons rapidement le travail à cet égard.

Mme Fréchette a aussi annoncé une majoration de 30 % des montants associés au Programme d’appui financier à la relève agricole. Ces derniers n’avaient pas été indexés depuis plus de dix ans. La fin de la distinction entre relève « à temps plein » et « à temps partiel » est aussi une belle avancée.

La première ministre a également mentionné que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail n’irait pas de l’avant avec la version actuelle des nouvelles normes pour les logements des travailleurs étrangers temporaires. Rappelons qu’elles étaient dénoncées de toute part, a priori par les employeurs agricoles, mais aussi par le milieu municipal.

Des « ajustements » du Règlement sur les pratiques agroenvironnementales seront aussi apportés, en réaction aux préoccupations exprimées. Nous participons pleinement à ce processus, comme l’a souligné Mme Fréchette.

Cette dernière a finalement annoncé la nomination de la députée d’Iberville, Audrey Bogemans, à titre d’adjointe parlementaire de la première ministre – volet approvisionnement de produits et de services québécois. Une lettre de Mme Fréchette aurait déjà été envoyée à tous les ministères et organismes publics afin de rehausser de 47 % à 60 % la part d’achats d’aliments locaux. Le Centre d’acquisitions gouvernementales, qui a pour mission de fournir des biens et des services aux organismes publics, devra être conséquent.

Le milieu agricole attendait ces annonces depuis longtemps. Chacune d’entre elles a fait l’objet de demandes répétées, certaines depuis plusieurs années. C’est donc dire que, même en quelques semaines, quand on veut, on peut.