La force d’une organisation tient au leadership et à l’engagement des hommes et des femmes qui s’y impliquent. Et l’Union ne fait pas exception à cette règle. Saviez-vous que chaque année, quelque 1 800 agriculteurs et agricultrices font le choix de représenter leurs pairs au sein de notre organisation en occupant un poste d’administrateur de syndicat local, de fédération régionale ou encore de groupe spécialisé? Ces hommes et ces femmes s’investissent pour faire avancer les dossiers et prendre plus activement part aux décisions. Ce mois-ci, L’U vous présente un grand dossier sur la relève syndicale, un aspect incontournable de l’histoire et de l’avenir de notre regroupement. Quels sont les défis et les opportunités qui attendent ceux et celles qui décident de s’impliquer? Comment leur contribution essentielle au dynamisme de notre organisation permet-elle aussi d’assurer le développement de l’agriculture et de la foresterie?

 

Découvrez les visages de la relève syndicale

Les défis auxquels l’agriculture doit faire face sont réels et nombreux. Il est rassurant de savoir que l’on peut compter sur une organisation forte et unie pour veiller au grain et défendre l’ensemble des producteurs agricoles, sans distinction. Or, pour nourrir et faire grandir notre organisation, il est essentiel que des gens comme vous s’y impliquent, participent aux décisions, s’investissent dans l’action collective.

 


 

Normand Lemieux : l’Abitibi de tous les possibles

Normand Lemieux, relève syndicale

© Éric Labonté, MAPAQ

Normand Lemieux, 42 ans
Producteur laitier
Landrienne, Abitibi-Témiscamingue

Implication
Président du Syndicat local de l’UPA d’Abitibi (depuis 2014)
Membre exécutif de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue (depuis 2016)
Responsable des comités santé psychologique et vie syndicale
Représente la Fédération au Centre technologique des résidus industriels (depuis 2016), à la Table en santé bien-être des hommes d’Abitibi-Témiscamingue (depuis 2018)
Vice-président du Réseau Agriconseils d’Abitibi-Témiscamingue (depuis 2018)
Recruté par les membres de l’UPA de son coin de pays, Normand Lemieux n’a pas hésité à se lancer dans la vie associative. « J’avais un bon groupe d’administrateurs d’expérience qui m’ont pris sous leur aile… Ce soutien m’a grandement aidé à faire mes premiers pas comme président local! », dit ce papa de quatre enfants qui a repris le flambeau de la ferme familiale. Dans la lointaine Abitibi, un réseau comme celui de l’UPA a une valeur ajoutée, croit Normand Lemieux. « Ici, on ne veut pas acheter les voisins, on veut des voisins », image-t-il.

« La manière dont les agriculteurs sont traités et les stress qu’ils doivent subir font en sorte que le dossier de la santé psychologique me tient particulièrement à cœur. Comme président et responsable du comité santé psychologique, j’ai la chance de travailler concrètement avec des gens dédiés à la bonne santé de nos producteurs, comme la travailleuse de rang du Témiscamingue. »

M. Lemieux est fier aussi de voir le plan de développement de la zone agricole de la MRC d’Abitibi se réaliser. « Ç’a été une course à relais! Le résultat atteint n’aurait pas été le même sans le travail fait en amont par les présidents qui m’ont précédés. »

Le maintien d’un haut niveau de solidarité sera un défi pour les années à venir. « Il faut se prémunir contre le courant individualiste dans lequel la société évolue. La population doit réaliser que « le panier le moins cher » n’est pas le « meilleur deal », quand on regarde la situation globalement », croit Normand Lemieux.


 

Yohann Gagnon : allumer la flamme!

Yohann Gagnon, relève syndicale

Yohann Gagnon, 38 ans
Producteur de veaux d’embouche
Les Méchins, Bas-Saint-Laurent

Implication
Administrateur au Syndicat local de La Matanie durant 12 ans (non consécutifs)
Secrétaire adjoint (depuis 2017)
Administrateur à la Caisse Desjardins de la Matanie
« Dans la vie, tu as deux choix : mener ou te faire mener! », lance d’emblée Yohann Gagnon. « Mes parents n’avaient pas de ferme. J’ai acheté la mienne en 2003 après mes études en agriculture au Cégep de Matane », confie l’éleveur de veaux d’embouche de 38 ans.

Assez rapidement, Yohann a senti le besoin de s’impliquer. Il a été accueilli à bras ouverts par son syndicat local où il y a rencontré des passionnés comme lui. « Je suis l’unique producteur de mon village et l’UPA m’a donné un réseau de contacts très motivant. J’aime m’asseoir avec les gens des autres productions! Au fond, nos préoccupations et notre vécu se recoupent », explique celui qui est préoccupé par le déclin de l’activité agricole dans sa région. « En raison du manque de relève, il y a de moins en moins de producteurs, des belles étables vides, des terres qui ne sont plus cultivées et qui vont reprendre en friche si on ne fait rien! Il faut des actions concrètes! »

Yohann Gagnon contribue à sa façon à la valorisation de la profession d’agriculteur. « En 2018, comme secrétaire du syndicat local, je me suis beaucoup impliqué dans l’organisation régionale des Portes ouvertes sur les fermes. On a eu un super événement! Récemment, j’ai assisté à la journée carrière à la Polyvalente de Matane. Je me suis adressé à des jeunes, je leur ai expliqué comment ça fonctionne dans notre domaine et tout ce qui me passionne dans mon métier! J’espère avoir allumé de petites flammes et contribué à ce qu’ils aient une vision positive de l’agriculture. Il y a tellement de désinformation! »

Il souhaite voir ses pairs agriculteurs s’impliquer comme lui. « Il faut que les gens se sentent concernés par ce qui se passe. Tu as beau critiquer, si tu ne vas jamais t’asseoir aux réunions, rien ne va changer! Il y a du pain sur la planche! »


 

Patrick Plante : curieux Patrick

Patrick Plante, relève syndicale

Patrick Plante, 26 ans
Producteur acéricole et maraîcher
Saint-Laurent de l’Ile d’Orléans, Capitale-Nationale–Côte-Nord

Implication
Administrateur au sein de l’Association de la relève agricole de la Capitale-Nationale–Côte-Nord et des Producteurs et productrices acéricoles de la Capitale-Nationale
Acériculteur sur la terre familiale à l’Île d’Orléans, Patrick Plante a d’abord choisi de s’impliquer au sein de l’Union des producteurs agricoles par curiosité. « Je ne connaissais pas trop le fonctionnement de tout ça, mais quand on m’a demandé de m’impliquer, j’ai dit oui, parce que je voulais être au fait de ce qui se passe, être à l’avant-garde et avoir mon mot à dire; le mien et celui de mes pairs! » , lance le jeune homme de 26 ans.

Tant lorsqu’il siège à la table des Producteurs et productrices acéricoles du Québec qu’à celle de la relève agricole de la Capitale-Nationale-Côte-Nord, Patrick Plante se soucie des intérêts de jeunes agriculteurs. « Je suis chanceux, mon père avait déjà une ferme, mais c’est important de prendre en compte les enjeux particuliers de la relève non apparentée, pour lui simplifier la vie. C’est bon qu’il y ait une diversité de tailles et de types d’entreprise. Il faut assouplir certaines normes pour permettre aux gens de se lancer ou de se consacrer entièrement à leur ferme », croit Patrick Plante, qui a vu plusieurs de ses homologues se démener avec la paperasse des subventions à l’établissement.

Créer des ponts entre les producteurs et les consommateurs est un autre de ses chevaux de bataille. C’est dans cette optique que l’Association de la relève agricole de la Capitale-Nationale-Côte-Nord a organisé cette année sa première guignolée. Pour l’occasion, de jeunes agriculteurs ont recueilli des denrées non périssables dans trois supermarchés du territoire. « C’est une initiative de notre syndicat local qui pourrait prendre de l’ampleur, pourquoi pas à la grandeur du Québec? On rencontre des gens, on parle de notre métier. Il faut se rapprocher du consommateur et garder le canal de communication ouvert! »


 

Valérie Jutras : pour un avenir florissant

Valérie Jutras, relève syndicale

Valérie Jutras, 44 ans
Productrice de grains et d’œufs d’incubation pour poulets de chair
Sainte-Brigitte-des-Saults, Centre-du-Québec

Implication
Membre du conseil d’administration de la Fédération, représentante des œufs d’incubation
Bénévole à l’École Carrousel et membre du comité parents du Collège Notre-Dame-de-l’Assomption
Valérie Jutras s’est inspirée des propos de Daniel Habel, le président de sa région, avant de faire le grand saut dans le syndicalisme agricole. « Mêlez-vous de vos affaires », avait-il écrit dans La Terre de chez nous en parlant de l’implication à l’UPA. C’est vrai! On paie nos cotisations, on critique, mais on ne s’implique pas! Oui, j’avais des craintes au début et je me disais « je n’ai pas le bagage, l’historique des dossiers. Je n’arriverai pas à argumenter ni à donner mon opinion », mais j’étais curieuse.

Entrée au syndicat local par la porte de sa spécialité, les œufs d’incubation, Valérie Jutras a été très bien accueillie à la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec. Elle y a rencontré des gens ouverts qui connaissent leurs dossiers à fond. « Je ne me suis jamais sentie mal à l’aise de poser des questions. Et pas besoin d’être syndicaliste pur et dur de génération en génération! Je l’ai compris vite », résume celle qui commence sa 4e année d’implication. 

« Je pense que j’amène une autre vision et certains questionnements, dans ce monde en évolution. Si je peux contribuer à faire avancer les choses, j’aurai fait ma part et je ne serai pas restée chez moi frustrée que ça ne se passe pas comme je veux! On est de moins en moins de productrices et de producteurs agricoles; il faut se serrer les coudes de plus en plus », croit-elle.

Maman de 4 enfants, elle est bien sûr préoccupée par l’avenir de la relève. « Les décisions d’aujourd’hui, c’est la relève qui va vivre avec. Pour moi, la défense de la gestion de l’offre est capitale. C’est la survie de bien des petites fermes qui en dépend! L’agriculture est une passion, un mode de vie et c’est important de faire en sorte que toutes les entreprises ne fassent pas que survivre, mais puissent bien en vivre, pour l’avenir de notre agriculture! »


 

Natacha Lagarde : ne jamais perdre de vue ceux qu’on représente!

Natacha Lagarde, relève syndicale

Natacha Lagarde, 41 ans
Productrice acéricole et de petits fruits
Lac Etchemin, Chaudière-Appalaches

Implication
Présidente des Agricultrices de la Chaudière-Appalaches Est depuis 2 ans
Deuxième vice-présidente de la Fédération de l’UPA Chaudière-Appalaches depuis octobre 2019
Rien ne prédestinait Natacha Lagarde à l’agriculture. Originaire de Sept-Îles, cette acéricultrice de Lac-Etchemin est pourtant une des initiatrices du blogue Agrimom, bien connu aujourd’hui dans le milieu. « On a plein de gens qui y contribuent! Le seul critère, c’est que les billets qui sont publiés doivent parler de l’agriculture de façon positive », explique-t-elle.

Elle est arrivée à l’Union des producteurs agricoles par le syndicat des Agricultrices de son coin de pays, dont elle est la présidente. « Quand je porte un dossier, j’aime ça, j’y mets de l’énergie! Alors quand on m’a demandé de m’impliquer à l’UPA régionale, la première fois, j’ai d’abord pensé que je n’aurais jamais le temps… mais je me suis tout de même lancée! On fait de la gymnastique de calendrier et quand ça coince, on se met en mode solution », explique la dynamique entrepreneure. Elle a appris à mettre ses limites quand il le fallait. « Je pense qu’il y a une volonté de s’organiser pour que chaque personne puisse s’impliquer à la hauteur de sa disponibilité », avance-t-elle.

Natacha Lagarde a une vision claire du mandat de l’UPA. « Dans toutes les décisions, peu importe le secteur, le sujet ou la spécialité, il ne faut jamais perdre de vue l’agriculteur et l’agricultrice qui sont à la base de tout ça », avance-t-elle. Elle poursuit aussi sa croisade pour développer un véritable pacte social entre le consommateur et l’agriculteur. « Il faut faire réaliser aux gens qu’ils ont besoin de manger trois fois par jour et que s’ils y parviennent, c’est parce que les agriculteurs et les agricultrices sont là! »


 

Daniel Breton : l’UPA au cœur de l’agriculture

Daniel Breton, relève syndicale

Daniel Breton, 49 ans
Producteur laitier et céréalier
Sherbrooke, Estrie

Implication
Administrateur au Syndicat local du Val-Saint-François et de Sherbrooke depuis 3 ans
En plus d’être producteur laitier à la ferme familiale aux côtés de son frère et de ses parents, Daniel Breton travaille à titre d’agronome au Club agroenvironnemental de l’Estrie. Depuis trois ans, il s’implique activement au sein du Syndicat local de l’UPA du Val-Saint-François et de Sherbrooke.

« Quand j’étudiais, je m’impliquais dans l’association étudiante, puis je suis passé par le Réseau COOP. Lorsque je suis devenu agriculteur, j’ai eu envie de m’impliquer pour échanger avec une gang de producteurs et travailler à l’atteinte d’objectifs communs », explique-t-il.

« Comme agronome, j’ai pu observer sur le terrain différentes façons de faire, bonnes et moins bonnes. Aujourd’hui, je travaille avec les producteurs pour qu’ils améliorent leurs pratiques, mais aussi leur rendement », résume-t-il. À l’UPA, il constate cette même volonté de partage de connaissances. « On ne peut pas être d’accord sur tout, mais le but est de trouver un terrain d’entente pour faire avancer notre profession », analyse Daniel Breton. Ce dernier représente notamment l’UPA au comité du Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de sa région. « On touche à tout: transformation, réglementation, produits régionaux, établissement des jeunes. Une ressource régionale fait le lien entre le PDZA, L’ARTERRE et l’UPA, ce qui nous rend plus forts et fait que ça se développe vraiment bien », se réjouit-il.

« Le principal défi de l’Union est de demeurer LA référence pour les producteurs agricoles. Il faut qu’ils aient le réflexe de nous consulter quand ils ont des difficultés. On doit aussi s’efforcer de maintenir une unité entre les productions pour faire face aux enjeux. L’UPA doit être un point central, un lien entre toutes les productions! »


 

Alex-Émilie Plourde-Leblanc : un pour tous, tous pour un

Alex-Émilie Plourde Leblanc, relève syndicale

© Geneviève Smith

Alex-Émilie Plourde-Leblanc, 29 ans
Productrice d’agneaux
New-Richmond, Gaspésie-Les Îles

Implication
Administratrice de l’Association de la relève agricole de la Gaspésie-Les Îles depuis 6 ans et dont 3 ans comme vice-présidente
Administratrice « relève » au conseil d’administration de la Fédération régionale
Administratrice du Réseau Agriconseils Gaspésie-Les Îles

 

La Gaspésienne Alex-Émilie Plourde-Leblanc est une véritable dynamo. Mère de deux enfants et productrice dans le secteur ovin, elle occupe aussi un emploi en dehors de la ferme. Et comme si cela ne suffisait pas, elle s’implique au sein de sa fédération régionale depuis 6 ans, notamment à titre de représentante de la relève.

L’engagement a toujours été au cœur de sa vie. « Au secondaire, j’avais eu le méritas de l’implication, parce que j’étais dans à peu près tous les comités. J’aime faire bouger les choses! », explique en riant la jeune femme.

Pour Alex-Émilie, c’est motivant de côtoyer d’autres agriculteurs, de chercher des solutions aux problèmes communs, de réfléchir à l’avenir et d’agir pour la cause de l’agriculture en région.

Parmi les réalisations qui la rendent fière, il y a le carnet Aventure relève publié à l’intention des entrepreneurs en démarrage. « C’est un bottin qui contient tous les services régionaux, de A à Z, dans le secteur agricole! On est en route pour une deuxième impression et on envisage la création d’un site Web. Les 200 premiers exemplaires sont tous partis. C’est bon signe », lance Alex-Emilie.

Comme dans plusieurs régions, la relève et les transferts sont au cœur des préoccupations du syndicat. « La moyenne d’âge des agriculteurs est de 56 ans et il reste à peu près 250 fermes dans toute la Gaspésie. Il ne faut pas perdre ça! Le potentiel est grand, la place est là pour l’innovation. Il faut assurer un avenir dynamique à notre secteur », conclue-t-elle.


 

Johanne Pagé : gardienne de la terre

Johanne Pagé, relève syndicale

© Stéphane Payette

Johanne Pagé, 48 ans
Productrice de grandes cultures
Sainte-Élisabeth, Lanaudière

Implication
Administratrice au Syndicat local Autrey et 2e vice-présidente au Syndicat du grain
Conseillère municipale

Johanne Pagé a 48 ans, soit environ la moitié de l’âge de la Fédération de l’UPA de Lanaudière. « On vient tout juste de fêter les 90 ans de notre fédération régionale, un anniversaire qu’on a souligné en grand », dit l’agricultrice, qui y siège depuis cinq ans.

« Notre fédération se porte bien. On est très dynamiques dans Lanaudière et on n’hésite pas à monter au front quand on a des sujets à défendre! » Prochain combat? Les taxes foncières. « Le prix exorbitant des terres agricoles et la taxation qui y est rattachée cassent les ailes des jeunes qui aimeraient se lancer en agriculture. C’est complètement inaccessible pour la relève! », clame l’agricultrice qui œuvre dans la filière du grain.

Johanne croit que le développement durable et l’adaptation aux changements climatiques seront les plus grands défis auxquels feront face les agriculteurs dans les prochaines années. Elle-même pratique une agriculture raisonnée, mais déplore que les décisions concernant les pratiques aux champs soient parfois prises bien loin du terrain par des gens qui ne connaissent pas la réalité des producteurs. « Il faut que les agriculteurs soient consultés. Interdire certains pesticides pour les remplacer par des produits plus dangereux, ce n’est pas une bonne solution! », illustre-t-elle.

Passionnée par son travail, l’agricultrice estime que l’UPA devra aussi travailler à éduquer la population. « Il faut expliquer aux gens que les agriculteurs ne sont pas irresponsables, mais qu’ils sont là pour les nourrir et bien les nourrir! »

Mère de trois grands enfants et grand-mère d’un petit garçon de huit mois ― « le plus beau du monde »—, l’agricultrice a l’environnement à cœur. « C’est hyper important, la terre qu’on va laisser aux futures générations! Nous en sommes les gardiens. »


 

Denis Gauthier : pour une UPA inclusive

Denis Gauthier, relève syndicale

Denis Gauthier, en compagnie de sa fille, Geneviève (au centre) qui prendra sous peu la relève de l’entreprise, et de Karine Gignac, apicultrice et employée.

Denis Gauthier, 64 ans
Producteur apicole
Mékinac, Mauricie

Implication
Président du Syndicat local de l’UPA de Mékinac depuis trois ans
Membre du conseil d’administration de la Fédération de la Mauricie depuis cinq ans

Denis Gauthier a un parcours plutôt particulier. Déjà apiculteur dans les années 1970, il a mis de côté sa passion durant presque 30 ans avant d’y revenir il y a 15 ans, aussi enthousiaste qu’au premier jour. Aujourd’hui, Denis est président du Syndicat de l’UPA de Mékinac et croit fermement que son association a le devoir de représenter toutes les productions, de la plus petite à la plus imposante.

« Je milite pour que les petites fermes aient leur place au sein de l’organisation. L’agriculture a changé! Bientôt, 50 % de nos fermes seront de petites tailles et si on veut qu’elles rejoignent l’organisation et qu’elles s’y sentent chez elles, il faut se donner un modèle qui favorise leur participation », affirme Denis Gauthier. « Certains disent que l’UPA, c’est juste pour les « gros ». Moi, je n’y crois pas. Quand on veut du changement, il faut s’impliquer, être à l’intérieur de l’organisation! », ajoute-t-il.

Denis Gauthier s’implique aussi pour l’amélioration des pratiques. « Le développement durable, c’est le plus grand enjeu dans notre domaine. On ne peut pas revenir à la pioche et au bœuf, mais j’ai confiance que l’agriculture va changer pour le meilleur. Il faut réduire notre empreinte écologique pour assurer notre avenir et celui de nos enfants », analyse le président.

Parmi les bons coups de son syndicat, il est particulièrement fier des activités mises sur pied pour permettre aux agriculteurs des différentes filières de fraterniser : pique-nique, « 5 à 7 » et autres rencontres ponctuelles. « Rassembler les gens, je pense que c’est ma force! C’est vraiment agréable de voir des agriculteurs de toutes les productions se réunir; ça crée une unité, une solidarité », conclut-il.


 

Patricia Meunier : féminin pluriel

Patricia Meunier, relève syndicale

Patricia Meunier, 28 ans
Productrice laitière et acéricole
Brigham, Montérégie

Implication
Représentante des Agricultrices au sein du Syndicat local de l’UPA de Brome-Missisquoi depuis 2017
Deuxième vice-présidente des Agricultrices de la Montérégie-Est

Patricia Meunier est aujourd’hui la principale actionnaire de la ferme familiale où elle a grandi. Son implication au sein de l’UPA s’est amorcée tout aussi naturellement que son intérêt pour l’agriculture, son père étant lui aussi très engagé. « Il m’a toujours dit que les décisions sont prises par les gens présents, et non par ceux qui chialent à côté. Il m’a donné le goût de m’impliquer, et je demeure convaincue que c’est plus facile de faire changer les choses de l’intérieur », avance la jeune femme.

En tant que jeune maman particulièrement préoccupée par les droits des femmes, elle souhaite aider ces dernières à prendre leur place dans les entreprises et à l’Union. « On a du rattrapage à faire; on a besoin de services efficaces pour améliorer la conciliation travail-famille », renchérit-elle.

Patricia parle avec fierté des récentes initiatives de valorisation de la profession de son syndicat. « Les agriculteurs qui accordent des droits de passage aux motoneigistes ont été invités à poser des affiches en bordure des sentiers pour dire ‘’bienvenue’’, mais aussi pour présenter leur production. On a produit une série de quatre autocollants à poser sur la machinerie sur lesquels on peut lire : ‘’Lent’’, ‘’Bruyant’’, ‘’Encombrant’’ et ‘’Odorant’’, [suivi de] ‘’mais fier de vous nourrir’’. Ça a fait boule de neige! C’est une façon humoristique de transmettre un message important », explique-t-elle.

À moyen terme, elle souhaite que l’UPA soit capable de s’adapter aux nouvelles réalités agricoles. « Chaque secteur de production et chaque producteur, peu importe la taille de sa ferme, doit y trouver sa place et y faire entendre sa voix! Il faut s’adapter aux nouvelles réalités et parfois même changer sa vision! Nous devons continuer à travailler ensemble, car c’est la force de notre groupe »


 

James Thompson : le paysan solidaire

James Thompson, relève syndicale

James Thompson, 40 ans
Producteur maraîcher biologique
Lochaber-Partie-Ouest, Outaouais-Laurentides

Implication
Membre du conseil d’administration du Syndicat local de Papineau depuis 2017 et vice-président depuis le printemps 2019
Membre du Comité régional en santé psychologique de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides
Siège au Comité consultatif agricole de Papineau
Membre du Comité de finance de Réseau des fermiers de famille
James Thompson, un maraîcher bio en Outaouais, est membre du conseil d’administration du Syndicat de l’UPA de Papineau depuis 2017 et siège à titre de vice-président depuis 2019. « Dans le communautaire, j’ai vite compris que si tu ne le fais pas, personne ne le fera. L’UPA a aussi cette vision proactive. On est là pour défendre nos intérêts, quitte à montrer les dents s’il le faut », estime cet ex-activiste et bénévole aguerri.

Parmi les dossiers qu’il suit de près, celui de la relève arrive en tête de liste. « On doit faire mieux pour la relève non apparentée! Il faut donner de meilleurs outils à ceux qui ne peuvent compter sur l’héritage de leurs parents », a indiqué M. Thompson.

La santé mentale des agriculteurs est un autre dossier qui le préoccupe. Son syndicat a d’ailleurs amorcé des démarches visant à doter la région d’un travailleur de rang. « En tant qu’agriculteurs, on fait un travail essentiel, mais aussi très exigeant. Tout le monde a des hauts et des bas. Moi aussi, je me suis déjà mis à pleurer, à vouloir tout lâcher. Quand ça ne vas plus, les services d’aide sont souvent trop loin. Une ferme perdue à cause d’un suicide, c’est une catastrophe humaine et ça a un impact dans nos communautés », avance M. Thompson. Il salue l’ouverture des instances à cet égard : « On n’a pas besoin de beaucoup d’arguments pour défendre notre projet. »

James Thompson a aussi à cœur l’accompagnement des producteurs dans le virage vert et croit qu’il faut investir davantage dans les technologies alternatives. Il mise sur l’UPA pour défendre les intérêts des agriculteurs auprès des instances politiques, et avec celles-ci. « On peut être très combatif sur certains enjeux, mais je pense que les politiciens et politiciennes d’aujourd’hui sont ouverts à travailler de façon collaborative pour faire cheminer plusieurs dossiers! »


 

Émilie Girard : s’investir pour l’avenir

Émilie Girard, relève syndicale

Émilie Girard, 38 ans
Productrice de veaux de grain et de grandes cultures céréalières
Saguenay–Lac-Saint-Jean

Implication
Vice-présidente du Syndicat local des producteurs de bovins
Représentante pour le Lac-Saint-Jean au Comité de mise en marché de veau de grain

Mère de deux adolescents et productrice de veaux de grain, Émilie Girard n’a certes pas le temps de s’ennuyer, mais elle trouve tout de même celui de s’impliquer. Vice-présidente au Syndicat des producteurs de bovins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, elle représente également le Lac Saint-Jean au comité provincial de mise en marché du veau de grain. « Je pense qu’en étant impliquée, je peux avoir un impact sur ma production et mon entreprise », explique Mme Girard.

Dans les dernières années, les producteurs de sa filière ont dû s’adapter à de nouvelles normes, principalement en ce qui a trait au bien-être animal. La participation aux diverses instances a permis à Émilie Girard de voir venir les changements et ainsi d’aider les autres producteurs à travailler dans le bons sens. « Ça été un gros dossier pour nous dans les derniers temps », explique-t-elle.

« En s’impliquant, on a un certain pouvoir sur l’avenir de notre production; on n’a pas l’impression de subir des décisions. C’est facile d’être mécontent, encore faut-il connaître le pourquoi des décisions et des orientations. C’est plus facile quand on y participe », estime l’agricultrice.

Plusieurs dossiers régionaux lui tiennent à cœur, dont la qualité des veaux. « On travaille beaucoup là-dessus. C’est du long terme, mais on veut vraiment que nos producteurs puissent élever des veaux de bonne qualité et que la région soit reconnue pour ça! »

À plus grande échelle, elle croit que l’agriculture aura d’autres défis à relever, notamment celui de l’acceptabilité sociale. « Il faut montrer que les agriculteurs sont en contact avec la nature et qu’ils ont le pouvoir de faire une agriculture durable. L’environnement est à la base de tout ce qu’on fait! »


 

Représenter, promouvoir, défendre

L’Union est l’association légalement accréditée pour représenter l’ensemble des producteurs agricoles québécois. Elle a pour mission de promouvoir, de défendre et de développer leurs intérêts, sans distinction. Pour mener à bien cette mission, l’Union s’appuie sur une double structure représentative et démocratique qui regroupe les producteurs en fonction du territoire auquel ils appartiennent ­le secteur général ­et du type de production agricole qu’ils exercent ­le secteur spécialisé. Pas moins de 1 800 agricultrices et agriculteurs animent ces instances à titre d’administrateur et portent la voix des producteurs et productrices agricoles et forestiers du Québec.

organigramme UPA

Tout commence à la base

D’entrée de jeu, tout commence à la base. Plus particulièrement lors des assemblées générales des différents syndicats et groupes locaux et régionaux, là où les orientations et les actions de l’Union sont définies par les producteurs agricoles. Lors de ces assises, les membres présents élisent, parmi eux, ceux et celles qui auront pour mandat de coordonner l’action dans le respect des orientations adoptées et de les représenter, à l’Union tout comme auprès d’autres intervenants et groupes externes. L’ensemble de ces personnes élues forme le conseil d’administration et a la responsabilité légale de gérer, tout au long de l’année, les activités du syndicat (ou de la fédération) de même que son budget.

L’importance d’une bonne représentativité

En 2007, l’Union a amorcé une réflexion stratégique afin d’identifier les moyens de répondre plus adéquatement aux enjeux agricoles de l’heure et d’arrimer davantage l’organisation aux réalités du terrain. Au terme de l’exercice, le Congrès général de l’UPA a adopté plusieurs modifications à sa structure et à son fonctionnement :

  • harmonisation des territoires des fédérations régionales avec ceux des régions administratives du Québec;
  • harmonisation des territoires des syndicats locaux avec ceux des MRC;
  • nouvelles règles de composition des conseils d’administration (syndicats locaux et fédérations régionales) qui s’appuient sur la diversité des territoires et des secteurs de production.

Ainsi, depuis 2010, il y a dans chaque conseil d’administration local et régional des postes réservés aux diverses portions du territoire et aux principales productions qui y sont présentes. On s’assure aussi de faire une place aux représentants et représentantes des fermes de petite taille, de la relève, des agricultrices et des producteurs anglophones le cas échéant.

Ces nouvelles règles ont permis à nos conseils d’administration de recruter de nouveaux visages. Cette relève syndicale provenant souvent de secteurs en émergence s’est jointe aux représentants des productions plus traditionnelles. Cela a certainement favorisé une plus grande diversité de points de vue et insufflé un nouvel élan à la vie associative de nos groupes.


 

Agricultrices et jeunes agriculteurs : l’importance de la mixité

Cela fait maintenant plus de 30 ans que les jeunes de la relève et les agricultrices se sont regroupés pour former des syndicats régionaux, eux-mêmes réunis au sein de deux fédérations provinciales affiliées à l’Union. Aussi, pour favoriser leur participation pleine et entière à l’UPA, depuis 1990, la Loi sur les producteurs agricoles permet aux représentants des syndicats et fédérations de la relève agricole et des agricultrices d’occuper des postes d’administrateurs sans avoir de statut de producteur agricole.

Depuis leur fondation, la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) et les Agricultrices du Québec peuvent compter sur l’appui de l’Union et sur son soutien financier pour mettre en oeuvre leurs actions. Même si ces deux groupes ont des réalités distinctes, leurs membres partagent une vision commune quant à l’importance de maintenir une représentation forte de femmes et de jeunes dans les instances de l’Union. De plus, ils font face à des enjeux similaires lorsqu’ils souhaitent s’impliquer.

Concilier travail-famille-implication

Avec une jeune famille ou une entreprise en démarrage, les disponibilités sont plus limitées et changeantes. Les distances à parcourir et les heures des réunions sont souvent un frein à l’implication des femmes et des jeunes. Afin de savoir si on peut réussir à concilier toutes nos ambitions­ car oui, c’est possible! ­, le mieux est encore d’en parler avec des administratrices et administrateurs ayant des enfants ou des réalités entrepreneuriales similaires. Vous pourriez être étonné des moyens qu’ils utilisent pour concilier toutes ces sphères. Un autre élément incontournable est d’obtenir l’appui de ceux et celles qui partagent votre vie. Après tout, ce sont eux qui garderont le fort lorsque vous aurez des activités syndicales à mener.

Démystifier la charge de travail

Lorsque vient le temps de convaincre quelqu’un d’occuper un poste dans leur conseil d’administration, les syndicats se frappent souvent à des refus. L’une des raisons fréquemment évoquées est : « Je n’aurai jamais le temps de faire ça! » Or, on lance souvent une telle réponse alors qu’on ne sait absolument rien des tâches qui pourraient nous être attribuées. Il suffit parfois de bien se faire expliquer le rôle que l’on aura à jouer et de remettre en perspective le nombre d’heures qu’on devra y allouer dans l’année, pour réduire la perception de « grosse bête noire » associée à l’implication syndicale.

Se faire confiance et sortir de sa zone de confort

« Oser » s’impliquer, c’est d’abord accepter d’être parfois minoritaire dans nos positions et de travailler avec des personnes plus expérimentées. Il est tout à fait normal de manquer d’assurance au début; les nouveaux et nouvelles ne perçoivent pas d’emblée la valeur ajoutée qu’ils représentent pour le groupe. Il faut se faire confiance et se rappeler que ceux et celles qui s’impliquent depuis longtemps n’ont pas la science infuse et que tous sont là avec le désir d’apprendre et de travailler ensemble à faire avancer le secteur agricole.


 

Prendre le temps d’écouter les jeunes de la relève

Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec

« Lorsqu’il y a des jeunes qui s’impliquent dans une organisation, c’est un bon indicateur de pérennité. De même, quand vient le temps de relever des défis ou de résoudre des problèmes, la diversité dans les rangs devient un facteur de succès. Avoir le point de vue des jeunes, des plus vieux, des femmes et des hommes, c’est important. L’idéal, c’est de rechercher l’équilibre entre compétence, expérience et réalités de chacun. À mon avis, une des combinaisons parfaites est de jumeler l’expérience des plus âgés avec la fougue des plus jeunes!

Je vois plusieurs avantages à faire équipe avec des plus jeunes. Lorsque nous rencontrons des politiciens, des journalistes ou autres intervenants, et que nous pouvons bien expliquer les problèmes que nous vivons et exprimer clairement nos attentes, ils sont indéniablement à l’écoute. Cela permet aussi d’être connecté sur les nouveautés, notamment dans les domaines des technologies et des communications.

C’est au président ou à la présidente d’un conseil d’administration qu’il revient de voir à l’intégration de la relève syndicale. Bien s’occuper de sa relève, c’est être à l’écoute des attentes des nouveaux venus, leur attribuer des dossiers qui les motivent et leur donner des responsabilités qui vont stimuler leur intérêt, etc.

À l’inverse, si un jeune ne sent pas qu’on lui laisse une place, il y a fort à parier qu’il quittera l’organisation. Parfois, se faire dire « dans mon temps, c’était ben pire » ou « voyons le jeune, je connais ta réalité, je peux défendre tes enjeux », c’est assez pour démotiver quelqu’un.

Bien sûr, tout cela n’est pas à sens unique et de son côté, le jeune de la relève doit lui aussi être sensible au vécu des personnes expérimentées. La complicité entre deux générations, ça peut devenir une grande force.

Depuis quelques années, nous parlons souvent des millénariaux, de leur façon de penser, de leurs intérêts… Oui, nous sommes différents, mais n’est-ce pas le propre de toutes les générations qui nous ont précédés? Selon moi, le secret est dans la communication : se sentir apprécié, être motivé et écouté, c’est important pour tout le monde, jeunes et vieux.

Pour conclure, je vous dirai simplement ceci : la relève syndicale, il faut s’en occuper, en prendre soin, et c’est la responsabilité de tous! »

— Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de la relève agricole du Québec


 

Agricultrices, osez!

Jeannine Messier, présidente des Agricultrices du Québec

« S’impliquer à l’UPA, qu’est-ce que ça donne? Qu’est-ce que je peux apporter? Plusieurs d’entre vous se posent ce type de questions. S’impliquer, c’est tout d’abord vouloir en savoir plus sur les enjeux qui touchent l’ensemble des producteurs et productrices agricoles. C’est aussi avoir le goût de faire changer les choses. Tout le monde a des idées et des critiques à formuler. Les regroupements d’agricultrices et d’agriculteurs sont l’endroit parfait pour faire cheminer ses idées et les voir se concrétiser. L’implication syndicale, c’est aussi bâtir son réseau de contacts professionnel, politique et personnel. Et dans la vie, les contacts peuvent nous ouvrir des portes.

La relève syndicale est un enjeu de taille pour tous les affiliés de l’Union. Le monde agricole évolue, les écoles d’agriculture sont pleines et les jeunes filles y sont plus présentes que jamais. Il devient donc d’autant plus nécessaire de faciliter leur implication syndicale et de leur faire une place importante dans nos organisations. Les Agricultrices du Québec y travaillent activement.

Mon message à toutes les agricultrices est le suivant : osez venir nous voir et vous informer. Osez déclencher des élections dans vos syndicats en vous présentant comme candidate. La démocratie est saine pour notre organisation. »

— Jeannine Messier, présidente des Agricultrices du Québec


 

Concrètement, c’est quoi, être administrateur à l’Union?

De façon générale, les membres des conseils d’administration :

  • sont responsables de la bonne marche de leur syndicat ou de leur fédération;
  • obtiennent leurs principaux mandats des décisions prises lors des assemblées générales de leur groupe;
  • représentent les producteurs de leur territoire ou de leur secteur de production aux différents paliers de la structure de l’UPA;
  • sont appelés à intervenir dans leur milieu afin de défendre les intérêts et de présenter les attentes des agriculteurs et des agricultrices qu’ils représentent;
  • organisent des activités pour consulter, former et informer les producteurs et autres intervenants de leur milieu;
  • travaillent sur des projets visant à valoriser et à promouvoir l’agriculture, le métier d’agriculteur et l’Union.

Les tâches qui leur sont confiées peuvent donc être très diversifiées et s’ajustent en fonction des besoins du groupe et de l’expertise de chacun.

Des réponses à vos questions

Comment devenir administratrice et administrateur?

Vous devez :

  • être membre en règle de l’organisation;
  • participer à l’assemblée générale de votre syndicat local ou spécialisé et soumettre votre candidature à un poste d’administrateur disponible ou vous faire élire par vos pairs.
    Au préalable, informez-vous de la procédure d’élection, qui peut varier d’un syndicat à l’autre.

Combien de temps dois-je investir?

En tant qu’administrateur, il faut se rendre disponible pour participer aux réunions du conseil d’administration, soit quatre à cinq réunions en moyenne par année. Pour être en mesure de bien comprendre les enjeux et de prendre des décisions, des lectures et des formations peuvent être nécessaires. Aussi, en fonction des disponibilités et des intérêts, il est possible également de s’impliquer dans des représentations, des projets et des comités de travail, etc.

Des mythes à défaire

1er mythe :
les réunions, c’est long et ennuyeux

Au contraire, en vous impliquant, vous en apprendrez beaucoup sur plein de sujets et de dossiers d’actualité agricole et vous pourrez en discuter avec d’autres agriculteurs et agricultrices.

2e mythe :
il n’y a pas de véritables débats; les élus sont les mêmes depuis des années

C’est faux, et heureusement d’ailleurs. Nous sommes tous différents et nous forgeons nos idées à même les réalités que nous vivons chacun dans nos entreprises. En vous impliquant, vous aurez l’occasion de partager vos points de vue et de faire avancer des dossiers. Engager la discussion, c’est la base de notre démocratie syndicale.

3e mythe :
les décisions prises ne mènent nulle part

Pas d’accord! D’abord, la plupart des décisions font l’objet d’un débat avant d’être votées. Ces débats permettent de présenter les faits, d’alimenter la réflexion et de changer les perceptions. Souvent, les changements les plus structurants se font lentement, mais sûrement. Cependant, chaque décision est un premier pas vers l’action. En vous impliquant, vous constaterez que même si on avance plus vite seul, ensemble, on peut aller plus loin.

Avis de recherche

L’idée d’être administrateur ou administratrice de votre syndicat vous intéresse? Vous souhaitez contribuer au développement de l’agriculture et de la foresterie? Vous avez envie de débattre d’enjeux agricoles qui vous tiennent à coeur? De prendre part aux décisions stratégiques de votre organisation, aux actions, aux représentations? De défendre les intérêts des producteurs? Sachez que les syndicats sont souvent à la recherche de nouvelles recrues pour contribuer à la cause et que tous les producteurs et productrices sont les bienvenus, quelle que soit leur expérience. Jeunes de la relève agricole, producteurs expérimentés, agricultrices, propriétaires de fermes de petite taille ou de productions en émergence, l’agriculture a besoin de vous!


 

Point de vue du président de l’Union

Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles

L’U s’est entretenue avec le président général de l’Union, Marcel Groleau, au sujet de l’implication syndicale et de l’importance d’assurer la relève dans une organisation comme la nôtre. Une réflexion empreinte de passion, de fierté et de vision.

Pourquoi les producteurs et les productrices devraient-ils s’impliquer dans l’organisation?
L’UPA est une organisation qui intervient dans plusieurs dossiers qui concernent de près ou de loin l’agriculture. S’impliquer dans l’organisation, c’est s’occuper de ses affaires. Si on ne le fait pas, ce sont les autres qui vont le faire à notre place, et le résultat n’en sera pas toujours heureux. S’impliquer, c’est aussi oeuvrer pour le bien commun. Seuls, les agriculteurs font de moins en moins le poids face aux forces du marché.

Pourquoi la relève syndicale est-elle une priorité pour l’Union?
Tout simplement parce que l’avenir de notre organisation en dépend. Comme nous sommes tous éphémères, la continuité passe par la transmission aux générations suivantes.

Est-ce que le syndicalisme a toujours sa place en 2020?
Plus que jamais. Bien sûr, le syndicalisme évolue au même rythme que les enjeux auxquels nous sommes confrontés. À titre d’exemple, la santé mentale et la détresse en agriculture, le commerce international tout comme l’agroenvironnement occupent aujourd’hui une grande place dans nos interventions. Ces enjeux nous concernent tous, et c’est par le syndicalisme que l’on peut les aborder le plus efficacement. La communication avec le public représente aussi un autre défi de taille. Ici encore, c’est grâce au syndicalisme agricole que l’on pourra le mieux rétablir cette conversation importante et si essentielle.

Qu’est-ce qui vous motive le plus aujourd’hui dans vos fonctions de représentant des productrices et producteurs agricoles du Québec?
Sans aucun doute la fierté. Le monde agricole québécois est très inspirant. Il sait se diversifier, être à l’écoute de la population et des marchés ¬ même si cela n’est pas toujours facile à concilier ¬, mais il sait surtout innover et se mobiliser.