Nicolet, 22 octobre 2026 – En marge de son assemblée générale annuelle, la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec a tenu un point de presse le 22 octobre afin d’interpeller le nouveau gouvernement, concernant quatre enjeux jugés prioritaires pour les productrices et producteurs agricoles de notre région.
L’organisation réclame des actions concrètes dans les 100 premiers jours du nouveau gouvernement, sur quatre enjeux prioritaires, soit : les budgets alloués à l’agriculture dont la relève agricole, la protection du territoire, la réduction significative de la bureaucratie au sein du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), ainsi que des programmes adaptés pour les fermes de proximité. Ces revendications visent à assurer la viabilité des fermes, à pérenniser l’avenir de notre agriculture et mettre de l’avant-plan l’importance des fermes au sein de nos communautés.
Participant à l’assemblée générale annuelle, le président général de l’UPA, M. Martin Caron, a rappelé que la récente campagne électorale a permis d’insister sur les enjeux agricoles et forestiers les plus pressants, à commencer par un soutien à la hauteur des besoins, une adhésion indéfectible à la protection du territoire et des activités agricoles ainsi qu’un environnement axé sur la compétitivité.
« Notre message à toutes les formations politiques était sans équivoque : l’agriculture et la foresterie sont des actifs stratégiques qui façonnent le visage de nos régions sur les plans géographique, communautaire et économique. Leur pérennité est essentielle à l’autonomie et à la sécurité alimentaire des Québécoises et Québécois. Les décisions du nouveau gouvernement doivent permettre de consolider rapidement cette contribution inestimable tout en ouvrant la voie à l’atteinte de notre plein potentiel agroalimentaire sur tous les marchés », a déclaré M. Caron.
Hausse du budget alloué à l’agriculture
Rappelons que les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2 % de leurs dépenses à l’agriculture, alors que le soutien gouvernemental québécois n’atteint même pas 1 % des dépenses publiques, soit environ 1,5 G$ sur un budget de 170,8 G$. Notons que le revenu net agricole est passé de 1,2 G$ en 2021 à seulement 154,9 M$ en 2025, une diminution qui illustre la fragilité grandissante du secteur. En parallèle, la dette agricole a atteint un sommet historique de 34,2 G$ en 2025. Cette combinaison fragilise la capacité des productrices et producteurs à investir, à maintenir la viabilité de leurs entreprises.
De plus, alors que près de 40 % des productrices et producteurs agricoles québécois sont âgés de plus de 55 ans et que 78 % des entreprises agricoles de la province n’ont pas de plan de relève, il est vital que le nouveau gouvernement intervienne, et ce, rapidement, afin d’assurer la pérennité des fermes, et ainsi, d’un secteur économique névralgique pour plusieurs régions.
Protection du territoire
Au Québec, seulement 2 % du territoire est composé de sols de bonne qualité pour l’agriculture. Le Québec a perdu plus de 17 200 hectares de terres agricoles ces dix dernières années, selon les données de la Commission de la protection du territoire agricole. C'est l'équivalent de 21 000 terrains de football. Malgré cette rareté, les terres agricoles continuent de faire face à différentes pressions. Chaque année, certaines superficies sont converties au profit de l’étalement urbain, de projets industriels ou de la spéculation. Leur protection doit être une priorité dans l’ensemble des politiques publiques du nouveau gouvernement. C’est seulement de cette façon qu’il pourra assurer la souveraineté alimentaire.
Plus de flexibilité du ministère de l’Environnement
La lourdeur administrative et réglementaire imposée aux entreprises agricoles par le MELCCFP freine leur développement, fragilise leur capacité à investir et peut compromettre leur avenir. Pour plusieurs entreprises agricoles, cela signifie moins de temps dans leurs champs et plus de coûts à absorber. La demande du milieu agricole est connue. Laissez les productrices et producteurs exercer leur profession, ce pour quoi elles et ils sont formés, soit de nourrir la population.
La Fédération suit de près plusieurs dossiers dans lesquels l’incohérence du MELCCFP nuit grandement au développement agricole, notamment le cas de la Ferme Valeyre, où le producteur ne peut pas reconstruire après un sinistre parce qu’il est paralysé par un processus administratif.
Des programmes mieux adaptés aux fermes de proximité
Près de 45 % des entreprises agricoles du Centre-du-Québec qui sont des fermes de proximité. Il est essentiel que leur réalité soit mieux comprise et prise en compte dans les décisions gouvernementales. C’est pourquoi les nouveaux élus doivent sensibiliser les ministères, les institutions financières et les organismes qui accompagnent les productrices et producteurs à la diversité des modèles agricoles et à l’importance de ces entreprises pour nos communautés. Cette meilleure compréhension doit se traduire par des programmes, des critères et des modalités d’accompagnement adaptés à leur réalité.
« Il s’agit de quatre enjeux sur lesquels le nouveau gouvernement peut dès maintenant mettre en place des solutions qui auront des impacts majeurs pour le milieu agricole. Ces demandes sont connues par les décideurs. Nous avons eu de bonnes conversations avec les candidats lors de la période électorale à ce propos. Il est maintenant temps de passer à l’action. », a conclu Mme Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec.
Rappelons que l’agriculture est un moteur économique et social essentiel pour le Centre-du-Québec. Les 3 000 entreprises agricoles établies sur le territoire génèrent un PIB annuel de 543 M$, soutiennent quelque 5 000 emplois et occupent 93 % de la région. Elle est la troisième région administrative la plus importante en termes d’agriculture au Québec.
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Source et information :
Sébastien Poisson L’Espérance, conseiller en communications et affaires publiques
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