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Des travailleurs temporaires, un apport permanent pour l’agriculture

Publié le 15 mai 2026 - Écrit par la Fédération de l'UPA Outaouais-Laurentides

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Chaque année à cette période, ils sont des milliers à venir prêter main-forte dans nos champs, nos érablières et nos étables. Vous les apercevez parfois au loin, au travail. Vous les croisez peut-être à l’épicerie, en autobus ou à vélo. Pourtant, leur contribution à la vie des agricultrices et des agriculteurs, à leurs familles, à leurs entreprises et à notre économie demeure trop souvent invisible.

Nous sommes des productrices et des producteurs agricoles. Nous embauchons des travailleurs étrangers temporaires (TET) et nous souhaitons aujourd’hui les sortir de l’ombre. Sur papier, ils sont temporaires. Dans nos vies, ils ne le sont pas. Leur apport à la vitalité de l’agriculture québécoise est immense. Ils font partie de nos équipes, et, à bien des égards, de notre société.

Travailler sur une ferme exige une présence constante : sept jours sur sept, parfois jour et nuit. La nature n’attend pas, les animaux non plus. Cette réalité rend le recrutement local difficile, parfois impossible. Nous souhaitons vous offrir des produits frais et de grande qualité, mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Les TET deviennent alors indispensables au fonctionnement de nombreuses entreprises agricoles.

Contrairement à la croyance populaire, le recours aux travailleurs étrangers temporaires n’est pas une question d’argent, mais de leur disponibilité, parfois pour répondre à des périodes de travail courtes et intenses. Les coûts d’embauche, combinés aux exigences changeantes pour leur offrir un logement, du transport et favoriser leur bien-être, rend leur recrutement plus dispendieux qu’un travailleur local. À cela s’ajoute un fardeau administratif qui complexifie davantage la gestion des entreprises agricoles.

Malgré cela, dans nos régions de l’Outaouais, des Laurentides, de Laval et de Montréal, plus de 200 producteurs et productrices ont embauché près de 3 800 travailleurs étrangers temporaires au cours de la dernière année. Cela démontre bien leur nécessité dans notre milieu. S’ils sont nombreux en production maraîchère, ils œuvrent aussi en production laitière, apicole, acéricole, serricole et dans bien d’autres secteurs.

Nous pouvons en témoigner : la présence d’un seul travailleur peut transformer le quotidien d’une ferme. En production laitière, par exemple, cet appui permet de souffler un peu, de mieux concilier travail et vie personnelle, de préserver sa santé mentale et physique. 

Derrière chaque embauche, il y a souvent un équilibre retrouvé qui permet aux agricultrices et aux agriculteurs d’ici de continuer. Ils sont ainsi moins nombreux à tourner le dos au métier, ce qui favorise une vitalité du milieu agricole au Québec. 

Au fil des saisons, des liens se tissent, certains reviennent chaque année pendant plus de 20 ans. Ils deviennent comme des membres de la famille. Nous partageons des repas et des moments de vie. Nous voyons aussi l’impact de cette opportunité chez eux : pour leurs proches et même pour leur communauté d’origine.

Si, du jour au lendemain, on nous retirait la possibilité de les embaucher, c’est toute une partie de notre agriculture qui serait fragilisée. Il devient essentiel d’adapter certains programmes aux réalités du travail agricole, notamment pour faciliter les prolongations de contrats et la mobilité entre entreprises.

Dans un contexte où l’apport de l’immigration et des travailleurs étrangers temporaires est remis en question, nous tenons à affirmer que nous sommes fiers de travailler avec eux. Ces travailleurs ne font pas qu’aider nos entreprises à fonctionner. Ils contribuent à notre équilibre, à notre bien-être, à la pérennité de nos fermes. Aujourd’hui, nous souhaitons vous rappeler qu’il y a un peu de leur travail dans vos assiettes. Même si leur statut est temporaire, leur impact, lui, est durable.

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Cette lettre ouverte a été publiée dans La Presse Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre

Signataires : 

Stéphane Alary, producteur agricole, la Ferme Stepido et président de la Fédération de l’UPA Outaouais-Laurentides
Vanessa Bowes, productrice agricole, la Ferme Marinier et présidente des Agricultrices Lanaudière-Laurentides-Outaouais
Mélissa Cataphard, Productrice agricole, Les Vergers Cataphard & Fils inc.
Stéphane Cataphard, producteur agricole, Les Vergers Cataphard et Fils 
Isabelle Charbonneau, productrice agricole, FraiseBec Inc.
Marie-France Houle, productrice agricole, Production Frankarl
Pierre-Karl Houle, producteur agricole, Production Frankarl
Régent Houle, producteur agricole, Production Frankarl
Pascal Leduc, Producteur agricole, la Ferme Pioui, et président des Producteurs laitiers d’Outaouais-Laurentides
Frédéric Marinier, producteur agricole, la Ferme Marinier