Dans plusieurs secteurs agricoles et agroalimentaires, les entreprises font face à des enjeux communs : évolution rapide des marchés, concurrence accrue, attentes nouvelles des consommateurs et des institutions publiques, pression pour innover et se démarquer, changements climatiques, etc. Lorsqu’un secteur n’est pas encadré par un plan conjoint, il peut toutefois être difficile de structurer des actions collectives durables. La chambre de coordination et de développement (CCD) est un outil juridique qui peut répondre à ce besoin.
Prévue par la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche (Loi), la CCD permet à des producteurs et autres membres d’une même filière de se regrouper afin de coordonner leurs efforts et de favoriser leur développement collectif. Elle repose surtout sur la concertation, la collaboration et la mutualisation des ressources.
À quoi sert une chambre de coordination?
Une CCD sert avant tout à donner une structure formelle à une volonté collective. Elle offre un cadre reconnu par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (Régie) permettant aux acteurs d’un secteur de travailler ensemble sur des enjeux communs, sans obligation d’uniformiser les pratiques individuelles.
Ce que la CCD peut faire en vertu de la Loi
L’article 136 de la Loi confère à la CCD des pouvoirs étendus en matière de développement et de mise en marché. Elle peut notamment promouvoir et valoriser les produits d’un secteur, financer ou administrer des programmes de recherche, d’amélioration de la qualité et de promotion générique, ainsi que rechercher et développer de nouveaux débouchés.
La Loi permet aussi d’établir des normes applicables aux produits visés et à leur présentation, d’en faire la promotion et, le cas échéant, de détenir un sigle ou une marque de commerce servant à identifier ces produits, dont l’utilisation peut être subordonnée au respect des normes établies. Enfin, la CCD peut effectuer des représentations au nom de ses membres sur toute question relative à la production ou à la mise en marché.
Un exemple récent
Une décision rendue en janvier 2026 par la Régie illustre bien l’utilité de cet outil. La Régie a autorisé la création d’une CCD en horticulture ornementale, un secteur qui n’est encadré par aucun plan conjoint. La Régie y souligne que la CCD permettra notamment de mieux faire connaître les produits québécois, de soutenir la recherche, de coordonner les efforts de promotion et d’aider la filière à s’adapter à l’évolution du marché et aux enjeux climatiques.
Un outil utile, mais qui se prépare
La création d’une CCD ne s’improvise pas. Elle suppose une réflexion en amont sur les besoins réels du secteur, les acteurs à impliquer, les objectifs poursuivis et la gouvernance à mettre en place. La démarche doit être structurée, transparente et appuyée par le milieu concerné.
En conclusion
La CCD n’est plus un outil théorique. Les producteurs de fraises et framboises se sont dotés de leur CCD dès 2004, suivis par les producteurs de légumes de champs, dont la CCD a été constituée en 2022. Ces expériences démontrent qu’il est possible de structurer efficacement une filière autour d’objectifs communs de développement et de mise en marché, à condition que la démarche repose sur une analyse rigoureuse des besoins du milieu, une concertation réelle entre les acteurs et une préparation soignée des étapes menant à sa reconnaissance.
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