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La nature, comme l'échéancier électoral, n'attend pas

Publié le 3 juin 2026 - Écrit par Michel Brien, président

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Le dernier budget du gouvernement du Québec a déçu le milieu agricole. Toutefois, les annonces récentes de la première ministre et du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ont été bien accueillies.

Mentionnons d’abord le remboursement de la tarification carbone, sans paperasse à remplir. Tout n’est pas parfait puisqu’il faudra trouver un moyen de rembourser la mal nommée « taxe carbone » aux entreprises qui ne font pas affaire avec la Financière agricole du Québec (FADQ). Environ le tiers des entreprises de l’Estrie sont dans cette situation. Il peut s’agir de fermes de proximité pour lesquelles les démarches seraient plus onéreuses que le bénéfice espéré ou de plus grandes entreprises n’ayant tout simplement pas besoin des assurances de la FADQ.

Soulignons également que plusieurs revendications de longue date sont ou seront réglées dans les prochaines semaines. Pour la relève : la FADQ hausse de 30 % son aide au démarrage et abolit la distinction entre les producteurs à temps plein et à temps partiel. 

Le projet de règlement R1.1, qui vient offrir davantage de souplesse aux entreprises agrotouristiques en territoire agricole, est aussi à saluer. Il comporte plusieurs avancées, comme : la possibilité de mutualiser la transformation ou la vente. Toutefois, certains assouplissements méritent d’être suivis de près, notamment ceux qui accorderaient davantage de latitude aux projets d’utilité publique, avec les impacts que cela pourrait entraîner.

Il faudra aussi surveiller l’adoption du règlement sur les pratiques agroenvironnementales (RPAE). Je salue particulièrement quatre de ses mesures : 

  • retrait du 1er octobre pour la date limite d’épandage;
  • levée du moratoire sur l’augmentation des superficies en culture;
  • préséance du RPAE sur la réglementation municipale sur la protection des rives; 
  • possibilité d’entretenir les rives sous certaines conditions.

Plusieurs ajustements ont été demandés et seront adoptés; rendant ce règlement positif pour le monde agricole en général. Je crois sincèrement que Mme Christine Fréchette et M. Donald Martel ont été à l’écoute et qu’ils veulent nous livrer le maximum avant la prochaine élection. Comme vous en saison des semis, ils devront travailler jour et nuit, car le temps s’écoule dans le sablier.

Michel Brien, producteur de lait et de foin de commerce à Racine
président de la Fédération de l'UPA-Estrie