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Pour des programmes qui collent à nos terres

Publié le 6 janvier 2026 - Écrit par Pascal Rheault

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  • Textes d’opinion

L'Abitibi-Témiscamingue est une région agricole jeune. J’aime le rappeler sur toutes les tribunes, car c’est une réalité encore trop souvent mal comprise par les décideurs et même par d’autres agriculteurs du Québec. Alors que plusieurs régions du sud cultivent depuis plus de 250 ans, nos premières vagues de colonisation agricole n’arrivent qu’à la fin du XIXe siècle au Témiscamingue, puis au début du XXe siècle, surtout en Abitibi. En quelques générations seulement, nous avons ouvert des milliers d’hectares sur des sols acides, souvent mal drainés, posés directement sur le Bouclier canadien. Cette jeunesse, nous la ressentons encore aujourd’hui.

Cette réalité apporte des défis bien connus, mais aussi des opportunités trop souvent ignorées. Du côté des défis, il faut continuer de marteler au gouvernement que nos terres ont besoin de programmes réellement adaptés : drainage, chaulage et nivelage sont trois piliers essentiels pour permettre à nos champs d’atteindre le même niveau de productivité que ceux du reste du Québec.

Mais il y a aussi les opportunités et elles sont immenses. Le nombre de terres disponibles, immédiatement exploitables et à prix abordables, a de quoi faire rêver n’importe quel entrepreneur agricole. Nous pourrions, dès demain, augmenter significativement notre contribution à l’autonomie alimentaire du Québec. Un projet autrement plus structurant que de simplement planter des arbres.

Où est la volonté?

Plus de 630 000 hectares sont zonés agricoles en Abitibi-Témiscamingue : un potentiel colossal. Lors du dernier Congrès de l’UPA, les délégués ont d’ailleurs adopté une résolution réclamant une aide spécifique pour les régions périphériques. Ce soutien est indispensable, non seulement pour consolider nos acquis, mais pour bâtir les projets agricoles de demain.

Je suis loin d’être le seul à porter cette vision. Les autres régions nous appuient. Il ne reste maintenant qu’à ce que les gouvernements entendent clairement le message.

Si nous voulons que nos terres demeurent des terres nourricières, il faut un véritable plan de rattrapage agricole, un soutien stable et durable au chaulage, au nivelage, au drainage et à la remise en culture des terres en friche. Le tout doit être pensé pour les réalités propres à l’Abitibi-Témiscamingue et avec des budgets conséquents. Investir dans nos sols et dans notre agriculture aujourd’hui, c’est éviter de devoir les défricher une deuxième fois demain.

En terminant, je tiens à remercier tous les producteurs et productrices qui ont participé à nos activités cette année pour exprimer leurs priorités. Ce lien direct avec vous est la force de notre organisation : il nous permet d’affirmer que les positions de l’Union reflètent réellement celles des producteurs et productrices d’ici, et de tout le Québec.