Le 5 octobre prochain, les Québécois et Québécoises choisiront le gouvernement qui dirigera la province pendant quatre ans. Pour l’agriculture, les décisions prises au cours de ce mandat pourraient toutefois nous suivre pendant vingt ou trente ans.
Nous sommes à un tournant important. Pour plusieurs fermes, les propriétaires approchent de la retraite. La relève existe, mais elle doit pouvoir accéder aux terres, investir et vivre convenablement de son travail. Il est possible de créer de meilleures conditions pour le transfert et le démarrage des entreprises afin d’assurer leur continuité et le maintien des services en région. Car une ferme ou un service perdu ne se remplace pas facilement.
En Abitibi-Témiscamingue, nous avons aussi des terres qui pourraient être remises en production. Toutefois, développer une terre exige des investissements importants, comme le drainage, le chaulage ou l’amélioration des sols. Qui prendra ce risque si les programmes ne tiennent pas compte de nos coûts, de notre climat et de nos distances?
Pendant ce temps, les changements climatiques nous obligent déjà à nous adapter. Les saisons deviennent moins prévisibles. Les épisodes de sécheresse, de pluie abondante ou de gel tardif peuvent rapidement compromettre ou affecter une récolte. Les entreprises doivent investir pour devenir plus résilientes, sans que chaque nouvelle exigence ajoute encore à leur charge administrative. Les programmes d’assurance doivent répondre présents lorsque les récoltes sont décimées.
Thèmes de campagne
Pour la prochaine campagne électorale, nous avons trois demandes claires :
- l’agriculture doit être une priorité;
- les budgets à l’agriculture doivent être bonifiés pour passer de 1 % à 2 % du PIB du Québec;
- les programmes et la réglementation doivent être adaptés aux réalités diverses des régions.
Ce ne sont pas seulement des enjeux agricoles. Ils concernent la sécurité alimentaire de toute la population et l’avenir de nos communautés rurales. Nous rencontrerons les candidats et candidates, et nous leur présenterons nos priorités. Toutefois, la voix la plus convaincante demeure celle des productrices et producteurs eux-mêmes.
Au cours des prochaines semaines, prenez votre téléphone et réalisez une courte vidéo pour la partager sur les médias sociaux. Présentez votre ferme Expliquez quelle décision gouvernementale changerait réellement votre quotidien. Vous pouvez aussi publier une photo accompagnée de quelques phrases. Nul besoin d’être un spécialiste des communications. Il suffit de parler de ce que vous connaissez.
Faisons en sorte que, pendant cette campagne, aucun candidat et aucune candidate ne puisse dire qu’il ignorait les besoins de l’agriculture d’ici.