Production apicole biologique au Québec
Portrait du secteur
En 2026, au Québec, on comptait huit entreprises en apiculture biologique, selon le portail Bio Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. Ces apiculteurs adoptent des pratiques agricoles rigoureuses et respectueuses de l’environnement. Toutefois, il demeure difficile d’appliquer l’ensemble des normes biologiques canadiennes, celles-ci étant encore peu adaptées aux nouvelles pratiques nécessaires pour répondre aux changements climatiques, aux ravageurs émergents ainsi qu’aux particularités de l’environnement nordique québécois et des différentes régions. Ainsi, plusieurs producteurs adoptent des pratiques biologiques sans aller chercher la certification, en raison des contraintes liées à l’application complète des normes dans le contexte environnemental et agroalimentaire québécois.
Dans ce contexte, le secteur œuvre activement à faire évoluer les normes lors de leurs révisions quinquennales. Dans le cadre de la révision de 2025, les principales modifications souhaitées par Les apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ) concernaient le nourrissage, la période de retrait des hausses de miel ainsi que l’exigence d’une zone tampon de 3 kilomètres).
De manière générale, l’apiculture moderne fait face à plusieurs enjeux, notamment le contrôle du varroa, la perte de biodiversité, l’exposition aux pesticides, les changements climatiques, l’émergence de nouveaux parasites et maladies ainsi que l’approvisionnement en reines québécoises. En régie biologique s’ajoute l’enjeu d’assurer une zone tampon de trois kilomètres exempte de cultures issues du génie génétique et de contaminants environnementaux.
Malgré ces défis, il existe un potentiel de développement pour l’ensemble des produits de la ruche, tels que le pollen, la propolis, la cire et la gelée royale. La mise en marché du miel biologique s’effectue de manière similaire à celle du miel conventionnel, principalement en vente directe aux consommateurs, ainsi que dans les magasins d’aliments naturels, les épiceries et les marchés locaux. Le miel peut par ailleurs présenter des caractéristiques distinctives selon la flore environnant le rucher, ce qui en fait un produit particulièrement apprécié des consommateurs.
Enfin, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, en 2024, la production de miel a atteint près de 1 700 tonnes avec un rendement moyen de 31,1 kilogrammes (kg) par colonie, et un prix de vente de 10,24 $/kg. Les prix moyens des autres produits de la ruche sont présentés au tableau suivant.
| Produit | Année de mise à jour | Prix de vente moyen |
|---|---|---|
| Cire | 2024 | 18,12 $/kg |
| Gelée royale | 2021 | 432,21 $/kg |
| Pollen | 2023 | 69,39 $/kg |
| Propolis | 2024 | 773,07 $/kg |
Pour plus de détails sur cette production, consultez le site Internet des Apiculteurs et apicultrices du Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, le Portrait de l’apiculture au Québec Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre et le Portail Bio Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, qui offrent des informations complémentaires.
Techniques de production
Les principales sources de nectar, de miellat et de pollen doivent provenir de plantes biologiques et de la végétation sauvage spontanée. Les plantes issues d’organismes génétiquement modifiés et les plantes sur lesquelles des produits autres que ceux présents sur la liste de substances permises ont été appliqués doivent être évitées. À cette fin, une zone tampon de 3 km au moins doit séparer une ruche biologique des sites où des produits interdits ont été utilisés ou des plants issus du génie génétique cultivés. Cette distance peut être réduite en fonction des caractéristiques naturelles du milieu (ex. : forêts, collines).
Un producteur doit appliquer les normes biologiques durant au moins 12 mois avant que ses colonies ne soient considérées comme biologiques. Par la suite, les abeilles introduites dans une ruche sous régie biologique doivent avoir été élevées selon ce mode de production.
Le nectar et le pollen doivent être les principales sources de nourriture des abeilles. Le nourrissage est permis en cas de circonstances exceptionnelles, et doit en priorité se réaliser à l’aide de miel biologique ou de sucre biologique.
La gestion de la santé de la ruche doit être réalisée de manière à optimiser la santé des abeilles, notamment par la sélection des colonies les plus résistantes aux maladies, le choix de l’emplacement des ruches, le nettoyage des équipements et la séparation des colonies malades.
Tous les matériaux pour l’extraction, la transformation ou le stockage des produits de la ruche doivent être composés de matériaux de grade alimentaire ou recouverts de cire d’abeille.
Pour plus de détails, se référer aux Normes biologiques canadiennes Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, section « Apiculture » et à la liste des substances permises.
Organisations et références
Les organisations et ressources :
- Les AADQ Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, syndicat professionnel affilié à l’Union des producteurs agricoles (UPA), représentent l’ensemble des apiculteurs et apicultrices du Québec, y compris ceux en production biologique. L’organisation agit à titre de chef de file du secteur en assurant la défense et le développement des intérêts économiques, sociaux et environnementaux des producteurs, tout en administrant des programmes, des services et des activités visant à soutenir le développement de l’apiculture québécoise.
- La Table filière apicole Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre joue un rôle de concertation et de coordination des acteurs du secteur.
- La station apicole du Centre de recherche en sciences animales de Deschambault Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre mène différents projets de recherche sur le secteur apicole, en collaboration avec des chercheurs universitaires et les apiculteurs de la province.
- Les spécialistes du Réseau Agriconseils Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre sont également disponibles pour accompagner les producteurs.
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) offre de l’information technique et un encadrement Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, notamment par l’entremise de son équipe vétérinaire.
Références
- API CarrefourCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre : répertoire des entreprises offrant des services de pollinisation ainsi que la vente de nucléis et de reines
- Biologie de l’abeilleCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (CRAAQ, 2018)
- Capsules vidéo Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre sur l’apiculture biologique par Yves Castera, et une présentation datant de 2020 [En ligne Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre]
- Guide de bonnes pratiques : tout ce que vous devez savoir pour acheter ou vendre des abeillesCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (CRAAQ, 2023)
- Guide de gestion optimale du rucherCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, 3e édition, Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ, 2020)
- L’abeille et la ruche : manuel d’apiculture écologiqueCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Alain Péricard, Écosociété, 2023)
- Nourrir ou ne pas nourrir les abeilles au mielCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (La Terre de chez nous, 2023)
- Produits alimentaires d’abeille – Transformation de 2 000 kg de miel brut : budget d’entrepriseCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (CRAAQ, 2026)
- Publications de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre
- Trousse d’information et de démarrage : apicultureCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, 2e édition (CRAAQ, 2018)
- Vie et mœurs des abeillesCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre (Karl von Frisch, Éditions Albin Michel, 2011)
Témoignage
Démarrer en apicultureCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre : Maggie Lamothe-Boudreau, 2023